‹ Un Revenant [microforme]Chapitre 57 sur 74 · RES · texte numérisé non relu

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dans la chair assez profondément pour y laisser une marque indélébile, Après l’exécution, les condamnés devaient être ramenés à la prison oû l’on devait leur mettre des fers munis d’une chaine de six pieds au bout de laquelle devait être attaché un boulet de trente livres. Ainsi entravés ils devaient faire deux mois de prison militaire aux travaux forcés, Au bout de deux mois on devait leur raser les cheveux, leur donner un congé déshonorant et les chasser du service au son du tambour, L'effectif de la garnison était disposé de façon à for= mer trois côtés d’un carré. Le côté qui restait ouvert était occupé par les canons d’une batterie de campagne et par l'état major en face duquel se trouvaient les prisonniers et leur escorte, A mesure qu'un condamné. était appelé, il marchait en avant à une certaine distance, ôtait son Képi, restait immobile pendant qu'on lui lisait sa sentence, puis se rocoiffait et reprenait sa place dans le rang. À part les onze déserteurs dont nots venons de parler, plusieurs autres avaient été condamnés à des

peines qui variaient entre six mois de chaîne et de bou-

let aux travaux forcés avec confiscation de solde pendant le même temps, et cinq années de travaux forcés, confiscation de solde et congé déshonorant.

Cette dernière sentence s’appliquait à un tout jeune homme nouvellement engagé pour cinq ans ob qui, étant de garde, s'était laissé corrompre par un déserteur. Il avait regu $500,00 de ce dernier pour Le laisser sortir de prison, mais on lui avait enlevé l'argent.

Lorsqu'on eut fini de lire ces sentences, ler exécutians commencèrent. On étendait le patient le dos sur un des

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canons, les bras et les jambes solidement garottés autour de la pièce d’artillerie; le bourreau prenait dans un réchaud le fer portant h lettre D rougie à blanc et l’ap. pliquait sur la joue du condamné, On voyait fumer les chairs ; on les entendait gémir sons l’action du feu et et le tour était fait. On détachait le malheureux; le chirurgien examinait sa joue qu'il enveloppait avec une espèce d'onguent et l’on passait à un autre. (Ue spectacle était énervant au possible, et Eugène était très pénibliment impressionné lorsqu'on le ramena au magazine en compagnie de ces pauvres mutilés dont plusieurs juraient leurs grands dieux qu'ils auraient préféré être fusillés.

La veille de l'exécution, les condamnés qui savaient probablement à quoi s’en tenir sur le sort qui les attendait, avaient formé le projet de faire venir le caporal de la garde sous un prétexte queloonque, de profiter de l’instant où il entrebaîllerait la porte pour l’assommer avec un . boulet, se ruer ensuite sur le factionnaire et gagner la Thames, où un bateau devait les attendre, grâce aux mesures prises par l’homme aux dix neuf enxôlements, mais le caporal de garde ne voulut jamais consentir à ouvrir la poïte et se borna à leur dire par la grille qu'il se doutait un pou de leurs bonnes intentions à son égard,

Il y avait à peu près trois semaines que Leduc était .… prisonnier au Fort Trumbull, et il commençait à se dire

. qu'on pourrait bion le retenir prisonnier jusqu'à ce qu'il eut prouvé qu'il ne se nommait pas Leduo, Il comprit

Qué le moyen de mettre les autorités dans l'impossibilité de jui faire subir un Conseil de guerre était de se récis-

mer de sa qualité de Late pi confédéré élargi sur parole. En effet on ne pouvéit lui faire son procès avant qu'il ent été échangé. Il n'avait pas songé à cela plus tôt parcequ’il ignorait cette particularité. Ayant obtenu ce renseignement d’un prisonnier qu'il jugeait être bien informé, il demanda qu'on le conduisit au major Brady commandant du Fort, auquel il tint à peu près le langage suivant :

Vous avez ralson de mo nommer Leduc; je me suis nommé Randall parceoue je craignais !es conséquences de mon arrestation, mais l'on west :rompé en m'arrêtant comme déserteur. J appartiens au Camp- Parole, où l'on m'a donné un congé de trente jours qui n’est pas encore expiré mais que j'ai eu la maladresse de perdre.

