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succombaient.. La voix seule du redoutable athlète se faisait entendre, et alors se vérifiait le fameux vers de Virgile :
Conticuere omnes, intentique ora tenebant.
Heureux encore les témoins du spectacle, lorsqu'ils avaient pu saisir toute la suite et tout l’enchaînement de la savante réplique !
L'abbé Moreau avait une de ces organisations exceptionnelles qui se rencontrent de temps à autre à de rares intervalles. Il réunissait un nombre remarquable de qualités diverses, même opposées. Quand deux ou trois de ces talents se trouvent chez un individu, on le remarque, on le signale : 1l passe pour un homme plus qu'ordinaire.
Mais que dire d’un homme qui aborde tout à la fois avec succès : philosophie et musique, peinture et linguistique, histoire, théologie, botanique, voire même photographie ? C'est quelque chose de merveilleux !
Comment expliquer ce mystère d’un philosophe qui, après s'être longtemps absorbé avec délice: dans l'étude sèche des principes de la logique où de la métaphysique, se livre ensuite avec plaisir à l'étude sentimentale de la musique ? Comment
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palette du peintre, qu'il affectionne et avec laquelle il fait d'excellents tableaux, pour se jeter avec passion sur l'étude d’une langue étrangère, comme l'italien, l'allemand, le grec, le latin, l’hébreu, l'abénaquis ?
J'ai souvent surpris notre abbé à lire des ouvrages d'astronomie ea langue italienne.
On a dit et on redit encore que la faculté dominante de notre ami était un esprit philosophique, c'est possible. Je crois cependant pouvoir aflirmer, de mon côté, que le sentiment artistique existait chez lui à un haut deswré, À voir Îles peintures qu'il a exécutées, et la manière dont il touchait l'orgue, on peut conjecturer avec raison que, sous des maîtres et avec un long travail, il serait allé très loin dans ces deux arts.
En entrant dans sa chambre, on se serait cru dans l'atelier d'un peintre de profession. On voyait, suspendus aux murs, de jolis et gracieux paysages de Nicolet, dus à son inspiration et à son piaceau. On remarquait aussi une belle copie d'une des Vierges de Raphaël, et une autre de sainte Thérèse, toutes deux faites de sa main.
Quelqu'un lui ayant demandé un jour où ilavait
étudié la peinture, il répondit avec un petit air
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