LOUIS II POÈTE
Les Poésies de Richard Wagner, publiées à Berlin en 1905, renferment un nombre important de pièces adressées à « l'ami royal ». Ce sont, en général, des remerciements de forme lyrique. De Hohenschwangau, le 18 novembre 1865, est datée une sorte d'élégie intitulée Larmes du Départ. Mais le roi s'essayait, lui aussi, à répondre à Wagner dans la langue des dieux. L'éditeur du recueil a obtenu du prince-régent l'autorisation de publier une de ces poésies. Elle est
intitulée A mon ami et porte la date du 19 septembre 1864. En voici par curiosité quelques parties :
L'art, dans une sombre nuit, depuis longtemps était prisonnier, — à son ciel ne brillait aucune étoile. — L'artiste luttait parmi l'angoisse et les souffrances du doute, — mais le vrai but, hélas ! restait toujours loin de lui. — Alors, le destin voulut que j'entendisse parler de toi — et pour moi quelle joie ce fut ! — Finie la nuit, finies ses terreurs. — Désormais tes amis peuvent compter sur toi.
Une seconde strophe n'est qu'un développement de la première. La troisième dit :
La plus lointaine postérité te remerciera encore — et plus tard des bouches nombreuses diront ton nom en te louant. — Lutte aujourd'hui sans fléchir — et jamais le feu qui t'embrase ne s'éteindra. — Les autres se seront abîmés dans le passé — toi, tu te seras élevé à toi-même un monument éternel. — Jamais ton nom sacré ne cessera de retentir — puisque tu veux lutter avec vaillance pour le sublime.
Comme on le voit, l'inspiration est banale et courte. Louis II n'était pas né poète. Il ne semble d'ailleurs pas qu'il ait multiplié les essais littéraires, et c'est une grande preuve de sagesse qu'il a donnée.