—Qu'allies vous faire dans le bureau de recrutement à Brooklyn? demanda l'officier.

Je n'y allais certainement pas pour m'engager dans le 10ème. J'étais entré aves un ami qui s'est enfui dès qu'il a vu qu'on m'arrêtait, Personne ue peut dire que À j'aie demandé à m'eugager. J'avais perdu mon congé et, voyant qu'on mé prenait pour un déserteur, j'ai cru qu'on me rolächerait si je persistais à nier mon nom. Si vous ne me croyez pas, écrivez au, Camp-Parole

ot vous verrez qu'on m’a donné un congé qui devra ex-. pirer dans quelques jours.

trop intelligent pour avoir fait la bévue dont vous vous asus, Dans tous les cas je vais écrire au Camp Parole

GUVUESTE: "2.

et.si tout est en règle on vous renverra à Aunnapolis

Quelques jours après, Eugène partait pour Annapolls soûs la garde d’un caporal Allemand, On lui avait oté son habit bourgeois qu'on avait remplacé par un uniforme neuf, Une paire de bracelets en acier, également neufs complétait l’accoûtrement, mais comme ces bracelets étaient réunis ensemble au moyen d’une chaînetté qui l'empéchait de se tenir dans la position du soldat sans armes, Eugèno considérait cet ornement Comme une supurfétation. Le caporal était armé d’un revolver eb de

l'épée du sous-officier d’infonterie en garnison.

On s'était arrêté à Baltimore, où l’on avait pris le diner au Soldier's Rest, et l'on venait de prendre le train pour faire les 18 ou 20 milles qui séparent Baltimoe d'Anoapolis lorsqu'Eugène prétextant une indisposition se dirigea vers un buen retiro ou l'Allemand, qui jusque-là l'avait trouvé très sage, ne crut pas devoir l'accompagner, |

Une fois seul, Eugène, qui avait les mains très-petites,

commenga à travailler pour se débarrasser des malencontreuses menoites. Il y parvint au bout de deux minutes qui lui paru“ent deux siècles, Le wagon dans lequel il se trouvait était le dernier du convoi et la porte donnant sur le plateforme était voisine de celle de l’appare tement où !il était entré. Rapide comme l'éclair, il franchit successivement les seuils de ces deux portes

Le train lui paraissait aller à une viteuse de 10 milles à

d'heure seulement, El prit son élan et tomba à quatre 7 pattes le long de la voie.

Ji s'était trompé dans son caîeui. Ëe train allait plus

vite qu'il ne l'avait cru, et il lui semble que sa chute lai

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avais un tant soit peu rentré les membres dans lu corps, mais il était sain et sauf et il prit sa course à travers les champs dans ls direction de Baltimere, Il arriva à la ville tout essouflé et:il rencontra une patruille qui lui demanda d’exhiber son sauf-conduit,

Ce sut un coup de foudre, La loi martiale était en vigueur à Baltimore, et un soldat qui n’était pas en devoir ne pouvait cirouler sans être muni d’un sauf con-

ait. Il était en uniforme et il n'avait pas songé à Ceia,

1 était, comme toujours, sorti d’un guépier pour retomber dans un autre. On l’arrêta et, voyant que sa tentative d'évasion avait raté, 11 voulut é-argner des exbarras au caporal Ailemand qui l'avait bien traité. Il dit à coux qui l'avaient arrsté qu'il venait de s'échapper et que son gardien voyunt qu’il était disparu se mettrait sans doute à sa recherche.

En effet, le caporal arriva bientôt, Il n'avait pas vu sauter Eugène mais, s’apercevant que son prisonnier tardait à revenir, 1l était entré dans le, buen retro où il avait trouvé les menottes vides, Alers, il avait fait are rêter le train et l’un des employés lui avait dit qu'il avait vu un soldat sauter à terre quelques mstants auparavant eb so diriger vers la ville. Se doutant bien g%e

+ son prisonnier serait arrété à Baltjmore, il n'avait pas eu de poine à le trouver en s'adressant aux autorités.

Les deux voyageurs prirent le convoi suivant et cette fois, l'Allemard réussit à rendre son prisopuier au Camp

: Parole où on la mit au cachot,

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