‹ Un scandale français [microforme]Chapitre 10 sur 45 · CANNES PRES · texte numérisé non relu

CANNES PRES

Guérin”, nom sous lequel on la connaissait à ce moment-là, Nous sortimes tous deux de la pièce, elle et moi, pour le recevoir. Elle me <e piésenta comme étant le fiancé, et me présenta à lui comme le tu- ‘eur de Miss Northcliff. Je réitérai mes protestations, disant que je n'étais pas son tuteur, mais que j'étais tout disposé à lui donner les conseils qu’elle me demanderait, chose que je répétai plusieurs fois pendant la conversation, en présence de M. Lalère, bien que souvent interrompu par la verbosité de la femme Pesnel. Pendant ce temps, M. Lalère, quoique absorbé par l'idée de son mariage, semblait eurpris. Quant à la femme Pesnel. tout ce que nous disions était submergé sous le flux de ses parc . 3.

Ce qu’elle m'avait écrit précédemment, ce qu’elle dit alors de M. Lalère, qui visita avec Miss Northcliff et Pesnel différentes attractions de Londres, les accompagnant au théâtre, au restaurant, à l'exhibition de Madame Tussaud, à Exhibition de Earls Court, ete. etc. tout me confirmait que leurs arrangements Cataient de bien avant leur visite chez moi.

Ils partirent tous ensemble, vingt minutes environ après l’arrivée de M. Lalère, me laissant réfléchir à l'étrange épisode auquel je venais d’assister; mais je ne pensai nullement à mettre en doute la bonne foi et l’honorabilité de la femme Pesnel ou des deux autres personnages de cette affaire. Au surplus, cela ne me touchait point, puisque je n'avais jamais vu Miss Northcliff auparavant. Je ne l'ai d’ailleurs, jamais revue depuis.

Quelque temps après, la femme Pesnel me confia que M. Lalère S'était mal conduit vis-à-vis de Miss Nortcliff ; ayant repris sa promesse de l’épouser, il lui réclamait certains présents qu’il lui a- + faits, et Miss Northeliff, de chagrin, en pleurait du matin au soi

Vers le commencement d'août, lorsque M, Lalère eut gaspillé son argent en cadeaux, fêtes, ete.. il vint me trouver avec M. Brunet, qu'il me présenta comme son avocat, et me demanda où il pourrait voir Miss Northcliff. Pesnel m’ayant dit quelle était en villégiature, je répondis que je ne savais pas où elle était , Je ne connaissais pas son adresse, et je lui enjoignis de s'adresser à la femme Pesnel, ajoutant qu’il aurait bien pu m'écrire pour me demander un rendez-vous, car j'étais moi-même en train de me préparer à aller à la campagne. [ls s’en retournèrent, et au moment de Pinstruction, ils furent interrogés À part et se contredirent dans leurs témoignages contre moi Je possède un exemplaire officiel de leur deux témoignages, dont je ferai la critique en temps et lieu,

J’appris aussi de la femme Pesnel que Miss Mary Smith était fiancée à un M. Sudre, docteur en droit, et qu’ils devaient se marier bien-

tôt. Elle exprima le désir de me le présenter et, quelque temps après, elle me fit une visite, accopmagnée de lui et de Mary Smith.

Plus tard, vers le 22 août 1906, j'eus encore sa visite un aprèsmidi, toujours accompagnée de Mary Smith. Je les invitai à rester prendre le thé avec moi, ce qu’elles acceptèrent ; mais, au moment où l'on servait, M. Sudre ct sa mère firent leur ayparition, de connivence avec Pesnel, qui ne m'en avait pas soufflé un mot.

I n'y eut aucune mention de tuteur entre Sudre et moi; mais la femme Pesnel déclara que j'étais son guide et celui de son amie Mary Smith et qu'elle suivrait mon avi pour la rédaction du contrat, vu quelle ignorait les habitudes suivies en Angleterre à ce sujet. Je répondis que je n'étais pas leur guide et que je ne pouvais rien suggérer pour la rédaction du contrat, de Peur qu'on pensât que cela me Concernat. Ve que je pensais qu’ils devraient faire, c'est que chacune des parties fit faire un projet de contrat par son notaire et que ces derniers auraient bientôt fait de rédiger le contrat.

IL fut conveuu avant icur départ que Sudre, à son retour en France, ferait les premières démarches et consulterait Me Jonet, son notaire, à Angers, et qu'il enverrait une copie de son projet à Pesnel, qui à son tour consulterait un solliciteur Anglais, mais on m'apprit, dans la suite, que Sudre n’avait pas envoyé de projet comme il avait été suggéré.

Environ un mois après cette visite de Sudre et de sa mère, Pesnel était encore en voyage à Londres. C’était au mois de septembr: 1906, et elle passa me voir plusieurs fois pour parler de laffaire du lait, tantôt seule, tantôt accompagnée de Mary Smith.

Elle m’assura que Mary Smith me voyait d’un oeil très favorable, et m’engagea à lui prêter plus d'attention.

Etant donné la différence d’âge entre nous, je ne voulus pas croire que Mary Smith voudrait réellement, ou persisterait à vouloir se marier avec moi, surtout après une querelle ou un malentendu avec Sudre, que je considérais n’être que temporaire. Elle m’assura que Mary Smith possédait une grande fortune en consolidés anglais, et qu’elle me donnerait une preuve sérieuse de 1'existence de cette fortune, au moyen des numéros des certificats de ces consolidés.

Comme je ne connaissais pas la famille de Mary Smith, et que Pesnel avait, jusque là, évité de me donner son adresse, j'étais désireux de savoir qui elle était, vu ce que Pesnel m'avait dit d’elle.

Or, j'avais constammeat en vue affaire du lait, dont je considérais la réalisation comme probable avec le temps, et je me proposais, pour l'avantage et la sauvegarde du parent que je désirais y faire entrer, lui assurer un intérêt, non-seulement dans l’administration de

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