‹ Un saintChapitre 27 sur 52 · V. Cousin · texte numérisé non relu

V. Cousin

Ce 14, jeudi, juillet 53.

Me voici de retour, ma très chère, fatigué au dernier point, mais vivant encore malgré le mal de mer et l'accablement qui

en est la suite. Mandez-moi, pour me délasser, que vous allez bien, et que vous viendrez bientôt à Paris. Je n'en bouge plus que pour des courses à droite et à gauche. J'ai été ravi de l'Angleterre, et de cet esprit public admirable. Trop de révolutions l'ont éteint chez nous. Je vous rapporte la paix, au moins pour quelque temps, et c'est beaucoup. Mais j'allais oublier mon livre. Vous l'avez reçu, et vous Tavez lu. Y avezvous trouvé quelque chose contre la religion? Il me semble qu'on m'épargne assez de ce côté là, et qu'il y a un peu de mieux dans les dispositions de certaines gens à mon égard. Il n'en est pas ainsi du gouvernement. Il est furieux de mon humble préface et de ma fidélité à la monarchie constitutionnelle. Il faut qu'il en prenne son parti. Je suis trop vieux pour changer.

Quand vous viendrez, ne manquez pas de m'apporter le plus beau portrait que vous pourrez trouver de votre chère personne^ Je l'attends impatiemment.

Bien à vous,

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