‹ Un roman d'amourChapitre 18 sur 20 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

H. DE BALZAC

Les pages qui vont suivre ont leur histoire.

Publiées pour la première fois dans la Gazette de France des 1 1 , 17 et 24 février 1836, elles y font partie d'une série d'Etudes littéraires dont les deux premiers articles sont consacrés à Bossuet, et ne portent pour signature qu'une simple initiale, la lettre N.

Or, le véritable auteur de ce jugement sur Balzac n'est autre que M. Alfred Nettement, dont les importants ouvrages sur la littérature française pendant le règne de Louis-Philippe

I8i UNE ÉrUDE IMPARTIALE (183())

sont connus de tous, et font autorité i)arûii les nombreux documents relatifs à cette période de l'histoire littéraire de la France.

On n'a pas oublié non plus avec quelle malveillance et quelle partiabté Balzac fut altaquô par presque tous les critiques de son temps. Nous l'avons ^'ailleurs déjà rappelé dans ce volume. Aussi ces articles, écrits avec une grande loj'auté, lui causèrent-ils une véritable joie.

Un dernier chapitre, annoncé par l'auteur comme complément de son travail, et consacré à Balzac peintre du cœur de la femme, n'a malheureusement jamais paru.

Malgré les réserves que contient cette étude, réserves toutes naturelles étant donné les oignions accentuées du journal qui la mettait au jour pour la première fois, on y sent percer à chaque hgne l'admiration que le grand écrivain inspire à son juge.

Balzac fut si louché de ce témoignage de sympathie qu'en rendant compte, le 2 juin

UNE ÉTIDE IMPARTIALE (1836) ISri

1836, du procès qu'il venait de gagner contre la Revue de Paris, il s'empressa d'exprimer sa vive gratitude pour la droiture et la sincérité dont, à propos de ses œuvres, son critique avait fait preuve. On sait que le plaidoyer du grand écrivain servit ensuite de préface à la première édition du Lys dans la vallée. Voici ses propres termes :

« ... Toutefois, dans la Gazelle de France, récemment, un homme d'un beau talent, un vigoureux critique, sans déguiser sa pensée sur mes œuvres, les condamnant ou les approuvant à son gré, a pris mon parti contre ces lâches qui viennent effrontément s'asseoir chez moi sans y être jamais entrés, raconter ce qui s'y passe, ce qui s'y fait, y clouer de prétendus tapis, y poser des divans fantastiques, m'habiller des laquais, me vernir des carrosses, après avoir porté le désordre dans mes petites affaires. Critiquer les meubles de Tauteur, pour se dispenser de parler de ses

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livres, est une des faces de la polémique littéraire î Que M. A. N. trouve ici l'expression de ma reconnaissance pour sa politesse. Etc. »

Chose étrange, cette critique sincère, et, malgré ses restrictions, empreinte d'un grand esprit de justice et d'équité relativement à la nature et aux intentions de l'écrivain, cette critique n'a jamais été recueillie en volume. x\ussi, malgré nos scrupules personnels à propos de l'insertion dans notre livre d'une aussi longue citation, avons-nous cru bien faire en cédant au désir de plusieurs fervents balzaciens et en remettant ici sous les yeux du lecteur, — après soixante ans bientôt écoulés, — un si précieux témoignage, écrit avec impartialité pendant la vie même de Balzac. A ce point de vue, il est malheureusement presque unique, jusqu'à la mort du maître, parmi les jugements que ses contemporains ont portés sur lui.

27 avril 1895.

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