‹ Un Revenant [microforme]Chapitre 53 sur 74 · DS · texte numérisé non relu

DS

iépouiis

lerle vieil homme avant que d'entrer aux casernes. Après avoir jeté sa défroque dans l’anti-chambre, chaque homme s'étendait daus une baignoire remplie d’eau plutôt chaude que tiède; on l'y laissait trempér pénidant quelque temps puis On le savonnait ét on le brossait d'importance ; lorsqu'on l'avait bien écuré, il passait dans une autre salle où il recevait du linge et un uniforme neuf ; on le Tâchait ensuite en lui recommandant

de se faire couper les cheveux et la barbe.

Ces salles de bains étaient à une distance assez considérable du camp proprement dit, et les nouveaux arrie rés étaient conduits en voitures aux casernes, On les plagait sous les soins de médecins qui les mettaient à la diète et leur donnaient les remèdes dont ils avaient besoin, car presque tous revenaient avec le scorbut eb les fièvres trembiantes.

Le soldat qui sortait des prisons du sud avait droit à deux mois de paie, plus une pension de $7 par mois, pour chaque mois qu'il avait passé en captivité, On lui accordait en outre un congé de trente jours, dès qu'il était assez rétabli pour pouvoir voyager sans danger. En arrivant, Eugène avait donné son véritable nom, et il comptait bien obtenir son congé et l'utiliser pour retour“ ner au Canads avant qu'on put recevoiz des nouvelles sur ses antécédents. Quinze jours après son arrivée, il était assez fort pour circuler sans trop de fatigue. 11 engraissait, mais il était toujours pâle. Trois semaines après, il obtenait son congé, touchait six mois de pension et deux mois de solde et partait pour les Etats de l'Est

yee l'intention bien arrêtée de 86 rendre au Canada,

816 UN REVENAN'Y

Il prit le convoi à Annapolis en compagvie d’un autre soldat du Camp-Parole qui s'en allait en congé. Ce dernier était un homme de trente cinq ans, un écossais, ancien matelot qui avait voyagé dans toutes les parties du monde. On lis connaissance, et il proposa à Æuyène de s'engager avec lwi'dans la marine, IL connaissait à New-York un ancien marin qui n'hésiterait pas, croyaitil, à leur procurer à tous deux les moyens de changer de costume .et de s'engager comme marins. Eugène eucsentit à cet arrangement. On arriva de nuit à New York, on descendit chez l’homme dont l’Ecossais avait parlé, lequel tenait une maison de pension pour les marins dans la rue Hamilton, et le lendemaiu, les deux soldats avaient revêtu l’habit bou: geois,

De.“

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