JN REVENANT
En effet, la prétendue révélation quo Madame Latour avait faite sur le compte de Duroc avait ouvert les yeux à M. Latour sur le caractère de celle qu'il adorait sans la connaître, Il était devenu jaloux et s'était mis à surveiller son intéressante moitié. Il n’en fallait pas plus pour lüi faire acquérir la certitude d’un fait qui n’étaitun secret pour personne mais que sa confiance aveugle lui avait jusque-là empêché de découvrir, savoir: que Mme Latour était aussi coquette qu'elle était sotta, ce qui n'était pas peu dire.
M. Latour pleurait ses illusions envolées, Le réveil d'un beau rêve est toujours pénible, même lorsqu'on est encore à cet âge où l'avenir apparaît sous les couleurs les plus riantes, où l’on est tellement riche d'illusions qu'entre le songe qui fuit et celui qui se présente on n’a presque pas le temps de se désoler, Mais M. Latour avait dépassé cette époque de la vie où le souvenir des déceptions disparaît, sans cessse effacé par l'espoir toujours renaissant. Son malheur élait irréparable. Il avait cru aimer une femme de cœur, d’inteiKgence et de caraetère ; il s'était follement épris d’une femme absolument âé-
pourvue de ces qualités. S’être ainsi trompé à son âge,
lui qui se piquait de connaître le cœur humain ! À quoi donc lui avait servi son expérience, puisqu'il ne s'était pas même aperçu à temps que Mme Latour No 2 l'avait épousé par intérêt ?
11 s'en voulait à lui-même de son manque de persplcacité. Il se sentait froissé dans sa vanité en songeant qu’il avait été la dupe d’une femme qui, pourtant, lui était de beaucoup inférieure sous le rapport de l'intelli=
DE Te CU
gence, des talents et de l'expérience. 11 savalt bien que,
‘ jusque-là, ellé s'en était tenue aux minauderies, mais il
se disait que cet empressement à rechercher les hommages des autres hommes n’augurait rien de bon pour l'honneur de son nom. Sans cesse obsédé par cette pensée, il devint morose, taciturne et bourru, sans s'en apercevoir,
Madame Latour qui ne l'avait jamais aîmé, mais qui lui avait pardonné volontiers son titre de mari, tant qu'il en avait été aux petits soins avec elle, finit par le dé tester cordialement, Pour le coup elle se trouva malheu. reuse, et résolut de chercher des consolations en dehors de sa famille, au lieu de s'attacher à regagner la confiance de son mari, confiance qu’elle avait perdue par 53 faute. Elle ignorait, la malheureuse, que l'amour dans le devoir, l'affection d’un homme de cœur qui l’adorait de.
puis de longues années, et qui ne demandait pas mieux que de lui rester attaché, étaient de beaucoup préférable au caprice passager qu'elle pourrait inspirer à un Jibertin, qui ne verrait en elle qu’une femme perdue et ne pourrait s'empêcher de la mépriser après l'avoir flétrie, et déshonorée.
Complètement dépourvue des qualités du cœur et de l'esprit, elle ne se doutait pas de l'empire que ces qualités exercent, et n'aurait jamais pu comprendre qu'elles seules peuvent inspirer un amour profond ét durable. Elle voulait être adorée pour sa beauté seulement, Or, quelle que soit la beauté physique d’une femme, si la charmante enveloppe ne recouvre. pas une belle âme, un cœur noble, elle ne saurait inspirer autre chose qu'un caprice
bien que, s, Mais i) | hommabon pour otte penen aper-
mais qui tant qu'il r le dé , malheua dehors y, confian- > par Sa ir dans le orait de.
sg mieux référable in Jibcrue eb ne flétrie, et
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In Cœur caprice
passager, qui n'est pas de l'amour mais tout simplement une espèce de vertige des sens,
M. Latour l'avait aimée d'un.amour passionné, tant qu’il l'avait cru douée des qualités du cœur et de l'esprit qui lui faisaient complètemgnt défaut. Ou plutôt ce n'était pas elle qu'il avait aimée ; c'était un être imaginaire qu'il s’était plu à incarner en elle. Le voile était déchir6 ; l'illusion étaït envolée et les yeux désilllés du malheureux marchand voyaient une grue là où, depuis de longues années, ils avaient eu l'habitude de voir un être réunissant toutes les perfections possibles.
