‹ Un saintChapitre 20 sur 52 · V. Cousin · texte numérisé non relu

V. Cousin

dimanche, 3 octobre.

Mon frère commence à aller un peu mieux, sans être bien, et mes craintes ne sont pas entièrement dissipées. Ecrivez-moi bien vite, je vous prie, que vous êtes arrivée et que cette détestable dyssenterie qui se répand partout a cédé au repos et aux besoins de votre famille. Vous êtes trop sûre de mon amitié pour douter que je n'aye besoin d'être rassuré le plus tôt possible. J'attends donc bientôt de bonnes nouvelles .

Si vous étiez venue à la Sorbonne, ma très chère, vous m'auriez trouvé au milieu de mes manuscrits, et occupé à gâter mes articles de la Revue des Deux Mondes en les revoyant pour les mettre en un volume. Je voudrais déjà que ce volume fût fait pour être un peu libre, et pouvoir continuer ces légers travaux, ou m'en aller passer dans le Midi les plus mauvais mois d'hiver. Je vais bientôt mettre sous presse et tacher de faire pour la première fois de ma vie un livre agréable.

J'ai été bien sensible à votre excellente conduite... Je vous en aime et estime davantage. Le nouvel empereur fera-t-il ce qu'avait fait l'autre? Je l'espère. Moi qui ne le servirai pas, je lui rends cette justice qu'il est naturellement généreux, 'même prodigue...

Au revoir, et mille bien tendres amitiés.

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