‹ Un rhétoriqueur: André de La VigneChapitre 17 sur 78 · De travers · texte numérisé non relu

De travers

Original from

UNIVERSITY OF CALIFORNIA

LE MYSTÈRE DE SAINT MARTIN

Contrefoisans les simples et rusées Soubz menu vers letices et jannetes Enveloppées Je bureaux' ou brunctes De Lucifer ne seront relTusécs,

Ces gratis genoppes, flatries et usées,

Vieulx lorpiJons, caroignes et cabas,

Orties guenyppes, ridées et brisées,

Poitrons puans, gaulpes mal advisées,

A tous les deables j’amenray tout la bas.

Cet exposé est accueilli, nous dit le manuscrit, par un grand « brou » d’admiration, de la part des démons, puis, ceux-ci s’étant dispersés avec c cris et burlemens », nous revenons à la vie de Saint Martin.

Le a roy de Barbarie » qui régnait sur la Tartarie, la Syrie, les Gotz, les Magotz, Jes Mores et les Turcs, les « eschavons » et les Sarroz, avait en effet ordonné à ses barons *, à ses chevaliers et à ses soldats de marcher contre l’empereur Julien César; et ceux-ci, impatients de la grande tuerie qui se prépare, ne tardent pas à cerner une des places fortes de l’ennemi. Le a portier » de cette ville, sommé d’ouvrir les portes, oppose à cet ordre un courageux refus. Aussitôt le « Connétable » barbare lance ses troupes à l’assaut. « ley sonne le trompecte et puis il~ donnent Tassault et se défendront ceitlx de dedens tant que les aultres y entrent par sur la muraille, et puis ils prendront aulcuns de ceux de la ville et les aultres senfuyront par Faultreporte derrière ». Sans pitié pour le « maire » qui pourtant les implore, les Barbares l’enchaînent comme les autres prisonniers; quant au « portier » qui, maintenant, regrette son héroïsme passé, on le jette dans un cachot, après toutefois l’avoir fait confesser.

Grisé par cette victoire, le roi de Barbarie s’en prend à

Page 1