‹ Un rhétoriqueur: André de La VigneChapitre 11 sur 78 · C'est-i-Jire à relise · texte numérisé non relu

C'est-i-Jire à relise

2. « Ceux qui connaissent les usages et la vie d’une municipalité au moyen âge ne s'étonneront pas de cette réunion dans une église à propos d’un divertissement.

Ce n’était pas seulement un lieu destiné à la célébration du saint sacrifice ; c’était.

en quelque sorte, le forum où s’assemblait le peuple dans les circonstances solennelles. C’est là que se débattaient les affaires publiques ; c’est là. qu’en présence du clergé et des habitants, les seigneurs venaient donner à la ville ses franchises et

jurer sur les saints évangiles de les respecter et de les défendre. » E. Serrigny,

toc. ci:.

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tcre, luy fut délivré toutes choses à lui nécessaires pour farc les ydolles, secretz et autres choses. Quand ledit jour pour faire les monstres fut venu, on fit crier à son de trompeté que toutes gens ayans parsonnages dudit mistère s’assemblassent à l’eure de mydi en Lombardie 1 chacun acoustré selon son parsonnage. Après lequel cry * fait se rendirent lesditz joueurs au ditlieu, et furent mys en ordre l’un après l’autre, monstre, acoustré, armé et appoincté si très-bien, qu’il estoit impossible de mieulx. Ht est assavoir qu’ilz estoient si grand train que quant Dieu et ses anges sortirent dudit lieu chevaulchant après les autres, les déables estoient desjà pultre la tour de la prison, près la porte de Chantblanc, prenant leur tour par devers chelz Perrcnet de Poutoux, au long du marché aux chcvaulx, venant à la maison Monsieur le Marquis 5 par auprès des murailles, et de là tout le long de la grant rue jusques au lieu que dit est, et n’y avoit de distance de cheval à aultre deux pielz et demy, et se montoyent bien à environ neuf vingts chevaulx. Laditte monstre faicte, chacun pensa de soy et furent baillées les loges le vendredi ensuivant aux joueurs pour les fournir de tapisserie et celles des villes prochaynes de Seurre. Pourquoy le samedi tout le monde par le beau temps qu’il faisoit mist payne d’acoustrer lesditz eschaffaulx. La quelle chose faicte n’estoit en mémoire d'omme d’avoir jamais vu plus beaux cschaflaulx mieulx compassez, acoustrcz en tapisserie ne mieulx proporcionncz qu’ilz estoient. Le lendemain qui fut dymanche matin quant on cuyda aller jouer, la pluye vint si habondamment qu’il ne fut possible de rien faire ; et dura sans cesser depuis trois heures du matin jusques à trois heures (après) le disgner, sans faillir, qui fut chose fort grieve aux joueurs et aux autres. Et de fait, ceux qui estoient venus des villes circunvoisines se délibérèrent d’eulx en aller, quant ils virent ledit temps ainsi changé. Cecy venu à la cognoissance de mondit sieur le maire et

1. Il s’agit, sans doute, de la partie de halle ou du quartier du marché où les marchands lombards se livraient au commerce dos vieux vêtements.

2. Le « cry » ne doi: pas être confondu avec la « monstre ?> ; souvent l’un précédait l’autre de quelques jours ou de plusieurs semaines. Le cri fait, chacun se remettait à la besogne ; puis, à l'époque convenue, les acteurs « s’accoustraient » de leurs costumes et se réunissaient pour la c* monstre »> qu'on peut comparer à ces exhibitions, ;i ces cavalcades dont les grands cirques nomades font aujourd’hui précéder leurs représentations. De nos jours, l’amche a remplacé le cri ; la cavalcade, c’est la montre. >» F. Serrigny, Av. r/ 7 .

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