‹ Un sanctuaire canadienChapitre 8 sur 29 · L'ABB · texte numérisé non relu

L'ABB

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“Outre l'intention de payer un juste tribut de reconnaissance au séminaire de Nicolet, à vos directeurs et professeurs, vous avez à peu près tous un autre motif très légitime dans votre visite: celui de rencontrer d'anciens compagnons de classe où d'étude, qui sont pour ainsi dire de vrais frères. Quant à cette satisfaction, elle m'est tout À fait refusée et on n’y peut suppléer. J'ai beau jeter les yeux autour de moi, Je n’aperçois aucun de mes anciens camarades. Que sont-ils donc devenus? Hélas! ils sont tous disparus. La mort les a moissonnés pour une vie meilleure: Mius, je le vois en ce moment plus sensiblement que jamais, la figure de ce monde passe. Me voici seul, comme un vieil arbre au milieu de la plaine, penché sur sa base et près de tomber.

* Cependant, je bénis le ciel d’avoir vu ce jour; car j'ai sous les yeux un spectacle qui aurait excessivement réjoui mes confrères, s'ils en avaient été, comme moi, les heureux témoins.

Qui leur aurait dit, en 1806, alors que nous n'étions qu’une poignée d'enfants assis sur les bancs d’une pauvre école, qu’un semblable concours aurait lieu en 1866, dans ce vaste bâtiment consacré à la religion et aux arts, ils auraient été stupéfaits et ne l’auraient pas cru. Grâce à Dieu, c'est une réalité que je contemple pour ma consolation. Oui, je vois présentement les fruits de l’arbre planté autrefois en ma présence

et arrosé de tant de sueurs. [Il était petit comme l'arbre de l'Évangile, il couvrait à peine quelques pieds de terre ; il étend maintenant ses branches et ses rameaux chargés de fruits sur tout le pays. Ces fruits sont riches et variés. Je vois des évêques, au nombre desquels j: n'ose me compter, «les prêtres, d’honorables juges, des censeillers lécislatifs, des députés, des magistrats, des avocats, des médecins, des notaires, des journalistes, des marchands, des agriculteurs, des militaires, et d’autres bons citoyens de tous les rangs et de toutes les classes de l1 société. Ils sont les fruits que nous avons actuellement devant les veux Et que d’autres encore sont tombés mûrs, ou ont été cueillis au rameau par la main du Père de famille! Puisque l’on doit juger de l'arbre par ses fruits, il n’est pas difficile maintenant de connaître celui-ci et âc dire quelle est sa sève et sa vigueur. Pouvait-on espérer de plus beaux résultats ? Oh ! si les fondateurs et les bienfaiteurs de ce séminaire pouvaient les apercevoir de leurs couches funèbres, je le sens, ils tressailleraient d’allégresse dans la poussière de leur tombeau. Quel espoir de l’avenir donne un tel passé et quel encouragement pour les zélés continuateurs de leur œuvre!

‘Je ne finirai pas sans vous féliciter, Messieurs, du plus profond de mon cœur, sur votre attachement à nos communautés religieuses. L'acte si solennel et si catholique que vous venez d’acc mplir sera une de mes plus douces consola-

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