XV—RETOUR AU RÉGIMENT
Eugène avait repris sa route après avoir remercié ses sauveurs, Le lendemain, il avait rencontré deux autres déserteurs : un Américain et un Irlandais. Ces deux-là v’avaient nullement l'intention d’aller prendre du service au Mexique. Ils voulaient tout bonnement se rendre ot il leur serait possible de vivre sans faire de service militaire, On marcha de compagnie pendant deux ou trois jours, Le quatrième corps d'armée, commandé par Siegel, occupait, d’un côté, la vallée du Shenandoah. De Vautre, il y avait l’armée du Potomao, de sorte que nos
is déserteurs se trouvaient comme pris entre deux feux, Il était assez difficile de sortir de la Virginie, sans tomber ns les lignes fédérales. Quant à se rendre à Richmonu, Eugène commençait à comprendre que cela était Impossible.
Quelques jours auparavant, {l s'était arrêté pour de= mander l'hospitalité dans une ferme. La femme était seule. Elle lui avait donné à souper, et elle lui ten: compagnie pendant qu'il mangeait,
—Grant veut aller a Richmond, paraît-il ? lui avaitelle demandé, Puis sans attendre de réponse, elle avait ajouté.
— J'espère qu'il fra, j'esp ère que vous {rez tous, en qualité de prisonniers,
Il commençait à se dire qu'il avait peu de sympathie à attendre de la part des sudistes qui, à peine quelques jours auparavant, avaient cru se montrer très généreux, en ne l’«corochant pas au premier arbre,
Un soir, les fugitifs arrivèrent à Front Royal, et se rendirent à une espèce d'hôtellerie, située sur une rivière qu'on leur dit être le Rapidan. Le lendemain, les deux compagnons d’Eugène espéraient entrer dans l'Etat de Pensylvannie en passant par un endroit nommé Hot Springs. Il s'agissait de se défaire des bons confédérés que l’on avait en poche, et qui auraient pu être compromettants, Oe fut bientôt fait. On en avait juste assez pour payer le coucher et les repas. Eugène paya un verre de mauvais gin à ses deux compagnons. Cela lui couta 825 eu billets confédérés, Il parait que c'était le prix ordinaire.
Le lendemain, l'Irlandais et l'Américain prirent la route de la Pensylvaniu ot Eugène les quitta en leur disant qu'il allait se livrer aux autorités fédérales, En vain voulurent-ils le dissuader ; son parti était pris Il se dirigea vers Winchester et, arrivé à trois ou quatri milles de cette ville, il fat arrêté par un piquet de cava lerie qui le prit pour un bushwhacker (franc-tireur confédéré.) Il se laissa conduire à la ville et se fit connaître comme soldat américain. Un officier vint l’interroger, prit son signalement et, pendant la nuit, il fut envoyé en wagons à mulets, à Martinsburg. Il fut mis à la. géolt aveo les prisonniers confédérés, et traité comme prison nier de guerre en attendant des nouvelles de son régimont, où l'on avait écrit pour s'assurer si l’histoin
ne
thie racontée par lui n'était pas une fable, une ruse de sudiste jues / désireux de se faire relâcher,
x, Il y avait bien un peu de légende dans ce qu’il avait
À raconté. Naturellement, il ne s'était pas vanté d’être
allé trouver les guerillas, Ils avaient dit que ces derniers
v " l'avaient surpris dans le bois, l'avaient amené avec eux,
ière | lui avaient enlevé son uniforme, ses greenbacks, 8a mon-
eux tre et ses bottes, puis l'avaient relâché. Il avait trouvé
Le moyen de rendre compte jour par jour de ses pas et
démarches de façon à faire croire qu'il avait mis toute ane la diligence possible à rejoindre l’armée fédérale, Son histoire devait paraître d'autant plus plausible aux off-
pans ciers de son régiment que, dans le cours de l'hiver précée de dent, un homme avait été pris par les guerillas de Moseby $25 et relâché dans des circonstances à peu près analogues, aire Bref, au bout de quelques jours on le renvoya, via Har. on pers Forry et Frédérick-Oity, à Washington d’où, après jodé l'avoir retenu une journée au Forest Hall, on Fsarals En au camp de Catletts Station.