Avec £a perspicacité ordinaire, Louise devinait ce qui se passait dans le cœar des deux époux. Elle en souffrait en silence, sachant bien qu'il lui serait impossible de rendre à son père ses illusions perdues, Elle feignait de le croire heureux pour ne pas ajouter à la douleur qu’il ressentait déjà, celle de voir sa fille malbeureureuse à cause de lui. Ainsi, cette maison où naguère encore régnait la paix, le contentement et le bonheur, était maintenant habitée par trois êtres qui, pour des causes bien différentes, regrettaient le passé et n'avaient plus aucun espoir en l'avenir.
Bagoulard, grâce à son talent oratoire passait déjà pour un crimiualiste distingué. Il cultivait l'éloquenco, écrivait ses discours, les apprenait par cœur, de façon à pouvoir, en les prononçant, se livrer à l'improvisation à un moment donné, puis reprendre le fil du discours écrit
après avoir débité une tirade improvisée. S'il avait à défendre une cause importante, il ehargcait Bohémier et quelques autres de ses amis, du soin de feuilleter le code
[et de lui fournir des arguments qu'il savait développer avec un talent hors ligne,
C'était réellement un génie que ce Bagoulard, Il ge sentait appelé à commander. Il était convainou de sa supériorité. Il comptait sue elle pour arriver, ce qui n'é |sit pas un mal, au contraire, Il eut dû y compter enco-
plus, compter uniquement sur elle et sur la droiture. | Au lieu de cela, 11 avait le tort de croire que ses talents [seuls ne le conduiraïënt à rien ot que la la duplicité était la clé du succès, Il avait tout ce qu'il fallait pour combattre les préjugés ; il préféra les flatter. Tribun de pre-
“mière catégorie, ses succès de Bustings le grisaient ; il .8e promettait bien d’érriver au pouvoir et d'accomplir de grandes choses. Seulement, il oubliait que, s’il com. mençait par suivre l'ornière de la routine, une fois arrivé; il serait forcément entraîné à patauger dans les sentiers battus. Celui qui aspire à gouverner, devrait, ce nous semble avoir l'intention de faire mieux que ses devanciers.
—Les autres sont arrivés per l'intrigue, j'arriverai per l'intrigue, se disait Bagoulard,
Peut être ignorait-il alors que cela équivalait à dire :
“ Les autres ge maintiennent par l'intrigue, je me maintiendrai par l'intrigue une fois arrivé. Il ne se doutait pas que la voie droite est la meilleure pour arriver lorsqu'on est doué comme il l'était d’un talent supérieur, Un homme honnête comme doivent l'être tous ceux qui aspirent à’gouvernef, ne doit pas'tenir au pouvoir pour le pouvoir lui-même, I doit y tenir pour effectuer les réfor.
développer
1rd. Il 6e cu de sa Je qui n'é \pter enco- , droiture.
es talents licité était pour comun de presaient ; 1l ’accomplir sil com.
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e, je me 16 se douir arriver supérieur,
ceux qui ir pour le les réfor-
* dans Ja politique, neuf fois sur dix, eut-il d’ailleurs tou-
mes qui lui paraissent nécessaires, et l'abandonner plutôt de transiger avec son devoir.
Dans notre pays, c'est la basoche qui gouverne. Or, qui dit avocat, dit exploiteur de misères, d’injustices et de préjugés. Si ces trois choses n’existaient pas, il n'y aurait pas d'avocats, Les avocats, qui sont beaucoup trop nombreux pour leur malheur et pour le nôtre, ont intérêt à ce que tout cela se mukiplis en raison directe de
Jeur nombre, Ils ont tellement l'habitude de rançonner
le malheureux plaideur, qu'ils n’éprouvent aucun scrupule à rançonner le public. Habiäés à l'astuce, à l’intrigue et aux joûtes oratoires, il n’est pas étonnant'qu'ils aient tous une tendance très-prononcée pour la politique qui vit de tout cela, Presque tous aspirent à devenir au moins députés, un trop grand nombre réussissent et les plus retors d’entre eux deviennent ministres, puis juges. C'est le suprême de l'ambition. La conséquence de cet état de choses est que nos lois, sans cesse modifiées, amendées et suramendées, deviennent un véritable fatras, un vrai sac à procès et, si nous y perdons, la basoche en profite,
En faisant sa cléricature, l'avocat étudie l'art de trom per, soit au moyen de la parole en s'efforçant de faire paraître bonnes des causes qu'il sait êtra mauvaises, soit par interprétation des lois, ou par la rédaction des documents, Ainsi préparé, il ne croit plus qu’à la ruse et à l’habileté, Celui qui agit aveo franchise, sans arrière pensée, est à ses yeux un naïf de la plus belle eau,
On lui a moulé lecaractère de telle fagon que, s'il entre
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tes les aptitudes qui font l’homme d'état, il ne sera jamais qu'un politicien rusé dont l’habileté sera beaucoup plus préjudiciable qu’utile à ses commettants.
