‹ Un roman d'amourChapitre 6 sur 20 · Allusion au Péché Vente/, dans les Contes drolatiques · texte numérisé non relu

Allusion au Péché Vente/, dans les Contes drolatiques

comme une fleur du ciel, qui vient chez moi en cachette, n'exige ni correspondance ni soins, et qui dit : « Aime-moi un an, je y> t'aimerai toute ma vie I »

» Ce n'est pas [davantage] à elle, la plus chérie, qui a encore plus de jalousie pour moi qu'une mère n'en a pour son lait qu'elle donne à son enfant I Elle n'aime pas r Étrangère, précisément parce que VÉtrangère paraît être mon fait.

» Enfin, ce n'est pas à elle, qui veut sa ration d'amour journalière, et qui, quoique voluptueuse comme mille chattes, n'est ni gracieuse, ni femme.

» C'était donc à toi, ma bonne sœur, l'ancienne compagne de mes misères et de mes larmes, que j'ai voulu conter ma joie, afin qu'elle meure au fond de ton souvenir.

Hélas 1 je ne puis faire de fatuité avec personne, sauf [à propos de] madame de Castries, que la célébrité n'épouvante pasi Je ne veux jamais causer le plus léger malheur

par mes indiscrétions. Aussi, brûle ma lettre.

» Comme nous serons longtemps sans nous revoir, puisque j'irai sans doute en Normandie*, à Angoulême^ et que je retournerai la voir encore à Genève successivement, il fallait bien t'écrire un mot, te dire que j'étais enfin heureux. J'en suis [joyeux] comme un enfant.

» Mon Dieu, que ce Val de Travers est beau, que le lac de Bienne est ravissant!... C'est là, tu penses bien, que nous avons envoyé le mari s'occuper du déjeuner ; mais nous étions en vue, et, alors, à l'ombre d'un grand chêne, s'est donné le furtif baiser premier de l'amour. Puis, comme notre mari s'achemine vers la soixantaine, j'ai juré d'attendre, et elle de me réserver sa main, son cœurl

» N'est-ce pas gentil d'avoir arraché un

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