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RÉPONSE DE SAINTE-BEUVE

J'ai vu Bonnaire, ce matin, après lui avoir écrit. L'article ne passera pas demain encore, mais il m'a bien promis de ne pas tarder plus que cette semaine. — Que de coups de marteau !

Il faudra donner encore un coup lundi : et j'espère que ce sera fini.

Sainte-Beuve.

Samedi.

(1) « Les femmes qui se sont distinguées parleurs écrits auraient aussi leur place... mais on y ferait une grande diilérence de la femme d'esprit et de la femme auteur. Nous honorons infiniment l'une et nous avons peu de goût pour l'autre .... Que dirons-nous de la femme auteur? Quoi ! la femme qui, grâce à Dieu, n'a pas de cause publique à défendre, s élance sur la place publique, et sa pudeur ne se révolte point à l'idée de découvrir à tous les yeux, de mettre en vente au plus offrant, d'exposer à

L'article, intitulé : Madame Diichàtelet, Correspondance inédite. Lettres au maréchal de Richelieu et à Saint^Lambert, a paru dans la Revue des Deux-Mondes du 15 septembre 1845.

A ce moment, commence une nouvelle phase dans la liaison. Gustave Flaubert entre dans la vie de Mme Colet, qui lui fait lire les lettres que Cousin lui adresse : « Merci de Tenvoi de la lettre du philosophe, lui écrit Flaubert J'ai compris le sens de cet envoi. C'est encore un hommage que tu me rends, un sacrifice que tu voudras me faire. C'est me dire : (c Encore un que (c je mets à tes pieds : vois comme je n'en veux pas, car c'est « toi que j'adore. » Tu me donnes tout, pauvre ange, ta gloire, ta poésie, ton cœur..., l'amour des gens qui te convoitent... » (1). Et, quelque temps après :

J*ai lu la lettre de Platon avec toute l'intensité dont mon intelligence est susceptible, j'y ai vu beaucoup, énormément ; le fond du cœur dQ cet homme-là, quoiqu'il fasse pour le montrer calme, est froid et vide, sa vie est triste, et rien n'y rayonne, j'en suis sûr, mais il t'a beaucoup aimée et t'aime encore d'un amour profond et solitaire, cela durera longtemps. Sa lettre m'a fait mali j'ai découvert jusqu'au fond l'intériçur de cette eiçistence. blafarde, remplie de travaux conçus sans enthousiasme et exécutés avec un entêtement enragé qui seul le soutient.

Et il est curieux de voir comme l'esprit de Flaubert est hanté de l'intelligence de Cousin : le nom du philosophe revient souvent dans ses lettres à Louise Colet. Tantôt, il lui conseille de se faire expliquer « l'idée du Beau pur telle qu'il l'a émise » (3), tantôt il désire voir les « remarques du philosophe » sur un drame qu'elle prépare. C'est, dit-il, un homme de goût, dans ce qu'il écrit du moins, et auquel il me semble que j'aurais confiance (4). » Nous ne savons pas ce que Cousin

l'examen et comme à la marque du libraire, du lecteur et du journaliste, ses beautés les plus secrètes, ses charmes les plus mystérieux et les plus touchants, son &roe, ses sentiments, ses souffrances, ses luttes intérieures ! Voilà ce que nous avons beau voir tous les jours,., ce qu'il nous sera éternellement impossible de comprendre. » (V, Cousin, Jacqueline Pascal,)

(1) G. Flaubert. Corresfiondance (Paris, Fasquelle, 1891), I, 135 (du 24 août 1846).

(2) 22 septembre 1846, I 160.

(3) 10 septembre 1846, /oc. cit., I, 152.

(4) Novembre 1847, loc. cit,. 1, 203.

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pensait de ce drame, mais nous savons que Déranger trouva des corrections à faire. Il écrit à Cousin, en post-scriptum à une lettredu 21 novembre 1847 :

P. S. — J'ai été voir la Muse, mais il y avait du monde, et n'ai pu parler des corrections à faire selon moi. Sans une indisposition, je lui aurais fait une autre visite. J'espère la voir mardi ou mercredi.

La lettre suivante, que Cousin adressa à un journaliste du Constitutionnel, est de la même époque. Nous ne savons à quel feuilleton il est fait allusion :

Mon cher Monsieur,

Voici la nouvelle en question. Elle n'a point été faite pour le cadre où je voudrais qu'elle pût aller. Mais je suis assuré qu'elle ferait honneur à la littérature du ConstitutionneL En ôtant quelques taches légères qui disparaîtront à la correction des épreuves, elle forme une lecture agréable et pleine d'intérêt, et je désire vivement que vous l'acceptiez. Elle composerait trois ou quatre feuilletons avec ou sans nom d'auteur, avec une signature pseudonyme ou sans signature. Je propose les initiales L. G. Au reste, décidez souverainement, mais insérez cette nouvelle. Vous ferez une chose utile au Constitutionnel^ et très agréable à Mignetet à moi. Plus tard, Mme Colet vous donnera des morceaux entièrement faits pour vous. Mais il faut être un peu galant, mon cher Monsieur, et insérer d'abord celui-là.

J'ai été bien frappé de tout ce que vous m'avez dit de la vraie situation de notre ami. Puissent nos conseils être écoutés ! Vous pouvez compter sur. mon énergique coopération, car je m'intéresse de toute mon âme à sa gloire.

Je pars aujourd'hui pour Saint-Germain. Répondez-moi un petit mot, hôtel de la Terrasse, pour médire oui. J'irai vous en remercier samedi prochain.

A vous de cœur.

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