‹ Un sanctuaire canadienChapitre 4 sur 29 · L'ABI · texte numérisé non relu

L'ABI

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— Quels sont leurs noms ? dis-je à mon interlocuteur.

__ [/un se nomme I. G... et l’autre Luc Désilets. Ils sont tous deux de la classe de rhétorique.

Je ne perdis pas de vue ces deux élèves si honorablement mentionnés, et je constatai bien des fois plus tard la justesse de l'appréciation de mon jeune compagnon. Bien des années se sont écoulées depuis ce jour si remarquable, si émouvant...

L'un et l’autre de ces élèves ont fait leur chemin et leur marque dans la société. Je retrouve aujourd’hui l’un d'eux à la tête d’un des premiers séminaires du Pays et honoré du titre de vicaire vénéral. L'autre, honoré du même titre, s'éteignait il y a quelques années, dans la paroisse du Cap de la Madeleine, dont il était le curé bien-aimé depuis à peu près vingt-cinq ans. Hélas ! cette

mort prématurée a pris tout le monde par surprise.

Naguère encore, le digne et regretté défunt

paraissait jouir d’une excellente santé. Il semblait le croire, lui du moins ; il nourrissait des projets d'embellissements et de décorations concernant son vieux sanctuaire du Rosaire, ainsi que sa

Il se

nouvelle et belle église et leurs alentours,

proposait d'ouvrir un registre dans lequel :l ma vie, mai

devait relater les principaux faits merveilleux dont il a pl

qui se sont opérés, depuis une quinzaine d'années Je veux

surtout, dans l'antique petit temple, par l'inter. S cet humble cession de Notre-Dame du Rosaire. con divin mn Tout l'hiver dernier, qui à été rude, l’on s’en MN [L'abbé D:

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souvient, il a fait voyage sur voyage et paraissait

continuer de jouir de cette forte santé qui lui à l'Église can

permis de fournir une carrière laborieuse, soit Les princip:

dans le ministère sacré, soit dans le dur métier de avec ces org

la plume, dont il était un des nobles représentants À Mer Laflèc dans notre pays. haut mérite Je puis en parler avec connaissance de cause, profondes, car il est venu plusieurs fois me voir dans le pour l'Éclis

L'abbé 1

Saint-Gréo

cours de cet hiver, et m'apporter les consolations

de l’amitié, malgré les mauvais temps, malgré les

difficultés des passages sur la glace. Retenu et Non père,

languissant dans ma chambre depuis plu Vun vuerite Hé

an, déjà en proie pour ainsi dire aux étreintes de de ces fami

la mort, j'étais alors bien loin de prévoir qu’il par- émicrèrent

tirait avant moi de la scène de ce monde. J'étais bords du pe bien loin de penser que j'aurais à payer sitôt, par NS types rem mes prières et par l'hommage du présent écrit, les catholique nombreuse

M. Alfr

services inappréciables que son cœur si généreux,

si charitable m'a souvent rendus dans le cours de

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ma vie, mais surtout durant cette longue maladie dont il a plu à Dieu de m'affliger.

Je veux essayer d'esquisser ici le portrait de

© cet humble prêtre qui a passé sur la terre, comme

son divin modèle, en faisant Le bien.

L'abbé Désilets était doué de facultés éiminentes,

“0 ctil a tracé un sillon lumineux dans le champ de

l'Eglise canadienne comme dans celui de la patrie. Les principaux journaux du pays, et, de concert avec ces organes, la voix autorisée de Sa Grandeur Mor Laflèche, ont proclamé solennellement le haut mérite du curé du Cap : sa foi et son humilité profondes, son zèle et son amour apostoliques pour l'Eglise, son talent distinaué comme écrivain,

L'abbé Désilets était natif de la paroisse de Saint-Grégoire-le-Grand, dans le comté de Nicolet. Son père, François Désilets, et sa mère, Marouerite Hébert, décédés tous deux, descendaient de ces familles acadiennes qui, lors de la conquête, émicréerent au Canada et vinrent se fixer sur les bords du petit lac Saint-Paul. Ces deux personnes, types remarquables de la race noble, loyale et catholique de lAcadie, ont élevé une famille nombreuse et des plus distinguées.

M. Alfred Désilets, actuellement protonotaire

de la ville des Trois-Rivières, a rédigé longtemps avec succès le Journal des Trois - Rivières ; M. le chevalier Gédéon Désilets, qui s’est distingué jadis par son dévouement à Pie IX et à la Papauté,a dirigé lui aussi pendant plusieurs années le Journal avec un talent non contesté ; M. Pétrus Désilets remplit avec honneur ses fonctions de aotaire ; une de leurs sœurs, religieuse au couvent de l’Assomption de Nicolet, a déjà occupé le haut poste de supérieure générale ; et les autres membres de la famille sont d’honorables et prospères cultivateurs.

Le défunt grand vicaire était l'aîné de cette intéressante famille. Le ciel l'avait comblé des dons et des qualités qu'il s’est plu à verser sur sa race : robuste santé, intelligence vive et élevée, bonté et douceur de caractère, foi forte, énergie indéfectible dans l’action, intrépidité dans le combat et le danger.

Il avait un regard limpide et profond, symbole

de son œil intellectuel, qui était si pénétrant. Sa |

figure en général respirait la candeur et la sérénité de on âme,

Quoique porté naturellement aux fortes études,

aux considérations philosophiques sur l’Église et

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