Le camp Reynolds avait 6t6 abandonné pendant son ll absence et le 14ème s'était rendu à cettu dernière station aotr où l’on se préparait à se mettre en marche, La campades gne de 1864, s'ouvrait le jour où Leduc revint à son réue giment. En d'autres temps il aurait peut être eu de la aftre poine à faire avaler son récit fantaisisie, Cependant, les 8er, officiers y crarent, ou feignirent d'y croire. On avait plus é on besoin de combattants que de prisonniers, et il ne fut géol( pas question de le meltre en acousation comme déserteur. ison
: Il avait repris sa place dans les rangs et avait pris part 'égi- aux batailles de Wilderaess st de Spottaylvania, où il ? s'était distingué par son courage et son sang-froid.
XVI—Les ANGOrsSES pe LEON, :
Eugène était entré dans des détails beaucoup plus ofr- Constanciés que ceux qui précédent, et son récit avait vivement intéressé Duroc, Üe dernier regardait, avec un étonnement mêlé d'adtiration, ce guerrier à la figure imberbe, qui lui tacontait, comme des choses tout à fait naturelles, des aventures dont il avait été le héros et qui lui avaient fourni l'occasion de jouer un rôle bien au-deseus
de son êge, Type curieux d’adolescent, que les circonstances, les épreuves et une singulière précocité de carac= tère avait fait vieillir avant le temps, Eugène semblait avoir conservé l'imprévoyance et la versatilité de caracère de l’erfance, tout en acquérant les qualités viriles opposées à ces défauts, et qui sont d'ordipaire, l'apanage |de l’âge mûr. C'était la première fois qu'il mettait son Cœur à nu et il fallait que Duroc lui eut inspiré beau- Coup de confiance, pour qu’il lui dévoilât le seorot de ga |désertion, En effet, la moindre indiscrétion de la part de | Léon, eut pu avoir pour effet d’éveiller les soupçons des autorités militaires. Ajoutons qu’il avait bien placé sa confiance, car Duroc était non-seulement homme d'honneur maïs discret comme la tombe.
11 était évident que, dans le cours de son réolt, Eungène n'avait pas cherché à embellir le rôle qu'il avait joué, Au contraire. il avait semblé prendre plaisir à faire
Féss0rtx 16 côté grotesque ei ridicule de cette fugue
RSS is
qu’il paraissait regretter rincèrement. Toutefois, {l n’avait pas encore abandonné l’espoix de prendre du service dans l’armée française. Seulement, il avait pris la résolution de rester à l’armée américaine jusqu'à l'expiration de ses cinq ans. Quant À son courage, il était parfaite-
‘ei ment reconnu par tous ses Compagnons d'armes, témoins val de ses prouesses, et Duroc lui-même ne tarda pas à le on voir à l'épreuve, im Léon avait raconté sa tentative de suicide à Eugène, | na- qu'il prenait plaisir à entretenir de son amour pour ilui Louise, Il avait écrit à cette dernière, mais la réponse 8e ses faisait attendre, et il commençait À se demander s'il n'a- DS vait pas eu tort de se reppeler au souvenir de celle qu'il l'AC aimait, L'avenir lui apparaissait peu chargé de promeslait ses, Il est difficile de faire son chemin dans le monde, raC— lorsqu'on débute comme simple soldat d’ufte armée étranriles gère. Les mêmes scrupules qui avaient retenu son prepage mier aveu sur ses lèvres, lui revenaient à l'esprit pour son l'ohséder. Pourrait-il jamais offrir à Louise, un nom et au- une position dignes d'elles? Ilne lespérait guère, Il ga avait devant lui la perspective de se faire tuer dans un : de combat, ou peut-être de retourner au pays affreusement des estropié. Il avait bieu l'espoir de faire quelques éconosa mies, mais il lui fallait passer au service des Etats-Unis, On cinq années qu'il auraient dé employer à apprendre le ‘ commerce.
