XII AVANT-PROPOS
moire de Louis II n'aura pas à se plaindre : ce furent souvent des voyageurs de marque. M. Maurice Barrés, par exemple, se donna la peine de faire chez Louis II une promenade idéologique. Seulement M. Maurice Barrés, ayant vu, vit tout de suite juste. Il trouva bien médiocre la sensibilité du roi de Bavière. Il se détourna vite des « fumées de son imagination ». Avec une pitié désenchantée il parla dans ÏEnnemi des lois de « l'âme naïve et trop sensible » du prince solitaire, et le montra succombant à la tâche d'accorder son rêve avec la réalité. M. Maurice Barrés mesura la vanité de cet effort en visitant les fameux châteaux qui en sont les témoins et qui lui parurent dignes d'un banquier parvenu. Toutefois, il voulut faire à Louis II l'aumône de cette formule : « Il ressentit, jusqu'à la démence, la difficulté d'accorder son moi avec le moi général », et il protesta « contre les conditions de la vie réelle ». D'où les amitiés passionnées de Louis II pour certaines grandes individualités — grandes, du moins il les croyait telles. D'où encore son horreur de la foule. Enfin Y Ennemi des lois fut le premier à ruiner la légende du prince artiste, par cette proposition d'une parfaite justesse : « Louis II était un pur idéaliste, nullement un voluptueux d'art. » Un peu plus tard, M. Maurice Pujo, ayant refait le pèlerinage bavarois, dut