L'HÉCATOMBE
main de Dieu s'étendait sur Schwarzé Témé, une fois de plus la sainteté du Rabbin Miraculeux produisait ses fruits bienfaisants! Comme autrefois le Seigneur avait substitué un cbevreau à l'innocent Isaac sous le couteau d'Abrabam, de même, dans sa miséricorde, Dieu remplaçait aujourd'hui Tholocauste de ses Juifs par un massacre de chiens! Et joyeusement ils versaient leurs kopeks entre les mains des bourreaux, comme si en acquittant leur dette ils eussent payé le prix du sang et le rachat de leurs vies.
Dans la soirée, Reb Naftali et quelques autres notables se réunirent chez Reb Mosché pour préparer la réception des Cosaques.
Le Comte avait dit qu'il hébergerait les officiers et cinquante soldats. Restait une
centaine d'hommes à la charge de la Communauté Sainte. Seule, la cour du Zadik pouvait contenir une troupe si nombreuse; et dans la cour il n*y avait que deux bâtisses où l'on pût mettre autant d'hommes et de chevaux. L'une était la sainte souka, vaste salle au toit mobile, que le Rabbin Miraculeux, sa famille et ses hôtes innombrables habitaient au moment de la Fête des Tentes, durant cette semaine où la Loi ordonne de vivre, de dormir et de manger en un lieu découvert qui permette de voir au-dessus de sa tête le ciel et ses étoiles. L'autre bâtisse était une maison anciennement construite pour le fils aîné du Rabbin, où l'on hébergeait à présent, dans les jours d'affluence, les pèlerins qui ne trouvaient plus de place ni dans la synagogue, ni dans le bethamidrasch, ni chez les particuliers.