ART RITER
À peine eut-il entrevu le plan de cet incompa. rable ouvrage — l'existence de Dieu, le mouvement de l’âme vers Dieu, le Christ, voie par laquelle l’âme s'élève et s'unit à Dieu — à peine, dis-je, eut-il entrevu ce magnifique plan de la création eb de la Rédemption, véritable clef du mystère de la vie, qu'il fut ravi et tourmenté d'une faim et d'une soif de l'étude de saint Thomas, telles qu'il en perdait presque le boire et le manger.
Il était constamment préoccupé de sa chère Somme. Il avait toujours le regard de la pensée vers ces horizons splendides de la vérité et de la foi. Ilne parlait plus enfin que de saint Thomas.
[l me disait souvent : “ Mon cher ami, vous ne sauriez croire combien cette étude me fait du bien. Non seulement j'y acquiers des connaissances et des lumières pour mon esprit, mais j'en retire encore un grand amour pour Dieu. Jamais je ne me suis senti aussi dévot.”
Aussi, quand l’occasion s’en présentait, qu'il était beau de lui entendre développer une thèse de la Somme ! Son œil s'animait, sa voix s'élevait graduellement, sa figure, d'ordinaire terne, pale se colorait quelque peu, sa phrase prenait une allure éloquente, et l’on restait sous le charme de cette effusion savante,
Q dan d'his tiqu
éme
et InCOM pa.
mouvement
par laquelle
eine, dis-je la création à mystère de ne faim ct , telles qu'il er, le sa chère le la pensée ité et de la t Thomas.
Mi, Vous nc fait du bien.
\issances et J'en retire
amaIs je ne
ntait, qu'il * une thèse ix s'élevait erne, pâle renait une
charme de
Quelquefois, dans un cercle de confrères ou d'amis, la conversation tombait sur quelque sujet d'histoire, de philosophie, de théologie, de politique, etc. ; chacun prenait part à la conversation, émettait son avis.
L'abbé, placé dans un coin de la salle, suivait silencieux les commencements de la joute. Lorsqu'il venait à remarquer quelque appréciation risauée, boiteuse, il entrait tout doucement dans l'arène, et tentait avec calme de rectifier l’avancé. Si l'interlocuteur avait le courage de regimber quelque peu, l'abbé, de son côté, augmentait quelque peu le ton et serrait de près son raisonnement. À ce moment-là, plus d'un discutant se retirait de la lutte; on écoutait avec surprise et intérêt l'explication lumineuse donnée par le savant professeur. Et si, par malheur pour un ou deux champions qui osaient résister, la discussion menaçait de se prolonger, alors le célèbre abbé donnait un fort coup d'aile et s'élevait à des démonstrations d'une grande hauteur. [l déployait toutes les ressources de son savoir : l'histoire, la philosophie, la théologie, la poésie, étaient tour à tour exploitées, suivant le sujet et le besoin, d’une
manière admirable, et bientôt les derniers lutteurs
L' ses 5
& LETTRE RUR ag 28
à it ii séi ai
$ 5 ton + mt
Fat
Vian ÿü À
LR ANE 4: