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l'affaire, mais aussi dans l'installation qu'il faudrait établir en France.
En effet, sans cet intérêt dans l’installation, les autres associées auraient aisément pu nous éliminer, mon parent et moi, une fois qu'ils se seraient bien familiarisés avec mon procédé de préservation.
Je conclus qu’il me serait nécessaire, pour plusieurs raisons, d’ouvrir un compte avec le Crédit Lyonnais de Paris, ce qui me permettrait de payer par chèque les débours nécessaires et, en même temps, d'obtenir les renseignements que je désirais sur les associés et sur les autres, J'aurais ainsi droit de client, sans avoir à dépendre entièrement des noms que Pesnel voudrait me donner pour référence. J’ouvris done ur : mpte au Crédit Lyonnais, et y déposai des fonds pour moi et pour mon parent.
Je ne connaissais rien alors de l’agence matrimoniale de Pesnel, et je ne vis, (comme beaucoup de personnes auraient pu le faire, après coup) rien d'extraordinaire à ce que Pesnel eût deux amies désirant se marier, à peu près à la même époque .
Pesnel m'avait déjà proposé d’acheter le bail de ma maison de York Place, mais elle insistait pour que son notaire de Paris vît mes tîtres de propriété, pour s'assurer de leur authenticité, et être en mesure d'estimer la valeur du bail.
Je vérifiai, dans un directoire Bottin de Paris, l'exactitude du nom et de l’adresse du notaire qu'elle me donna, et, étant donné que mes titres étaient enregistrés à Middiesex et que je me proposais d’aller à Paris sous peu, je les lui laissai emporter, avec d’autres pièces d'identité, ete., pour les faire voir à son notaire. Je comptais les remporter à mon retour de Paris. Cet incident eut lieu le 28 septembre 1906. Je ne pensais nullement, à ce moment-là, à la possibilité d’être assassiné.
Ma première visite à Versailles.
Dès le départ de Pesnel, je commençai à éprouver quelque inqui tude au sujet de ces papiers. Je songai que j'aurais dû attendre le moment de mon voyage à Paris pour les emporter moi-même. J'avais aussi négligé, jusque là de me renseigner sur leur compte. J'avais toujours remis cela à mon voyage à Paris, car je préférais prendre des informations d’une source indépendante, plutôt que de leur demander les noms des personnes à qui je pourrais m’adresser pour prendre des informations, personnes que je ne connaîtrais probabiemcut pas plus qu'eux. Mon anxiété augmenta vite, et je pris le parti de hâter mon départ pour Paris, afin de faire une visite rapide à Versailles, pour me rendre compte de l’endroit où était située leur demeure,
14 UN SCINDALE FRANGALS
et prendre des informations nécessaires sur leur respectabilité. Je me rendis alors à Paris, le dimanche soir, 30 novembre 1906.
Le lendemain, lundi, 1er octobre, au matin Jj'éprouvai une forte crainte: il se pouvait que la femme Pesnel n’eût point quitté Londres, et qu'avec mes papiers, et les renseignements que je lui avais donnés, elle pât tenter de retirer tout ou partie de mon argent du Crédit Lyonnais de Londres. Aussi je me rendis de bonne heure au bureau central du Crédit Lyonnais de Paris, Boulevard des Italiens, et je demandai que l’on téléphonât à l’agence de Londres, 40, Lombard Strect, E. C.. de ne rien Payer, à qui que ce soit, sur mon compte, jusqu'à mon retour,
A force d’'insistance, ils consentirent, à condition que je payasse les frais de la communication, ce que je fis volontiers; mais ils me laissèrent entendre que, d’après eux, mes soupçons leur paraissaient mal fondés, de même que. plus tard, beaucoup d’autres gens, pleins d'assurance également. dans leur ignorance des faits, qu’ils ne considéraient pas comme nécessaires Pour pouvoir juger d’une affaire, eurent aussi la conviction que je n'avais pas été assez méfiant.
Cependant, peu satisfait Qu résultat de cette communication je me rendis à un bureau de poste, d'où je télégraphiai le même message au bureau du Crédit Lyonnais de Londres.
Je me rendis ensuite à Versailles, et avant de me présenter chez les Cesbron, je pris des rensignements sur eux à la mairie, où l’on me donna d'excellentes références, ct certains détails : Cesbron était renticr. Il vivait d'économies amassées comme pharmacien ou chimiste. Le fonctionnaire me donna aussi leur adrese exacte, que j'avais évité de lui donner, pour voir s’ils étaient bien connus.
Je me rendis ensuite chez eux, et ils m'accueillirent le plus gracieusement du monde . La sincérité apparente de leur cordialité, la somptuosité de leur appartement. l’aise dans laquelle ils paraissaient vivre et, surtout, les bonnes références qu'on m'en asait données à la mairie, joint à l'opinion des employés du Crédit Lyonnais sur mon excès de soupçon, tout me fit penser que probablement, j'avais eu grand tort le matin de soupçonner leur honnêteté. Je me sentis mécontent de moi-même d’avoir montré si peu de confiance, et fait preuve de si peu de considération.
Quand je leur dis que je retournais à Londres l'après-midi, ile parurent fort désappointés que je ne me fusse pas préparé à rester une semaine ou deux, Miss Mary Smith, massurèrent-ils, serait très contrariée de ne m’avoir point vu. Pourquoi ne les avoir pas avertis que ma visite devait être si courte ? Ils l’auraient avertie, elle, de Vheure de mon arrivée. Il me fallut donc, d’urgence, leur promet-
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