‹ Un Revenant [microforme]Chapitre 19 sur 74 · PRIRENT · texte numérisé non relu

PRIRENT

épais, que ton Irlandais te fera la bêtise de s'en retouruer ad patres.

, On causa des absents, sans oublier les absentes, Léon était tout à fait découragé en songeant qu'il n'avait pas encore reçu de réponse de Louise. Il y avait plus d’un mois qu’il avait écrit. L’avait-elle done déja oubliée Mais non, c'était impossible ! Elle avait pu montrer sa lettre à M. Latour et ce dernier n'avait peut-être pas ajouté foi au récit qu’elle contenait. Ce récit, passablement incomplet, pouvait paraître invraisemblable aux yeux du marchand qui, désireux de trouver un prétexte pour rompre avec Duroc, était tout disposé à devenir soupçonneux à son endroit.

—Dans tous les cas, disait Léon à Eugène, je m'en tiens à ma première lettre, Je comprends que M. La. tour ait pu me retirer sa sympathie depuis mon départ, wais elle f Je ne la reconnais plus là: Elle me connait trop pour douter de ma parole. Et je ne m'imposerai pas l'humiliation de me justifier auprès d'elle, quand ma

‘conduite a été celle d’un homme d'honneur, Si elle m'a

déjà oublié, je sens que je l’aïmerai toujours, mais j’aurai asses de fierté pour ne pas l'importuner en me rappelant à son souvenir.

—Allons-donc, tu es d’une impatience! Sa lettre n’a probablement pas eu le temps de te parvenir.

—Inutile de chercher à m’abuser sur ce point, Tu as écrit à tes parents en même temps que moi et tu as reçu une réponse au camp de harley City, il y a huit jours, Non. Il est évident qu’on ne veut pas m'écrire, Je n'ai pent-être que peu de jours à vivre, Ça wa ehaufler pro-

stour-

Léon Ît pas d’un bliée ?

rer sa eo pas sable-

épart, nnait oser ai \1d ma le m'a

j'au-

'appe-

chaînement, Le fait ot que gs chauffe passablement à l'heure qu'il est. Seulement tout la plaisir esb pour les susdistes. C'est égal ajouta-t-il avec un sourire forcé, s'eut été pour moi une grande consolation que de recevoir une fois, avant de mourir, l'assurance qu'elle m'a couservé SON amour. ‘hi — Allons, chasse ces idées sombres. Ta Louise t'aime. | Ta vivrus, tu la reverras eb tu l'épouseras, c'est moi qui te le dis, —Pulre-tu devenir prophètef —J'ai Lvis le bon chemin pour le devente. No n'es prophèie en son pays et il me semble que nous 60m mes pastablement éloignés du sol natal —Je dois avouer que el tu continues aux.c0 ton 06 në seront pas tes prophéties qu'on désignera jamals sous le nom de lamentations. À mon tour, je vais te faire plalair. Jo suis aussi étranger que tol ol, et par conséquent aussi prophète que tu puisse l'être. Æh bien { moi, je te prédis que ju ne serviras jamais dans l’armée f mais qu’en revanche tu épouseras Hélène.

Tu voux te moquer de moi. :

-Nollement; je suis sérieux. Tu as beau te défendre, dire que tu n’espère pas la revoir, former mille projets tous plus irréalisables les uns que les autres, vouloir entrer dans l'armée française, cela ne t’empêche pas ñe mêler son souvenir à tes plans d'avenir, Interroge bin tes pensées les plus secrètes, tes rêves les plus chers, ei dis-moi sl, à travers les fumées de la gloire, les trophées d'armes, lea nabits bleus, les pantalons garance,les épau- Jettes à torsade d’or, ls croix d'honneur et out. le .trem-

‘blement, dis-mot, si tu n'aperçois pas toujours la figure souriante d'Hélène. Et je suis certain qu'elle-même, elle | Songe à toi. Entre nous, toute fiancée qu'elle soit, elle ,ne semble pas beaucoup aimer son Alfred, et elle n'est Pas femme à se marier sans aimer, d'après ce que j'ai pu voir, Tu lui as donné dans l'œil, Elle t'a rendu le même service, si service il y a. Entre vous deux, il existe une loi d'attraction qui vous fera graviter dans le môme orbite, Oet almant irrésistible vous attire fatalement l'un vers l’autre ot vous subirez son influence en dépit des obstacles qui se dresseront sur votre route,

—Ta théorie est magnifique et je voudrais y croire Pour ce qui me concerne, Je n'éprouve aucune dificulté à l’admettre en l'appliquant à Louise et à toi, Mais comment se fait-il que tu voies tout en rose pour moi, lorsque les idées les plus noires hantent ton cerveau relativement à Louise et à toi même? Pourtant, tu avoueras bien que tu es beaucoup plus avancé que moi qui ne sais même pas si je suis aimé. ”

—Je ne sais à quoi cela tlent, mais j'ai comme le Pressentiment d'un malheur,

—EÆh bien, chasse-le !

—Je vais tâcher pour te faire plaisir, à

—0'est bien, parlons d’autres choses. À propos, pourquoi dis-tu que je ne servirai jamais la France? Tu sais bien que j'y tiens avant tout,

—Je dis cela parce que ton désir de mettre ta vail: lante épée au service de Napoléon III t'a déjà joué plus d’un mauvais tour, et parce que je crains qu'il no t'en

joue encore d’autres. Si j'ai un conseil à te donner c'est

ee 94 Et Et D bu à M eo ©,

ee. ee ee

LS

Page 1