AVANT-PROPOS XI
Cependant, la Norvège aussi s'est intéressée à Louis II et elle n'a pas découvert chez lui moins de merveilles. Biôrnstierne Biôrnson a fait l'aveu qu'il avait longtemps rêvé d'écrire une pièce sur le roi de Bavière, d'être le Shakespeare de cet Hamlet : « Quel magnifique sujet que ce grand esprit qui, fait pour l'idéal, ne comprenant pas le monde et incompris de lui, vécut toujours isolé sur son trône, sans que personne pût l'approcher ! Il fut si bon pour son peuple, cependant !... L'idéale figure de ce prince, sa mort et celle du brave docteur, que tout cela est dramatique, et que je suis tenté de présenter cette vie dans une pièce ! »
Voilà une tragédie qui n'eût pas avancé beaucoup l'état de nos connaissances sur Louis II. Mais M. Gabriel d'Annunzio devait écrire encore dans ses Vierges aux Rochers : « Ce Wittelsbach m'attire par l'immensité de son orgueil et de sa tristesse... Louis de Bavière est vraiment un roi, mais roi de lui-même et de son rêve. » Hélas ! roi de lui-même n'est qu'un mot, un mot lyrique. Et la vérité nous oblige à dire qu'on ne trouve rien de pareil, à l'analyse, dans la vie sans direction, dans les songeries à la dérive, du malheureux héritier des Wittelsbach.
Cette débauche de littérature aura certainement valu aux châteaux du roi de Bavière la visite de plus d'un voyageur séduit. Et la mé-