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Maignet, on le voit, n’ignore pas ses obligations. Il entre à Marseille avec la conviction que le salut de la Patrie exige des châtiments exemplaires. Sa tâche, pour lui, se divise en deux parties.
La même consistera dans la répression des crimes commis et dans la punition de leurs auteurs. La seconde sera consacrée à l'application de la loi récente du 14 Frimaire et à l'épuration des corps constitués.
Dans une lettre du 21 Pluviôse, adressée au Comité de Salut Public, il explique de quelle manière il procède. La Commission militaire, formée par Barras et Fréron, est chargée de juger les aristocrates, mais elle les juge trop lentement. Cela vient de ce que ceux qui la composent sont étrangers à Marseille et ne connaissent pas les accusés. Maignet décide que la Commission de surveillance lui apportera son concours en lui fournissant des listes dressées par nature de délit. De cette manière, les juges auront la facilité d'appeler dans une même séance les prévenus des
mêmes délits, et de les juger ensemble.
Faut-il condamner tous les coupables à la peine capitale? Maignet n'est pas de cet avis. Certains ne méritent pas l’échafaud. Une amende proportionnée à leur fortune leur sera imposée par la Commission militaire.
Il est vrai que le nombre de ceux qui en seront quittes pour l'amende ne sera pas grand. Le travail de classement que Maignet a fait entreprendre sous ses yeux l'a convaincu que presque tous les accusés sont coupables de contrerévolution. (1) Mais il persiste dans son optimisme
« Ma manière de voir et d'apprécier n’a point changé, conclut-il. Elle n'a fait que se fortifier par le dépouillement
(1) Lettre écrite le 25 Pluviôse au Comité de Salut Public.