PROLOGUE DANS LE CIEL
Dieu! Là-bas, au fond des synagogues, la frénésie dure encore. Une familiarité sans borne remplace la terreur sacrée, qui mettait autrefois entre Israël et son Dieu la distance infranchissable qui sépare la terre du ciel. On prie toujours en agitant le corps en avant et en arrière, et en faisant avec les doigts un bruit joyeux de castagnettes pour s'exciter à l'enthousiasme. Là-bas, dans le Saint Lieu, on célèbre toujours les banquets du Samedi; on y fume, on y boit, on y cause des choses du ciel et de la terre, car c'est bon pour les idolâtres de se sentir gênés dans leurs temples par la présence des idoles dont ils les ont encombrés! Dieu merci, il n'y a point d'idoles dans la maison du Seigneur! L'Éternel, le Dieu des Mondes, habite partout également l'immensité de l'Univers. Sans doute, la sainte Thora est
bien là dans l'armoire, derrière le rideau de velours brodé des deux lions de Juda. Mais David dansait devant l' Arcbe ! Et en quoi la sainte Thora peut-elle être blessée parce que des Juifs à qui Dieu Ta donnée, bavardent près d'elle de leurs affaires? L'Éternel n'a-t-il pas dit : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton iront » en attendant le jour du Messie où les arbres porteront des pains ! En quoi cela peut-il cboquer l'Éternel qu'une fois la prière finie, on prenne un petit verre d'eau-devie où macère une branche de céleri, et qu'on mange un pain d'épices pour accompagner la rasade, puisque le petit verre et le pain valent chacun au Maître du Monde une bénédiction de plus! En quoi la fumée du tabac lui serait-elle moins agréable que celle de la myrrhe et de l'encens? Sï l'on fume dans la synagogue, n'est-ce pas