V. Cousin
Mercredi 21 déc. 53.
Votre silence, ma très chère amie, m'afflige et m'inquiète. Je suis allé à votre porte savoir de vos nouvelles. Votre maison est pleine d'ouvriers, et il ne faut pas songer à Thabiter d'ici à quelques mois. Restez doucement où vous êtes, bien soignée et bien aimée. Votre concierge m'a dit que votre femme de chambre avait eu des nouvelles de vous^ et que ces nouvelles devaient être bonnes, puisque cette femme n'en avait rien dit. Il parait à la tranquillité générale que j'ai tort de m'alarmer, mais c'est un tort pour lequel vous ne m'arracherez pas les yeux.
Je désire que vous puissiez m'écriredeux lignes. Si cela vous
fatigue, priez Mlle N de vous suppléer. Je désirerais être
pleinement et entièrement rassuré sur votre disposition à un peu d'étoulfement. Elle me dirait aussi où demeure maintenant
DEUX PASSIONS d'UN PHILOSOPHE 147
votre fils, car je suis impatient de ï'emettre entre ses mains le précieux manuscrit.
Je finis pour ne pas trop vous fatiguer, et je vous renouvelle, avec mes vœux pour votre santé, Texpression de ma vieille tendresse.