XIX--Drvx CONTRE CINQ
En effet, après avoir bien deux Canadiens, les trois fan
Porte cochère de la maison.
—Ouvres, où nous allons enfoncer | dit l’un des fan tassins,
—S'il y & des
huu R-dedans nous allons leur faire Jun brin de cour,
vers l’autre cavalier. Je 9rsque je serai suffisamment beau
—Tu entreprends jà nn travail qui sera long et dificile. Tu n'étais Pas beau d'avance et le petit Canadien ne t'a pas embelli en te Pochant les deux Jeux et en te
contusionnant la machoire, D'ailleurs tu es encore tout Couvert de sang, s
… OUé en causant les deux cavaliers étaient arfivés à 1a anse de la tante Nanoy où ils entrèrent,
Comme ils franchissaient le seuil, Hélène, qui venait d’entrer, se voyant découverte, se rua entre eux afin de
sortir par la seule issue de cette construction toute d’une
e pièce, | Daly la saisit par le bras.
1 —Obh, mais, c'est que nous avons eu bon nez de venir re ley | . oi ! Les aûtres se morfondent a enfoncer nne porte pour raliere hi découvrir quelque gibier charmant, et c’est nous qui
| mettons la main sur la timide gazelle, Allons charmante e où enfant, un baiser. Ne faites pas attention au sang. Je tè Ja | l'ai versé en combattant contre les amis de la race noire, | —Lôâchez-mol, brute ! répondit Hélène en lui appli= fine quant un vigoureux soufllet et en s'échappant de lui, laissant un morceau de sa manche de robe entre ses
faire | mains.
(Al Elle prit la fuite et courut dans la direction du bois, aol LL —AÀ cheval ! s'écria Daly ou nous allons la perdre. ‘ga i À à Sans trop savoir ce qu’il faisait son compagnon santa an ‘L en selle.
Je * De l'endroit où ils se trouvaient à la lisière du bois, Se l; | les deux Canadiens avaient pu deviner et voir en partie
la scène que nous venons de décrire.
I | 4 —— Allons à son secours, avait dit Eugène, en voyant * Hélène se débattre pour échapper à Daly.
4 ÿ Re y —O'est inutile, puisqu'elle vient à nous, avait imméout diatement répondu Léon.
En effet, Hélène courait de toutes ses forces vers le. la bois, Elle ne voyait plus les deux Canadiens mais elle
comptait les trouver à l'endroit où elle les avait vus du F }s fenêtre quelques instants auparavant, Le temps qua
les cavaliers avaient mis à monter à cheval lui avait donn6 quelque avance. Ils l’atteignirent cependant, la dé- Passèrent avant qu'eile pût arriver à la lisière du bois, e6 arrétèrent leurs montures de façon à lui barrer le passage,
À ce moment Eugène et Léon sortiront du bois et attaquèrent les deux Cavaliers, Ceux-ci avaient mis le sabre au poing, et ge défendaient, mais quelques coups de baionnettes, dirigés vers les Deseaux des chevaux, forcèren ces derniers à ge cabrer, et les cavaliers durent vi-
der les argons Pour ne pas être écrasés sous leurs montures,
—Sauvez moi messieurs, avait dit en français la Jolie créole, d’un ton de voix émue par l’angoisse et la frayeur,
—Courez an bois, et tfchez de regagner la mafson, lui avait répondu Eugène dans la même langue, tont en parané un Coup de sabre que Daly lui avait porté à la tête.
Les trois fantaseins arrivaient au pas de course la ba. ionnette au bout du fusil, Les deux Canadiens, se voyant : obligés de combattre Corps à corps deux contre cinq, «« disposaient à vendre chérement leur vie, et les Cavaliers, désarçonnés mais sains et saufs, voyant arriver ce qu'ils croyaient être du renfort, avaient pris leurs revolvers, et, tout en ferraillant de la main droite avec le sabre, ils avaient de la main gauche, tiré plusicurs coups de fou, qui étaient restés sans résultats,
Mais ce n'étaient pas précisément Pour Combattre que les Pensylvaniens acCouraient à toutes jambes, Pendant qu'ils essayaient d’enfoncer la porte, qui résistait à leurs
efforts, ils avaient apergu les cavaliers qui montaient e1. selle et s'éloignaient à bride abattue.
Comme ils ne voyaient pas Hélène, qui était disparue dans un pli de terrain, ils avaient cru à une fuite, et leur regard avait interrogé l'horizon pour découvrir quel danger les menaçait. s.
Alors ils avaient vu ce que ni les cavaliers, ni Hélène, ni les deux réguliers n'avaient aperçu. Une dizaine de cavaliers confédérés arrivaient ventre à terre. Nos fantassios prirent leurs jambes à leur cou et tout en courant, is mirent la baionnette au canon,
Les confédérés s'étaient un instant arrêté devant la porte, et la vieille femme leur avait, de la fenêtre, indiqué ce qui se passait près de la lisière du bois.
Hélène avait pu gagner le bois, où elle s'était arrêtée en voyant venir les confédérés qui étaient arrivés juste en même temps que les Pensylvaniens sur la scène de la lutte.
Les f6 léraux furent promptement entourés et sommés de se rendre.
Tous mirent bas les armes à l'exception de Duroc et de Leduc, qui se mirent en garde, dos à dos, leurs baïonnettes menagant les chevaux des confédérés,
—Vous êtes les plus forts, leur dit Léon, mais nous rendre prisonnier dans des circonstances comme celle ci, c’est nous faire noter comme déserteurs au régiment, et nous préférons mourir ici.
—Alors, mourer ! dit un jeune homme en l’ajustant de son revolver. 1l allait presser la détente lorsqu'une femme se jeta entre lui et les deux Canadiens,
—Alfred, dit-elle, ne touchez pas à ces hommes : ce sont eux qui m'ont sauvée.
Et elle raconta en peu de mots ce qui s'était passé,
.… —Vous êtes libres, messieurs, dit l'officier, car c'en était
un. Quant aux autres, emmenez les, dit-il à ses hommes.
—Nous ne saurions trop reconnaître votre bonté dit Léon.
—Il n’y a pas de quoi. Vous vous êtes conduits en
braves et loyaux soldats. Permettez-moi de vous serrer le main.
—Nous vous laissons en sureté dit Eugène à Hélène, Vous ne sauriegs croire comme je suis heureux d’avoir pu vous être utile,
—Avant de nous quitter dit Alfred, je vous prie de 4 nous accompagner à la maison. Ma mèro doit tenir à vous remercier. Je vous invite à diner avec moi,
— Vous êtes bien aimables, Nous acceptons votre gracieuso invitation,
Les confédérés étaient déjà disparus avec leurs prisonniers. Les quatre jeunes gens se dirigealent vers la mai. son.
— Vous avez failli être taé en prenant ma défense dit Hélène à Eugène. J'ai vu ce cavalier vous porter un | coup de sabre à la tête. J'ai cru qu’il vous avait tué, et j'ai fermé les yeux. En les rouvrant, je vous ai vu pi- i quant son cheval aux nacsaux, Üe coup de sabre ne vous | a donc pas atteint, Non, il n’a touché que mon képi, Je l'ai paré un peu tard, mais je l'ai paré. Tenez msdemolselle pour un