‹ Un Revenant [microforme]Chapitre 15 sur 74 · LS · texte numérisé non relu

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le rapport de la concision surtout, celles au moyen desquelles Napoléon ler enflammait jadis le courage des vainqueurs de l’Europe coalisée, Un obus étant venn éclater tout près de son cheval, ce dernier fit un écart qui faillit renverser l'éloquent officier. Celui-ci reprit cependant, tant bien que mal, son aplomb, et, s'edressant aux hommes, il leur tint à peu près le language suivant en l’entrecoupant de nombreux hoquets :

—Concitoyens, (hic) co-choldats je veux dire, (hic) Croyez vous (hic) que nous allons nous laisser tur (hic) lupiner (hic) par cette maudite engcance de carogniers confédéraux? (hic) Non, de par les cinq cents mille diables ? [1 faut impuser chilence à leurs marmittes À bombes. Cinq hommes de bonne volonté (bic) cinq braves du 14ème pour faire taire cette gueularde de batterie séchessionuistes, (hic) Allons, y êtes-vous ?

—Ïl est passablement éméché le commandant, dit Eugène, mais du diable si je ne préfère pas faire le coup de fusil n'importe où, plutôt que de continuer à me meurtrir les pieds. J'ai peu de goût pour le genre d'architecture qu’on nous enseigne ici. Viens-tu Léon ?

—Mais, où veux-tu aller 4 Le commandant ne sait 0e qu'il dit,

—Ne crains rien, nous avons des france-tireurs postés en face de la batterie ennemie, à la lisière du bois, nous irons tout simplement les trouver pour les regarder tirer,

Nos deux hommes allèrent s'offrir au commandant qui les félicita et leur serra la main. Trois autres s'étaient offerts et avaient reçu leur part de compliments,

On alla trouver les francsetireurs et l’on npassh le reste

‘de l'après-midi avec eux. Ils étaient armés de carabines 18e Chargeant par la culasse, (l'infanterie se servait alors du fusil à baguette Springfield), et munies de visières à longue-vue, On était à un mille de la batterie. Les carabines portaient la balle à cette distance qui était cependant trop longue pour que l’on put tirer avec un certain degré de précision. Cependant, entre les mains de ses tireurs émérites, une de ces carabines faisait encore à cette distance autant de becogne qu'une carabine Springfield aurait pu en faire à 500 verges, entre les mains d’un tireur ordinaire,

La batterie était abritée derrière un rampart, mais le pointeur était obligé de s’exposer pour ajuster sa pièce et les marksmen américains profitaient de cet instant, pour lui tirer dessus, Bien deg coups étaient manqués,

mais, dans le cours de l'après-midi nos amis virent plusieur canonniers mordre la poussière, Ils revinrent à leur poste le soir et trouvèrent les retranchements come plétés,

Le lendemain, {1 avait fallu quitter ces nouveaux retranchements pour aller en construire d’autres plus loin, on avant, Il avait fallu, pour cela, repoussor les tirail leurs ennemis et s’avancer à portée de fusil de la ligne principale des confédérés. Le rempart improvisé devait être construit sous le feu de ces derniers qui avaient une ou deux batterles on faco du 14ème et qui tiraient à mitraille dans le bois. sans voir les fédéraux, Ceux-ci se gardaient bien de répondre de crainte d'attirer sur eux les projectiles de toute espèce que l'ennemi faisait pleuvoir dans la forêt,

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En arrière de la seconde ligne de retranchements, if

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Pital pour les blessés dont le nombre augmentait rapidement. On manquait d’éau dans la tranchée et quelques soldats prirent les bidons de leurs camarades pour aller

les remplir au puits de la maison. Léon fut du nombre

de ces derniers. Lorsqu'il revint, il avait l'air tout triste, et dit à Eugène:

—Je t'assure que tu as blen fait de ne pas venir. J'ai vu un spectacle des plus déchirants, La maison regorge de blessés et il y en a dans la cour un grand nombre que les chirurgiens et leurs aides pansent à la hâte, J'en ai vu un, entre autres, qui a eu la poitrine traversée de part en part par une balle. On l'a déshabillé et on le maintient sur son séant. Chaque fois qu'il respire, le sang jaillit gros comme le doigt de la poitrine et du dos. J'en suis tout énervé.