gè- Il se disait tout cela et’ cependant l’idée que Louise té, 2e daigneraïit peut-être pas lui répondre, le désolait, 1l
ire ë là lui'avait dit comment il avait été volé, sans lui donner
les noms de ceux qui l'avaient dépouillé. Es proposait
bien de les démasquer si mai
l'occasion s’en présentait,
leur culpabilité ? En
la délicatesse de
dire qu’il s'était abstenu
ître le plongeon dans le fleuve St Laurent,
qu’il avait pris
? En 880 de bstenu it pris
entait, |
XVII—Coupar SINGULIER)
Un jour, pendant la marche, nos deux Canadiens ge trouvaient à bout de provisions, La faim, qui fait sortir les loups du bols, les fit sortir des rangs, [ls se laissèrent devancer par le régiment, puis ils prirent un chemin de traverse et, vers ridi, ils arrivaient en vue d’une superbe plantation. En route, Eugène et Léon avaient rejoint trois fastassins d’un régiment de volontaires de la Pen- l sylvanie. Presqu'aussitôt deux cavaliers fédéraux avaient no fait léur apparition, Ou résolut de ge tenir ensemble | afin d’être plus forts pour se défendre en cas d’une rencontre avec des éclaireurs confédérés. Il arrivait assez fréquemment que ces derniers s’embusquaient dans les cd maisons, Malbeur au maraudeur isolé qui tombait entre LA
leurs mains! Il n'était pas toujours sûr qu’on lui laisserait la vie sauve, :
L'habitation semblait abandonnée, mais quolques négresses et de nombreux négrillons se montraient & la porte des cases, Comme les soldate arrivaient, ils apergureüt un moticaud d’une quiuzaine d'années qui chossait … È devant lui ‘es canards, des dindes, des oies et autres 54 volailles sur lesquelles les trois Poasylvaniens etles deux cavaliers firent feu,
Lrois on quatre volatiles roulèrent sur le sol et le jeune nègte s'adressant aux soldats lour dit :
ES sr
— 1 ne fant pas tirer sur ces volailles Ce sont les volailles à massa. (*)
Pour tonte réponse l'un des savalicre lui envoya une balle de revolver qui l'attelgnit à la tête et l’étondit raide mort à ses pieds.
— Vous êtes un lâche, (a mean cowWard) lui dit Eugéne,
—Qu'est-à dire, blanc bec ? rugit le cavalier, Hst-ce que par hasard, tu aurais envie toi aussi de gouter à mes
pilules ? J'en ai trois pour toi dans mon revolver. Et il it jouer le rouet de son pistolet.
En même temps Eugène avait armé le chien de son fusil ct le couchait en joue :
—On les connait vos pilules, monsieur le brigand,; elles
sont bonnes pour assassiner les enfants sans armes, Allons ! tire donc, triple lâche !
Les autres soldats intervinrent, Duroc s'était avancé à côté d’'Eugène autant pour le protéger que pour l'apaiser,
—Allons, calme toi, lui dit-il en français,
—Mais, je suis parfaitement calme, reprit Leduo,
—]] ne s'agit pas de nous fusiller réciproquement dit alors l’autre cavalier. Daly a eu tort de tuer le nègro, mais le français a insulté Daly, et s'ils veulent se battre que ce soit à coup de poing, Le français aura franc jeu (fair play.)
—Attendes ! dit Duroe. Eugène est trop petit pour le cavalier, mais, puisque monsieur le tueur de nègre a voulu l’insulter en sa qualité de Franco-Uanadien, moi
ass POUF fiüster (maître.)
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qui suis Canadien comme lui, maïs plus Agé et plus fort, je prends la responsabilité de ce qu'a dit mon compatriote et je me déclare prêt à faire la partie de boxe avec Daly.
—Puisqu'il est ici question de nationalité, reprit le cavalier, vous, vous ferez cette partie avec moi, tandis ° que Daly et voire ami règleront leurs comptes ensemble,”
—Laisse-moi donc faire, dit Eugène. Si nous nous battons tous deux à la fois, si nous lâchons nos armes, nous les aurons tous les cinq sur les bras,
Eugène et Daly se menaçaient toujours du fusil et da: revolver,
—{u ne se fera pas comme cela, reprit Duroc, en armant le chien de sa carabine. Nous sommes ici deux con- | tre cinq. S’il doit y avoir une partie de boxe, il faut que l’un de nous deux surveille les autres, ‘Vous tenez à ce que le tueur d'enfant se batte contre un enfant. Soit, Mais les trois fusils que vous avez, sont déchargés : vous allez les mettre en faisceau. Vous allez remettre au repos les deux revolvers et les jeter sous le faisceau de fusils, à quelque distance. Je vais prendre soin du fusil d'Eugène et du mien. Je brulerai la cervelle au premier d’entre vous qui voudrs intervenir dans le combat, ou qui fera mine de vouloir toucher aux armes, Maintenant, si cela vous conviènt, désarmez, et que les deux champions se déshabillent. Si ça ne vous va pas, autant vaut commencer la fusillade immédiatement.
