AVANT-PROPOS XIII
confesser le même désenchantement. Un jeune écrivain français de 1895, étudiant la Crise morale, croyait devoir observer le cas de Louis IL M. Maurice Pujo fut d'abord froissé par une cruelle absence de sincérité. Et devant le plus somptueux des palais romantiques, il porta ce jugement : « Si Louis II n'était d'abord un faible, on pourrait l'appeler un égoïste. » Comment mieux dire qu'en somme Louis II n'avait pas d'âme? L'un après l'autre, il décevait les psychologues.
Et pourtant le roi de Bavière et sa vie tourmentée n'ont pas cessé de parler à l'imagination des hommes. Ses châteaux reçoivent toujours des visiteurs. Il reste le héros de tout un cycle littéraire. Et il n'a peut-être pas eu si grand tort d'élever des murailles et des palais où se fixe la curiosité. Sinon, sa cousine, la tragique Elisabeth d'Autriche, eût bien pu effacer son souvenir. Comme la sensibilité de l'Impératrice est plus douloureuse et plus profonde que la sienne ! Et quelle rivale pour notre artiste manqué ! Car la royale mélancolie de cette Wittelsbach eut le don de s'exprimer avec art et avec noblesse, tandis que les épanchements de Louis II — on en trouvera plusieurs modèles dans sa bizarre correspondance sentimentale — sont de la bien mauvaise littérature. Son bonheur voulut seulement que des noms illustres, des évé-