La ligne de tirailleurs était formée Ce groupes de, réserves composés des compagnies du centre et reliés vpn, eux par dés fantassins déployés de cinq pas en cinq pas. | Les réserves avaient commencé sur placé la construction | d’une ligne de fortifications que l’on avait l'intention de rendre continue, dès qu’on le pourrait, en reliant ensemble | les tronçons épars.

À gauche du 14ème, se trouvait une route qui traversait le bois, coupant à angles droits les lignes des deux arméer, Les rebelles dont la ligne avancée n'était pas non plus fortifiéo sur cette route, avaient embusqué quelques uns ds leurs meilleurs tireurs et fusillaient sans merei tous les fédéraux qui, syant affaire à travorser le

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chemin, se trouvaient momentanément exposés au plomb meurtrier de ces bushwhackers. Un cergent et quelques bons tireurs de la réserve du 14ème furent envoyés pour fn. les tenir en respect. Eugène et Léon, qui ne manquaient j jamais de s'offrir chaque fois qu'il ÿ avait un danger à braver, furent du nombre. Les francs-tireurs fédéraux se placèrent derrière de gros arbres, le long de la route ;

les fédérés ne paraissaient Pas avoir remarqué leur arrivée,

—Qui veut traverser la route? demanda le sergent Beaston, un ex-soldat de l’armée anglaise,

—Moi répondit Eugène qui courut s"embusquer derriére un arbre du côté opposé. F

— Une double détonnation retentit et une balle siffla ‘aux oreilles de Leduc.

Ve 3 Le bushwhacker avait tiré en avant de son homme de : fäçon à l’atteindre au passage s’il eut continué à marcher, Mais comme Eugène s'était arrêté à l'abri du premier

arbre, du côté opposé de la route, la balle avait passé à sa gauche,

Le rebelle s'était un peu découvert pour ajuster et une balle tirée par Beaston l'avait étendu par terre, Deux de ses compagnons vinrent pour le ramasser, Erois coups de fusils partirent du côté des fédéraux L'un des deux confédéres tomba, se débattit, se eniett la jambe et se traîna à couvert sans se relever ; ] thanoela et gagna péniblement le bord du chemin. On distinguait maintenant trois ou quatre autres canons de fusils braqués sur l'endroit oscupé par les sol

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Profitant de la stupéfaction causée par les derniers Coups de feux, Beaston et Duroc avaient aussi traversé la route. Eugène ayant mis son képiau bout de son fusil et incliné son arme de façon à exposer sa coiffure én avant de l'arbre, fut récompensé en voyant son couvrechef troué par une balle ennemie,

—Oes gaillards là tirent juste, dit-il, tellement juste qu'ils me donnent l’envie de faire une petite expérience.

Oe disant, il fit le tour de l'arbre, s’exposant ainsi au: fou des rebelles, Il avait rémarqué que, du côté opposé de la route, les rebelles n'avaient plus qu'un seul fusil chargé, et il regardait attentivement le bout du canon de ce fusil. Au moment où il vit l'éclair jaillir, il ft ua bond prodigieux, à gauche, Il avait à peine sauté qu'une balle frappait l'arbre juste vis-à-vis l'endroit ou se trou= vait sa poitrine, l'instant d’auparavant,

Duroc avait saisi le moment où le rebelle s'était avancé l'épaule, et avait tiré dans l'espoir d'atteindre le rebelle avant que ce dernier put faire fou, Les deux coups étaient partis ensemble mais la balle de Léon avait atteint son but, Le rebelle était tombé à la renverse et ne remuait plus.

