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regard de vos beaux yeux je voudrais passer ma vie à recevoir de pareils coups de sabre,
—-0e qui ne vous laisserait pas le temps de voir ce re. gard si cherement payé. Vous êtes bien Français vous : ausei galant que brave, ajouta-t-elle en le regardant avec une admiration qu'elle ne cherchait pas à dissimuler,
—Vous êtes aussi bonne que belle, Mais vous-même
- n'êtes-vous pas Française ?
Créole, comme on dit en Louistane, ma patrie. Mon père se nomme Duchâtel. Il est officier dans l'armée confédérée, Je suis ici, chez ma tante Shelton depuis l'automne dernier,
—Moi, je suis Canadien d'origine française, et je me nomme Leduo.
—Quel est le nom de votre ami #
—Duroc,
—Cousin Alfred Shelton, permettez-mol de vous présenter M. Duroc et M. Leduc, deux Canadiens-Français qui mériteraient de servir la cause du Sud.
On échanges des poignées de mains,
—Maintenant, présentez-moi à ces me sslours,
—MM, Duroc et Leduc, reprit Alfred, permettes-moi de vous présenter ma cousine et ma fiancée, mademoiselle Hélène Duchatel.
On se mit à table et le repas fut gel. Malgré sa haine Invétérée contre tout ce qui portait l'uniforme fédéral, Mme Shelton voulut bien se montrer aimable pour les jeunes gens.
Pendant le repas, des nègres s'étaient emparés des sacs à vivre des soldats et les avaient bourréa de comestibles,
On alluma un Cigare et Alfrod FaCOnta aux jeunes gens | qu'il se trouvait, lui et ges hommes, à environ un mille de | distance lorsque Sambo était venu l'avertir du meurtre du jeune nêgre et du danger qu
8 Couraient les deux °mmes, Bien qu'il Y eué risque de ‘omber entre les | mains des troupes fédérales, il avait Pris une dizaine d'hommes et était accouru, résolu de tout braver pour { SAUVer sa mère et sa fiancée, I] se Proposait maintenant de 98 amener toutes deux ay
ec lui pour les mettre en sureté,
“Portez cette bague
en sOuvenir de moi.”
“Hérène”
tant, vous êtes fiancés, elle t'aime et tu sais où la retrou— ver lorsque tu auras fini ton service. D'après ce que tu m'as raconté d'elle, je n'ai pas de peine à croire que tu la trouveras fidèle au bout de cinq ans. Je suis beaucoup plus à plaindre que toi. Hélène est fiancée à un autre, di cette bague, qu'elle a eu l’amabilité de m'adresser
entre deux morcsaux de volaille froide, n'est qu'un ca. deau offert par l’amitié et la reconnaissance. El est proba-
ble que je n'aurai plus le plaisir de la rencontrer, et ce: pendant, je l'aime | Sans être tout à fait indentiques, nos
situations respectives se ressemblent assez pour resserrer éncore d'avantage la sympathie que nous éprouvons l'un pour l’autre depuis que le hasard nous s faits com-
’pagnons d'armes,
—Oui, c’est un nouveau lien d'amitié entre nous. Mal. heureusement, je crains que ce soit la seule. consolation qui nous reste, car je considère uos deux eas comme
étaut également désespérés.
quant derrière un arbre, et tirant à volonté le plus rapi: «dement possible,
On défendit ainsi le terrain pied par pied. Les rebel. les se trouvant en plein champ et présentant une ligne qui offrait plus de surface, perdaient beaucoup de monde, Île s'étaient arrêtés dans leur élan et avançaient en ti- ‘M rant au juger dans le bois, Le quatorzième leur résista L' seul pendant une heure tout en reculant par degrés,
Au moment où les confédérés, gagnant toujours du terrain, arrivaient à la lisière du bois que les tirailleurs du 14ème avait occupée une heure auparavant, ces der. niers sautaient dans les nouveaux retranchements qui venaient d'être achevés par la réserve,
Alors, l'artillerie féderale, qui se trouvait derrière ces remparts improvisés, ouvrit le feu sur l'ennemi, Des batteries rebelles, qu’on ne pouvait voir à cause du bois et de laamée, ripostérent et, pendant une heure ou deux, il ÿ eut vacarme à tout casser, Artilleurs et fantassins tiraient à qui mieux misux dans la direction d’où venaient les balles et les obus. Les deux armées, cachées l’une à l’autre continuaient à se foudroyer sans se voir,
Le soleil allait disparaître à l'horizon, lorsque le feu des confédérés cessa, Du côté des fédéraux, on brûla encore quelques amorces et bientôt le «:;:-16 le plus pro. fond fit place au grondement du canon ct au crépitement de la fusillade,
Léon qui venait d'assister à sa première bataille, s'6—
-tait vaillamment conduit, On demanda une dizaine d'hommes de bonne volonté pour aller en reconnaissance 96 nos deux Oauadiens furent du nombre de ceux qui s'of-
PAL E AU VE ve UN QE ONCE TINVÉCO NECCEE EC MES GS | à
frirent et qui furent acceptés. Un ex-sergent fourrier de la compagnie F, que Leduc avait bien connu et qui était passé au 10ème réguliers avec la grade de sous-lieutenant, leur donna leurs instructions. Ils devaient d’abord se déployer de fagon à couvrir toute la brigade, puis, partir dans la direction ou devait se trouver l'ennemi, avancer avec beaucoup de précaution en examinant chaque tronc d'arbre, chaque accident de terrain capable de recéler un ennemi, éviter autant que possible de combat tre, et revenir dès qu'ils suraient découvert la position de l'ennemi ou constaté son départ. Chaque homme fut placé en avant des retranchements, et partit dans la dÿ rection qu'on lui indiqua. Tous disparurent sous les are ores eë se trouvèrent isolés les uns les autres de telle façon qu'ils ne pouvaient ge voir,
De crainte d'être pris au dépourvu Eugène avait a:m6 le chien de sa carabine, Il avait franchi environ les trois querts de la distance qui le séparait de la lisière du bois lorsqu'il aperçut un rebelle qui, comme lui, avait probablement été envoyé en reconnaissance. Eugène l'avait aperçu au moment où, le pouce droit sur le chien de son fusil, qui était au repos, il regardait dans une autre direction, cherchant à découvrir quelque uniforme bleu, Comprenant tout l'avantage de sa position, Eugène, qui n'était séparé de lui que par une distance de deux ou trois verges, le coucha d'abord en joue, puis, lui dit sur un ton de voix juste assez haut poux être entendu de lui.