Après quelques pourpalers, cette proposition fut ac ceptés.
—Au moins, e# tu capable de te défendre contre eek
animal 1àf demanda Léon à Eugôno, pendant que ce der. nier mettait habit bas, Sais tu un peu de boxe ?
—Je sais mieux que cela. J'ai pris des leçons de sa-
Vate d’un maître d'armes français, pendant mon séjour tau fort Trumbull. Tu vas rire,
Les armes furent mises en faisceau, On traça ans marque sur le sol, Daly y courut et se mit en garde,
—Allons, arrive gamin ! crla-til,
Eugène s'approcha tranquillement, et se mit en garde à environ deux pieds de distance de la marquo, je
pied gauche en avant, à peu près dans la Position de la garde pour boxe anglaise
— Come up dit Daly ° D n’avait pas terminé #8 phrase, qu'Kugène pirouctiant
eur le pied g*uche, lui porta un formidable coup
droit sur le tibia de la jambe gauche. Daly poussa un cri de douleur ; le coup d
dans le vide et l’entraîna en avant, Eugè
to the scratch, (Rends-toi à la marque),
Tout cela s'était fait culé en rugissant, Eugène se tenant toujoure en garde,
. Je suivit en exécutant quelques croisés, et lui porta le Daly eut la maladresse
en retirant sa jambe gauche, droit entre les deux yeux. Pour le Coup, le Cavalier ft ne eulBnte des pus éviguées, Quaud il ge releva,
sang l’aveuglait, Eugène était retourné à la marque, et et se tenait en garde,
— Come up to the scratch, lui dit-il,
—Mais Daly déclara qu’il en avait assez,
Ce n’est pas de cette manière qu’on se bat dit-il, Mals attends un peu. Un jour je te rejoindrai et je te combat" trai à la boxe quand tu voudras..… une autre fois,
—Il ne faut jamais remettre au lendemain ce qui peut se faire aujourd’hui répondit Eugène. La leçon de boxe française que je viens de te donner n’est que la première de la série. Il y en a vingt comme cela. Si tu es trop désomparé pour te battre aujourd’hui, il y a ton ami qui tout à l'heure voulait se battre avec le mion, Tandis que je suis en frais, j'aime autant remplacer mon ami qui, il y a un instant, offrait généreusement de me remplacer, Ne vous gênez pas il y en a pour tout le monde,
Et Eugène, mis en bonne humeur par son guocès, exécuta plusieurs voltes fantaisistes
Ce défi ne fut pas relevé,
—Messiours, dit Léon, mon ami va reprendre son arme, vous reprendrez les vôtres lorsque nous aurons atteint le bois qui se trouve à 300 verges d'il, Désolé de vous fausser compagnie, mais, après ce qui vient d’arriver, nous devons vous quitter, et nous entendons partir avec les honneurs de la guerre, Je vais marcher à reoulons, et je fais feu sur le premier qui voudra toucher ua revolver ou recharger un fusil avant que nous soyons à couvert. Pour surcroît de sureté nous allons mettre la baïonnette au çanon, Je vous avertis d'avance que je
Alan manne send
RS SRE free
Vous montres beaucoup trop de défiance enver: nous, dit alors un des fantassins. Vous êtes Français, mais nous ne connaissons pas les deux cavaliers, et nos sympathies sont pour vous, Restes avec nous, ou bien nous allons vous suivre,
—Nous ne vous connaissons pas, dit Léon. I1 peut se faire que vous soyez sincères mais votre sympathie vient unpeu tardivement, Vous êtes de robustes gaillards, et vous auriez laissé battre Eugène à plate couture, hien qu’il eut le droit pour lui. Je m'en tiens à ma proposition,
—AÀ votre aîse, mals vous avez tort,
Et nos deux jeunes gens ayant mis la baïÿonnette au canon s'éloignèrent. Duroc marchant à reculons, ainsi qu'il l'avait promis et surveillané les cinq soldats qui n’osèrent pas toucher à leurs armes, avant d’avoir vu Eugèue et Léon disparaître sous lo couvert du bois,
EE
XVIII— On QUI SE PASSAIT À L'INTÉRIEUR DB L'HABITAXION.
