V. Cousin
27 juin.
Je pars demain pour Londres, et je vous écris aujourd'hui un petit mot pour vous le dire, et vous prier de ne pas venir à Paris avant le 10 août, car je n'y serais pas et je prendrais cela pour un fort mauvais tour. Je fais remettre mon livre à votre portier et le charge de le faire remettre à votre homme d'affaires. Lisez-moi, et considérez surtout l'ensemble et Tesprit général. Il me semble que c'est une nourriture capable de fortifier et d'élever lame. Que dites-vous de cet excès de modestie ?
...A mon retour, ou plutôt à votre première visite, je vous remettrai ma lithographie, et je choisirai parmi les vôtres celle qui me conviendra le mieux, et vous vous doutez bien du temps que je préfère à tous les autres. Il me semble qu'il est bien temps de nous faire quelques cadeaux de tendresse.
Gomme il n'est pas question pour vous de rien publier, il n'y a que de l'avantage à tous égards et pour vous de l'agrément a recueillir les papiers qui se rapportent à votre famille. Ne brûlez rien : vous ne savez pas qu'il n'y a pas de document inutile. Débrouillez, classez ; voilà tout. Tout au plus quelques notes. Si votre bonne mère vivait encore, je lui ferais ma cour en lui offrant le portrait gravé d'un X... au xvii" siècle. Je vous le montrerai la première fois que vous viendrez me voir.
Adieu, ou plutôt à revoir, maires chère, car j'espère bien que la Manche ne me dévorera pas et se contentera de me donner le mal de mer. A vous.