—Mes prévisions se sont réalisées, dit Eugène, dès qu'il eût repris sa place derrière son arbre. La lumière voyage plus vite que le son ; tout le monde sait cela, Mais moi, j'étais à peu près certain qu'elle voyage plus vite que la balle d’une carabine. J'ai vu sortir la flamme, et j'ai ou juste le temps de me gaxcr,

—Elle est belle, ton expérience, dit Léon, tu m'as fai! tuer un homme,

Ne voilà-til pas que tu vas prendre le devil à cause de la mort prématurée de ce rebelle qui ne nous était Pourtant pas très sympathique ? Tu es ici pout tuer des hommes, mon garçon, il faut en prendre ton parti,

—Æh bien, oui, je regrette la mort de cet homme, parce que, sans ton imprudence, je n'aurais pas été obligé de le tuer pour te sauver, Pourquoi t’exposer ainsi ?

— Allons donc ! tu vois bien que je ne me suis pas exposé. C'est égal je te remercie de t’être rendu coupable d’un homicide d’antant plus justifiable qu'il a été Commis dans la louable intention de conserver ma précieuse santé. J'ai envie de crier, à feu M, le rebelle de considérer ta balle comme non avenue,

On échangea encore quelques coups de feu, mais sans résultat et, le soir venu, on quitta ce poste pour rotourner à la réserve du bataillon,

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XXII—Bararzie pe Corv HARBOR,

On était au 3 juin, Les retranchements commencés par. la ligne avancée n'étaient terminés que’sur certains points isolés. Les rebelles avaient ouvert le feu avec un redoublement de fureur, Dans le cours de l'après-midi, la quatrième division du cinquième corps d'armée, commandée par le général Bartlett, fut enfoncée et rejetée eù arrière au delà de la seconde ligne de retranchement.

Le combat, qui était devenu très vif, durait depuis deux heures, et la réserve du 14ème, sur laquelle l’ennemi tirait sans le voir, n'avait pas encore brûlé une seule amorce. N'ayant pas eu à subir d'assaut, elle attendait des ordres pour se replier en arrière, A gauche, la ligne principale ayant fléchi sous l'attaque des rebelles, on avait dû exécuter un changement de front. A en juger par le bruit de 1a fwillade, on se battait maintenant en arrière de l'endroit où se trouvait la réserve du 14ème. De fait, cette réserve se trouvait à peu près entourée par

. l’ennemi et isolée de la deuxième ligne de retranchement

sur laquelle elle eut dû se replier, Le gros de l'attaque avait porté sur la division Bartlett Les confédérés qui se trouvaient immédiatement en avant du centre du 14. ème, n'avaient probablement pas reçu l’ordre d’avancer et continuaient à tirer au juger. Le capitaine MeGib. bon, commandant du bataillon, comprit qu'il était temps de déguerpir, et assemblant les hommes autour de lui, à jour dits

—J’ai besoin de trente du drapeau ; le reste de la

qui veulent a000mpa— gs rent spontanément,

—Réserve, garde à vous! Du centre, déployez!

Oe qui restait de la réserve 80 déploya au pas de cour. 8e,

Les trente hommes qui accompagnafent le drapeau, au nombre desquels se trouvaient nos deux héros, se mirent en marche par file à droite, Le Capitaine MoGibbon, et Un jeune sous-lieutenant marchant en tête, suivis immédiatement du sergent porte-drapeau, Le commandant s’adressant à ce dernier, lui dit :

—J'espère bien que nous ne serons pas arrêtés en rou: te, mais si cela arrivait, ne vous inquiétez pas de moi. Si j'avais mon cheval, je risquerais d'essuyer le fou de l’ennemi pour me sauver car je ne tiens Pas à retourner dans les prisons du sud, d’où je suis sorti sans permission, mais je suis blossé à la jambe et il m'est impossible de courir. Si nous sommes interpellés par les rebelles, ne vous {nquiétes pas de moi. Sauvez le drapce...

—Malheureusement, je souffre aussi d’une ancienne blessure à la jambe, dit le sergent, et je ne suis pas agsez alerte pour leur brûler la politesse,

—Qu'à cela ne tienne, dit Léon, qui marchait À côté de lui, donnez-moi le drapeau et je m'en charge.

—Je vous le donnerai si nous sommes arrêtés, De cette fagon ce sera vers moi qu'on s'avencers Pour s'en

r la garde yer et se Ne tirez

8000Mpa—

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