A cher ou, fleuve de l’iinler
Original from
UNIVERSITY OF CALIFORNIA
LE MYSTÈRE DE SAINT MARTIN
Que te fault-il, lupardin appostac,
Puys infernal, dampné, gouflrineux roc, Dcable d’enfer que vault ton villain croc ?
Quant ton parler ne prisons ung patac,
Tu vas hurlant ayant patic patac,
Que malle bosse, malle poisons maultac Et malle grayne te puisse prandre au bric, Ort, vil, villain, puant coquodrillac,
Loux rabissant pour lequel je dys gnac, Que te fault-il, paillart, puant aspic ?
La malle mort, soit de taille ou d’estoc,
Te puisse bref serrer le palletoc, Briqueboilleret broiller en ung lac.
Le feu d'entfer te présente le choc,
Pour te brusler soit en tache ou en bloc, Et boursoufler en charonnveuse bac,
Ou t’emporter soit d’aboc ou d’abac,
Au paludin'sulphureux bulcibac.
Désespéré, superbe porc espic,
Sot plus doubteux que bosse en entrac.
Je viens le cours vers toy faisant trie trac, Que te fault-il, paillart, puant aspic ?
BURGIBUS.
Gresle, tempeste en faisant tic tac tac,
Te puisse prandre d’abac aussi d’aboc, Prince portant de tous tourmens le sac, Orrible monstre, loubineux sennedoc, Dragon pugnais, ort. bazelique coc, Pourquoy bray-tu ? j’aporte mon bissac. Vecy Berith, le seigneur de botissac,
Et Astaroth quy va disant sic, sac, Courans, brouans plustôt qu’on ne dit pic, Soubz ton obscur trémébundeux tillac, Affin qu’enfer ne s’en voisc à basac,
Que te fault-il, paillart. puant aspic ?
BERITH
Prince dampné, scrupuleux coac,
Germe nuuldit, corps d’infernal eschac.
Original from
UNIVERSITY OF CALIFORNIA
UN RHÉTORIQ.UEUR
Insaciable cornu, tigre cstopic,
Bec jaulne infect, téméraire ypodrac Fol enraigé, qu’as-tu mengé ? poac ! poac !
Que te fault-il, paillait, puant aspic ?
En ce qui concerne les rimes, elles sont parfois frai risées, j rat enlisées, conjuguées ou annexées, c’est-à-dire que le dernier mot du vers est répété en tout ou en partie au commencement du vers suivant, soit par équivoque, soit de toute autre manière, comme dans ce passage où le père Saint- Martin dit, en parlant de son fils :
Je veulx qu’il soit rotver et rustre d’armes,
Armes portant pour décorer ses armes ;
Armer le vueil ains qu’il soit peu de temps.
Temps est qu’il soit désormais aux vacarmes,
Carmes, moynes, pour ses rudes alarmes.
Larmoyer face, à cela je prétends ;
Tendre le vueil à noyse et à contens Tant qu’il ait fait plusieurs gens mal contens,
Tant qu’il est en la fleur de jeunesse.
Jeune qui vit entre les esbattants,
Batant, frappant, peu hanter combattans,
Bataillant fort tant qu'il soit en vieillesse *.
L’hiatus est fréquent dans tout le mystère ; enfin, il arrive encore que la rime est batcléc, c’est-à-dire que la finale du vers se répète à la césure du vers suivant. Voici, par exemple, comment se présente l’empereur Julien César :
Je suis, sans pique, Julles César unique,
Très autentique empereur pacificque,
Chief princiflîque par œuvre déifique De Rommanique terrestre récitude ;
Se je m’aplique à venger la réplique
j. De même, J.ms Mitro! :
Metz voile au vent, single vers nous, Charon, Car on t’attend : et i aar.J seras et: tente Tant et plus bois bonum vinum clî.’.rum...
Original from
UNIVERSITY OF CALIFORNIA
LE MYSTÈRE DU SAINT MARTIN
Que Tou m’explique tel que vous desclique N’ai-je pas droit d’y mectre mon estude.
Dans I’ccuvre d’André de la Vigne, ainsi d’ailleurs que dans celles des trouvères, on rencontre presque toujours la césure au quatrième pied pour les décasyllabiqucs. Les ballades à rimes batelées étaient très appréciées ; il y avait cependant mieux encore. Des poètes en composaient, appelées rétrogrades et qui pouvaient indifféremment se lire, tout en présentant un sens complet, soit du commencement à la fin, soit de la fin au commencement. Eustacbe Deschamps en fit une, A la fois, équivoque, rétrograde et léonine avec rimes annexées ou fratrisées. Jehan Meschinot écrivit même un huitain qui pouvait se lire de trente-huit manières. Au temps de Thomas Sibilct les ballades rétrogrades étaient passées de mode pour ceux qui avaient le « nez mouché » ; A. de la Vigne était de ceux-là, aussi n’en donne-t-il pas
Il lui arrivera d’employer, dans une prière, le vers penlasylhibiqne , mesure très rare dans les mystères :
, O digne clémence,
O haulte influence,
O sacrée essence, etc.
(après diner de la deuxième journée)
On constate qu’André de la Vigne termine assez fréquemment le premier hémistiche du vers par un e muet sans élision, bien que cette coupe féminine fut déjà condamnée à cette époque. Il était, en effet, interdit de faire tomber a cest é fémenin en quatrième syllabe au carme héroïque » ; car il est aussi a fascheux à gouverner qu’une femme de laquelle il retient le nom... L’é fémenin se congnoistra, dit Thomas Sibilet ', plus aisément conféré avecques son masle ; car il n’ha que clemy son, et est autrement tant mol et imbe-