Vollà un genre de maraude qui n'emplit pas le CCC à vivres dit Léon, Nous sommes venus ici dans l'espoir d’y trouver quelque chose à nous mettre sous la dent : nous n'emportons que les lauriers de la victoire et la conscience du devoir accompli.
— Que veux-tu ? après ce qui est arrivé je n'aurais pas eu le cœur de partager avéo ces bandits le produit de leur chasse, et je me serais cru déshonoré de chasser pour mon propre compte en leur compagnie.
Les deux hommes s'étaient arrêtés sous un arbre, d'où ils pouvaient voir ce qui se passait à la mafson.
—Is ont repris leurs fusils, continua Eugène et main° tenant ils se dirigent du côté de la maison. Ce sont tous de rudes canailles, et tu as bien fait de ne pas croire aux protestations bypocrites du fantässin. La porte est fermée à clé, Les voilà qui frappent. S'il y a des femmes là-dedans, elles sont loin d'être en sureté. Nous ferons bien de rester ici quelques instants pour les surveiller.
A l'intérieur de la maison, au premier, deux femmes © se tenaient à la fenêtre où, cachées derrière les persiennes fermées, elles avaient pu voir et entendre sans être vues la scène que nous venons de décrire. L'une paraissait âgée de soixante ans, l'autre, jolie créole au regard velouté, était à poine sortie de l'enfance.
—Ma tante, dit la plus joune, ces deux.là sont Fran gais, j'ai compris ce qu'ils se sont dit ; le grand veut calmer le petit qui persiste à vouloir se battre.
—Ce sont deux gentismen, Hélène. As-tu remarqué qu'eux n’ont pas tiré sur les volailles,
En voyant Eugène si bien culbuter son adversaire, Hélène avait dit :
— Comme il est agile, et fort, et brave, Si Je l’osais je battrais des mains.
—Pas d’imprudence, Voyons comment ‘cela va tourner. Et les autres qui n'arrivent pas ! Si ces Yankees pouvaient tous se tuer entre eux, avant l’arrivée de mon fils et de ses compagnons.
—Moi, je n'aimerais pas à voir tuer les Français. Je suis Française par mon père.
Et Américaine par ta mère, ma pauvre sœur, que Dieu a rappel!: à lui,
—Sambo ».… + 4 peut-être pas trouvés chez Curtis. Peut:être =; :.: pris en chemin par les Yankees.
—S'ils eutre:t ici il leur faudra enfoncer la porte. Si ces Canadiens n'éiaient pas là, trois bons sudistes auraient raison des cinq.
—$i les Canadiens restent et si ler Yankees franchis-sent notre seuil, ils ne nous feront pas de ma], les Canadiens seront là pour nous protéger.
—Tu crois cela ? Ils so sont querellés avee les autres
parée que le cavalier a tué un nègre, Ce sont des abo-
… litionistes enragés, voilà tout.
—Ahlils vont s’en aller. Les voilà qui s'éloignent. Le grand tient es autres en respeet avec son fusil armé,
Sn me .. "#2 Aus
Ms sont arrêtés dans le bois. Nous les voyons d'ici, mais les Yankees ne peuvent les voir de l'endroit ot ils se tiennent,
— Voici les autres qui viennent frapper à la porte. Sots par derrière eb va-t-en à la case d’Auntie Nancy. Je vais les laisser frapper pendant quelque temps puis j'en- , verrai Suzie leur ouvrir, S'ils me trouvent ils me feront aucun mal à moi. Ils sont déjà entrés une fo! ‘4 Nanoy et ils n’y retourneront plus,
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