‹ Un rhétoriqueur: André de La VigneChapitre 18 sur 78 · Etoffe de bure · texte numérisé non relu

Etoffe de bure

2. Nous voyons, de incir.e, dans le Roman de Troie, de Benoit de Saint-More, le roi Priam convoquer ses tarons et tenir Parlement dans les grandes occasions.

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l’empereur Julien César, mais celui-ci paraît décidé à ne pas capituler :

Ah ! par Mahon ! nous y mettrons remède,

déclare-t-il.Comme après avoir mobilisé ses hommes d’armes, Julien César réunit ses courtisans et leur distribue le donativum, c’est-à-dire des joyaux, des présents et qu’ayant ouvert un coffre rempli d'or, chacun a pille dedans fors Saint Martin », le monarque surpris d’un désintéressement si rare, demande des explications à son nouveau chevalier. C'est que je ne me battrai pas, répond Saint Martin, non par a barboilleric ne lâcheté » mais parce que je suis disciple de Jésus-Christ :

De plus porter escu, espée ou lance Dorénavant m’est mon entencion.

Prou je feray seulement se je pence A la benoiste et digne passion.

Mais l’empereur trouve décidément que Martin est fou à lier :

Qu’il me soit bien jusqu’à demain gardé Et nous verrons sa souplesse jolye.

Sa ! des cordeaux et que tost on le lye !

Martin, Martin ! tu es trop hors du sens.

Le saint est donc remis au « gentil portier » de la prison ; cet acte d’indiscipline cause, d’ailleurs, un grand scandale parmi les chevaliers, qui blâment

De ce Martin la grain oultrccuidance.

Cependant le prisonnier adresse à Dieu, du fond de son cachot, une si fervente prière afin de conjurer les hécatombes qui se préparent, que le roy de Barbarie se disant qu’après tout, il a envahi le pays « sans cause et sans querelle », prend soudain « fantasie » de se retirer et de demander la paix 1 . Cette solution heureuse ouvre enfin les yeux de Julien César

I. Allusion certaine à la paix conclue en 1409, A Chartres, entre Jean sans Peur d’une part et de l’autre Charles VI et les princes d’Orlcnrs.

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LE MYSTERE DE SAINT MARTIN - ql

qui l’attribue sans hésiter \ l'intercession de Saint Martin. Ce dernier est aussitôt remis en liberté avec force excuses, et comme nous dirions aujourd’hui, définitivement rendu à la vie civile.

Nous le retrouvons auprès de Saint Hilaire, évcque de Poitiers ; il lui exprime ses intentions et lui raconte la vision qu’il a eue dans l’hôtellerie d’Amiens :

Chose vous sera dessellée Qui jamais n’yssit de ma bouche,

Mais plus ne sera recelée

Car de trop près le cas me touche.

Or ainsi comme l’on se couche Pour donner repos à nature Ung jour estant dessus ma couche M’advint une grant adventure,

Car Jhus en propre figure S’aparut au lieu ou j’estoyc ' Ayant le drap pour couverture Du manteau que donné j’avoye Et me dist lors que je debvoye Sa foy et sa créance ensuyvre,

Pourquoy j’ay pris vers vous la voye Pour m’enseigner à le bien suivre.

L’évêque de Poitiers lui fait revêtir alors l’habit de clerc, puis sur un avis du ciel, Saint Martin va retrouver ses parents, qu’il aime et respecte, pour tenter de les convertir au christianisme

C’est au cours de ce voyage que des brigands l’assaillirent et faillirent l’assassiner; le fait se produisait assez souvent au xv e siècle, époque où les routes n’étaient pas sûres. Ces brigands portent des noms pittoresques : l’un s’appelle Soul- (Totivrer 1 et l’autre Toulijaiit \ un troisième Courte-Oreille et un quatrième Sote-lroignc. Les auteurs dramatiques du temps usaient très volontiers de ces surnoms caractéristiques.

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