—Surrender ! (Rendez-vous.) Le Virginien ft un soubresaut et regarda Eugène qui
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Ît a: mé iron les ière du i, avait Eugène e chien ne autre 1e bleu.
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le menagait du canon de sa carabine, Ï1 comprit qu'il était perdu, s’il faisais un mouvement pour se défendre, et il lâcha son arme.
— À bas le ceinturon, reprit Euyine,
Le rebelle ne se le fit pas dire deux fois
—Maintenant, marches devant moi, et surtout, pas de bruit.
Le crépuscule était venu lorsqu'Eugène arriva aux remparts avec son prisonnier qu'il livra aux officiers. Ces derniers, après l'avoir complimenté sur son courege et son sang froid, firent conduire le prisonnier en arrière.
Quelques instants après, les autres éclaireurs arrivèrent à l'exception d’un seul qui ne devait pas revenir vivant. Tous s'étaient rendus jasqu'à la lisière du bois et nul d'entre eux n'avait vu aucune trace de l'ennemi, On en conclut que les rebelles étaient retournés à leurs lignes de retranchement, et que, désirant découvrir si les Yankees avaient levé le pied ils avaient envoyé quelques éclaireurs dont un seul avait eu la maladresse de se aire prendre par le jeune Leduo,
Le lendemain on aida aux ambnlanciers à ramassvr les
morts restés dans le bois. Quelques arbres étaient littéralement déchiquetés, de la racine au sommet, par les
-balles, d’autres avaient été renversés par les boulets,
Non loin de ia lisière du bois, dans un épais fourré, qu'Eugène reconaut pour l'avoir traversé la veille, l’on trouva celui des dix éclaireurs, qui parti le soir précédent, n'était pas revenu. Il avait la poitrine traversé de part en part d’un coup de baïonnette. La plaie s'était refer. mée et l'hémorrhagie avais eu Leu eu dedans,
I avait la figure noîrole comme si 1à sang l’eut étouffé. Ses mains crispées tenaient encore le canon de sa carabine dont la crosse était brisée. (C'était un gaillard de six pieds, solidement bâti. Nul doute qu'entouré par des éclaireurs rebelles, il avait refusé de ge rendre, et qu'après avoir déchargé son erme il s'en était servi comme d’une massue, Autour de lui, dans un rayon d’une trentaine de pieds, onze rebelles avaient mordu la poussière et l’on pouvait supposer qu’au moins cinq ou six d'entre eux avaient été dépêchés par lui. Oinq étaient littéralement assommés et un sixième avaient une balle dans le ventre. Les autres étaient sans doute tombés pendant l’assaut de l'après-midi. O'était un Yankee et il fut reconnu comme appartenant au 12ème réguliers.
Le combat de la veille avait été très meurtrier, maie du côté des Yankees, c'était le 14ème qui avait le plus souffert.
Eugène s'était aperçu que quelques uns des soldats dépouällaient les morte de leurs bijoux et de leur argent. Ii avait protesté mais on lui avait répondu de se mêler de ses affaires et, se rappelant son aventure avec le cavalier qui avait tué le nègre de ls plantation Shelton, il n'avait pas insisté, non qu’il eut peur de ces violateurs de la tombe, mais parce qu’il ne se souciait pas d’entreprendre la réforme des mœurs de l’armée américaine, tâche qu'il considérait au dessus de ses forces. Seule ment, il regarda sa bague et dit en français à Léon :
—$i j'étais tué un de ces quatre matins, ces brigands pourraient bien m’enlever ce bijou. Or, je ne veux pas le voir profauer par leurs pattes sales. Je vais le met-
ut étoufté.
le sa caraaillard de touré par rendre, et tait servi un rayon ; mordu la s cinq ou lui. (Cinq vaient une doute tomin Yankee o réguliers.
trier, maie it le plus
des soldats eur argent.
e se mêler veo le cava- Shelton, il | violateurs as d’entreaméricaine, es. Seule
, Léon :
es brigands ne veux pas
yais le met-
tre dans mon scapulaire où personne ne songera à rs
UAEUE Vas ve à mme. +. …. +. #4 donn6 par un ange de pureté, ne s'en formaliser pas.
—Au fait, tu as raison, J'ai déjà cru m'apercevoir que quelqu'un de la comnagnie n'aurait aucun sernpale à te le voler même de ton vivant, Tu pourra foindre de
l'avoir perdu pour qu'oa ne soupçonne pas que tu l'as sur toi,