Comme tous les autres collégiens, Bagoulard en ter mi. nant ses études, s'était promis de ne pas mourir sans avoir donné des lois à son pays. Fouguoux par tempérament, il devint bientôt l’un des libertins les plus cyniques de Montréal, ce qui n’est pas peu dire. jCurieuse
manière de se recommander à la confianco d’un public passablement collet-monté. Ses premiers succès oratoires furent remportés dans les bouges qu'il fréquentait, et où il aimait à aller éblouir des charmes ds son éloquence les sirères du quart de monde, dont il était devenu la coqueluche, Il ne faisait pas mystère de ses déportements et sa renommée de libertin était aussi éclatante que 6a réputation d’orateur,
Lorsqu'il avait un criminel à défendre, il ge lovait, rejetuit en arrière, d’un coup de tête, la mêche de cheveux qui lui battait sur le front, commençait d’un ton calme, mesuré, s'animait peu à peu, gesticulait, branlait la tête et faisait exécuter à la fameuse mêche une danse des plus fantastiques. Il entreprenait les jurés un par un, fixant sur l’un d'entre eux s0n regard fascinateur, et semblant s'adresser à lui seul: il ne l’aandonnait pas qu’il ne l’eut fait pleurer, puis {l passait à un autre qu’il
. magnétisait de la même manière.
Versi'époque où se passaient les évènements que nous avons entrepris de raconter, Pingreville fut le théâtre d'un procès qui eut beaucoup de retentissement. Bagou-
lard était chargé de défendre l'accusé, un meurtrier qui
sera ja— x beau- CA
ter miir sans tempés cyni- Jurieuse . publie oratointait, ot sloquenevenu la rtoments que sa
à lovait, de che- ’un ton branlait ne danse
un par ateur, et inait pas utre qu'il
que nous e théâtre . Bagoutrier qui
n'en fut pes moins condamné et exécuté, mais qui fut défendu d’une façon si éloquente que le juge, craignant une émeute parmi la foule qui encombrait le Palais de Justice, ordonna à l’éloquent défenseur de se taire. Fort de son droit, celui-ci continua. Ceux qui ont été témoins de ce spectacle assurent qu’ils n’ont jamais rien entendu qui puisse se comparer à l’éloquence que Bagoulard déploya en cette circonstance,
Le crépuscule commençait à envahir la salle du Palais de Justice, et Bagoulard parlait toujours. La foule était animée d’un enthousiasme qui tenait du délire, et en dépit des huissiers, elle applaudissait à outrance, Le juge ordonna d'évacuer la salle, et il y aurait eu bagarre sans la présence d’esprit de quelques assistants qui pri. rent l’avocat sur leurs épaules en lui criant de continuer, et le sortirent suivis par la foule enthousiasmée. Le dis cours ne fut pas interrompu, mais se continua en dehors du Palais de Justice, et dura encore une heure et demie,
Bohémier, après le départ de Brindamour, se livra exclusivement à l'exploitation de son bonhomme d’oncle qui jurait bien un peu, mais qui en fin de compte, payait toujours les pots cassés par le bohème incorrigible que le Ciel lui avait donné pour neveu,
ZXXXVII—DEVANT PETERSDURA.
