XXIV - DEUX PRÉDICTIONS
La ligne de tirailleurs s'était approchée de la lisière —
du bois, mais sans se montrer aux rebelles qui langaient toujours des balles et des obus dans la forêt, tuant et blessant un grand nombre de soldats. À droite, dans le prolongement de la ligne, se trouvait le 2ème corps d’armée, qui, dès la veille, s'était retranché pendant la nuit en dehors du bois. Au delà du 2ème corps, toujours à droite, la ligne d'investissement s'étendait à perte de vue. Le 5ème corps d'armée s'était, comme nous l'avons vu, couvert en arrivant d’une ligne de tirs”leurs qui, déployée dans le bois, attendait que la nuit fut venue pour se construire des rifle pits, espèce d’épaulements en forme de croissant, à quelque distance dans la clairière. On avait permis aux tirailleurs de circuler et, de se réunir par groupes de quatre ou cinq, tout en les avertissant de se tenir prêts a réprendre leurs places et leurs distances au premier signal. Léon et Eugène se rencontrèrent ensemble et ce dernier raconta ce qui lui était arrivé.
—J'ai bien peur d'avoir tué cet homme, dit il, et je regrette beaucoup ce qui est arrivé. J'ai dû me défendre, mais Dieu sait que je n'avais pas l'intention de le tuer
__Bah! il en reviendra. Ce n'est pas pour quelques misérables coups de erosses de fusil regus sur son crâne