X AVANT-PROPOS
lu un certain Roi Phantasas où il est dit que Louis II se nourrissait « d'yeux de paons et de langues de rossignols ». Voilà ce qu'il faut imaginer pour le lecteur qui ne se contente plus des classiques ortolans...
Avec un roi comme celui-là, la mythologie populaire a beau jeu. Cependant, un Bavarois de bon sens serait bien surpris s'il savait ce que le prince constructeur de châteaux si coûteux est devenu pour nos poètes. Une idéale apparition au milieu d'un siècle de fer, un martyr de l'art, un martyr de la foi, Louis II n'est pas moins que tout cela en quatorze vers d'un sonnet de Verlaine. Quelle couronne l'auteur de Sagesse lui a tressée !
Roi, le seul vrai roi de ce Biècle, Balut, sire, Qui voulûtes mourir vengeant votre raison Des choses de la politique, et du délire De cette Science intruse dans la maison,
De cette Science, assassin de l'Oraison I t du Chant et de l'Art et de toute la Lyre, Et simplement, et plein d'orgueil en Qoraison, Tufttea <Mi mourant, Balut, Roi, bra^
\<iiis lûtes un poète, un Boldat, le seul Roi, En ce siècle où les rois se fonl si peu de cli Et le martyr de la raison selon la Foi.
Salut à voire trè> unique apothéose
Et que votre âme ait son fier cortège, or et fer,
Sur un air magnifique el joyeux de Wagner.