Retournons aux lignes d'investissement de Petersburg, où nous avons laissé Eugène Leduc va proie à la douleur que lui avait causé la nouvelle de la mort de Duroc. Après avoir passé quelque temps dans les tranchées, la brigade régulière, décimée par un mois et demi de combats presque continuels, avait été relevée et envoyée à un quart de mille en arrière pour faire partie de la réserve. Un camp de brigade fut établi hors de portée des obus. On traça des rues droites et larges de 150 pieds, op déblaya le terrain, et chaque régiment dressa ses tentes sur deux ou trois rangs le long de ces avenues. Le quartier général de brigade, on l'était major du brigadier général, fut installé à quelque distance plus loin dans le prolongement des rues. Les officiers avaient fait dresser pour leur propre usage, d'immenses tentes dites marquises, qu'on avait plantées en travers de l'extrémité des rues les plus rapprochées de l’ennnemi.
De jeunes arbres coupés dans un bois voisin entouraient et recouvraient les tentes d’une espèce de charpente verdoyante, et diminuaient l'ardear des rayons du soleil On les renouvelait à mesure que les fouilles ge desséchaient trop. La vie du Camp eut été assez agréable pour les soldats, si l’on n'avait trouvé moyen de les tenir constamment occupés et de leur laisser à peine le temps de dormir, On avait recommencé à fourbir les armes et
otorsburg, à la doude Duroc.
nchées, la i de comnvoyée à
e la réser.
ortée des 50 pieds, a ses tennues, Le du brigaplus loin raient fait tes dites extrémité
in entoude charayons du suilles se z agréable e les tenir le temps armes et
à astiquer le fourniment, comme si l’on eut été en garnison, et les gardes, les corvées, les manœuvres de bataillon, se succédaient sans interruption. T1 arrivait souvent qu'a près avoir monté la garde la veille et avoir fait, pendant . vingt-quatre heures, deux heures de faction sur six, le soldat, rélevé de garde à neuf heures du matin, était obligé de partir le midi pour aller travailler aux tranchées sous le feu de l'ennemi.
Celui qui n’a pas vu les travaux de siége exécutés en face de Petersburg et de Richmond ne saurait se faire une idée exacte de leur collosale étendue. L'armée de la James, commandée par le fameux Ben Butler, venait de s'établir à droite à l’armée du Potomac, complétant la ligne d'investissement qui entourait à demi les deux villes de Petersburg et de Richmond, et avait la forme d’un immense croissant. Ce demi-cercle de fer et de feu, se à resserrait petit à petit et devait, le printemps suivant, avec l’aide de 1 armée de Sherman, venus de l'ouest pour fermer toute issue au général Lee, achever cer la vaillante armée sudiste.
Maintenant, si l’on ccnsidère que la distance it Petersburg et Richmond est de vingt deux milles, al | |
comprendra ce qu'il fallait d'hommes pour une ligne aussi longue. En tenant compte de la courbe, la ligne devait avoir au moins trentre milles de longueur. Or, ‘pour border une ligne continue de remparts occupant cette distance, il faut à peu près 150,000 hommes sans compter le rang surnuméraire, en les plagant sur deux rangs, comme cela se fait toujours en ligne. Mais {l y avait en.
core les lignes avancées, les vedettes, les réserves les
trains de munitions et d’approvisionnement, ce qui devait porter le chiffre des deux armées de la James et du Potomao, à bien près de 300,000 hommes y compris les non combattants.
Ces chiffres ne sont pas offolels, raison de plus pour les croire exacts. Lee n avait guère plus de 40,000 hommes et les journaux unionistes tâchaient d’embrouiller les chiffres de façon à ne pas avouer qu'avec une armée sept fois plus nombreuse, Grant n’osait pas ou ne vou- Jait pas prendre les deux villes d'assaut. La ligne priucipale se composait d’une série de forts en terre, solide: ment gabionnés et reliés ensemble par une ligne de remparts. De gros canons de siége avaient été mis en position dans les meurtrières de ces forts. Tous les jours, il en arrivait de nouveaux que l'on plaçait dans les forts nouvellement construits. De lourds wagons couverts de toiles et traînés par huit mules, apportaient des munitions. Pour leur permettre de g'approcher des remparts sans attirer sur eux le feu des rebelles, on pratiquait de nombreuses tranchées, au fond desquelles les fourgons
disparaissaient. On creusait aussi, en arrière des forts, des caveaux destinés à servir de poudrières.
Un long tunnel avait été entrepris par Burnside, qui commandait le neuvième corps d'armée, lequel se trouvait framédiatement à droite du cinquième. La rumeur
circulait dans l’armée que ce tunnel devait servir de con: duit.à une mine destinée à faire sauter l'un des forts de la ligne sudiste, mais, à l'exception de quelques initiés, personne n'était certain du fait.
C'était surtout à ces divers travaux que l'on employ-
mn
ni deet du is les
) pour 0 homouiller armée je voue prin— golide+ e remen posijours, il es forts rerts de ) muniemparts uait de ourgons es forts,
ide, qui se trou- \ rumeur ir de conforts de a initiés,
employ-
ait les hommes de corvée recrutés dans la réserve, On prenait une dizaine de ces derniers dans chaque compagaie, on les réunissait par groupes de deux à trois cents, où leur distribuait à chacun un pic'et une pelle, et on les conduisait sur le théâtre des travaux, où les armes étaient mises en faisceaux, Les hommes disponibles qui avaient échappé à cette première corvée étaient à peu près certain que, le soir venu, il leur faudrait faire partie d'un nouveau détachement de travailleurs qu'on ne man. quait pas de venir chercher, de sorte qu'il était assez Tare qu'un réserviste put passer la nuit dans ga tente. Sans être aussi meurtrières que les batailles rangées, ces expéditions étaient cependant assez dangereuses, D'un commun accord on avait cessé de ge fusiller pour le simple plaisir de brûler des cartouches. .. certains endroits de la ligne, les soldats des avant-postes fédéraux et confédérés, conversaient ensemble en criant d’un rem part à l’autre. Dans d’autres parties de la ligne, c'eut été impossible à cause de la distance ; les vedetttes des deux armées se trouvant séparées par une distance qui variait de 500 verges à trois quarts de mille Vis à-vis les forts, on ne songeait pas à fraterniser, car il semblait que le combat eut dégénéré on'un duel d'artillerie entre les deux armées, Lorsque l'ennemi découvrait un parti de travailleurs, il dirigeait son feu de ce côté, ce qui explique pourquoi on choisissait de préférence la nuit pour faire exécuter les travaux les plus exposés.
L'artillerie des deux côtés était de très-fort calibre pour l'époque. A part les canons rayés, au moyen desquels où ek/xGhait à battre en brêche les fortifications enne-
mies, il y avait les mortiers, où marmites à bombes, plus meurtrières qu'élégantes, dont quelques-unes langaient des projectiles ronds et creu#, pesant 600 livres, ce ‘qui n’est déjà pas si mal pour des projectiles, La trajectoire de ces derniers n'étaient pas directe, On les lançait obliquement dans l'air, de façon à les faire retomber en dedans des fortifications ennemies, où ils éclataient, pourvu que l’artificier eut bien calculé la distance en mettant la fusée destinée à produire l'explosion,
Vue le soir, pendant que'le projectile traversait l’egpace, cette fusée paraissait lumineuse, et permettait de suivre les mouvements de la bombe. On eut ditune boule de feu s’élevant par saccades dans le frmament, Le sifflement de la bombe de 600 livres ressemblait plutôt au bruit de la vapeur d’une locomotive qu'à celui d'un obus. Æugène avait eu l’occasion de les voir et de les entendre de près. Un soir qu'il était de corvée, il faisait son café avant le coucher du soleil, sachant bien qn'on ne lui permettrait pas de faire du feu lorsque la nuié serait venue. Tout à coup, une bombe était arrivée éclatant audessus de sa tête. L'un des éclats avait tué un homme à côté de lui, un autre avait emporté café, chaudière, feu et cembustible, et s'était enfoncé dans la terre aprés avoir couvert de sable les deux ou trois hommes qui se trouvaient autour-du feu, Les hommes coururent à l'abri du rempart. À peine y étaient-ils arrivés qu'une :épouvantable détonation retentit. Une poudrière, située environ cinquante pas, venait de faire explosion, les couvrant d’une nouvelle couche de terre,
Lorsque chaçun se fut frotté les yeux, uno discussion
1bes,
lan— 3, Ce ajec-
lanmber ient, o en
l’egt de bou-
Le lutôt d'un > les isait n'on nuii écla- S un hauterre mes rent une tuée