‹ Un scandale français [microforme]Chapitre 22 sur 45 · RT · texte numérisé non relu

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VERITE CONCERNANT L'AFFAIRE HEBERT 9 Rencontre de Me Salmon et de Me Alla.….

V'oyes comme ces chrétiens s'arment les uns les autres ! TERTULLIEN. Apolugétique V. 3°,

Le vendredi, 1er mars, Me Salmon et Me Allain se présentèrent tous deux et se rencontrèrent dans le cabinet du juge d'instruction, où je me trouvais: 11 y eut entre eux une tempête violente, qui se termina, non pas suivant cette méthode tolérante, qui consiste à conve nir qu’on n’est pas d’accord, mais, sous une forme nouvelle, moin, généreuse, quoique peut-être plus à la mode, suivant celle qui consiste à ne pas convenir qu’on puisse s’accorder, ce qui me fit comprendre, avec la ] us grande évidence, qu’ils ne pouvaient tirer ensemble en harnais double avec le moindre avantage pour moi; et comme Me Salmon avait reçu sa leçon, et que je n’avais pas pu m’entendre avc Me Allain au sujet de ses honoraires, sur quoi j’insistais, je dis à celui-i que j’sttendrais le résultat de cette nouvelle demande encore pendante, avant de prendre aucune décision, ou bien que je le verrais après ma mise en liberté.

Les nouvelles conclusions et la demande furent présentées ce même jour,

Recherches au sujet de l’espionnage.

Pendant les quinze jours de délai accordés à la femme Pesnel pour la production des preuves qu’elle promettait, o.1 se renseigna à plusieurs endroits, tels que la Sûreté de Paris, le ministère de la Guerre, Scotland Yard à Londres, etc., ete. On ne savait rien nulle part qui confirmât en quoi que ce fût ces fausses accusations. La Sûreté de Paris avait répondu de bonne heure; mais la réponse du Ministère de la Guerre ne fut reçue que la veille ou le matin de ma mise en liberté. Elle contenait la déclaration qu’on n’y savait point que j’eusse jamais fait d’espionnage, mais elle contenait aussi une remontrance à l’adresse de Mangin Bocquet, disant qu’il ne devait pas attacher tant d'importance aux déclarations de la femme Pesnel. Il fut furieux de ce reproche, et il répondit que ce n’était pas l’affrire du ministre de la Guerre de lui faire cette observation.

La réponse de Scotland Yard fut en retard, à cause de l’bsence de quelques officiers, et ne parvint à Versailles qu’après mon retour à Londres,

En voici la traduction officielle :

“AFFAIRE HÉBERT ‘vs CESBRON “Police Métropolitaine, “‘hépartement des Alfaires criminelles “No 199303/3 “Renseignements fournis par la Sûreté “de Londres sur le docteur Hébert “en date du 22 mars 1907 “Londres, 22 mars 1907, “Monsieur Hamard, chef du Service de la Sûreté à Paris,

“Pour faire suite &« votre lettre du 7 courant, j'ai l'honneur de vous ‘faire connaitre que le docteur Hébert (Paul Z. serait né au Canada, mais “ilse trouverait en Angleterre depuis il y a 28 ans,

“IL est médecin praticien enregistré au Cansda, el serait également “enregistré à Londres depuis le 13 janvicr 1880, Il est aussi licencié de “la Faculté de Médecine de Londres, 1879

“Le docteur Hébert demeure actuellement au numéro 14 York Place, “Portman Square, W., ayant achelé la maison à Noël 1905, et serait mé- “decin spécialiste pour les maladies des femmes,

“ID habitait autrefois 16a Old Cavendish Street, W., où il eut pendant “dix ans, une clientile assez nombreuse el luerative

“IL serali auteur de quelques articles de médecine, et serait regardr “comme un praticien trés respectable, et comme une grande autorité pour “les maladies des femmes.

“Veuillez agréer, Monsieur et cher collègue, ete, ete,

(Signature) J.S. B.

“Chef constable,"”

Un médecin spécialiste appelé pour me voir. .….

Deux ou trois jours avant ma mise en liberté, le docteur de la prison vint me voir avec un spécialiste qui, après avoir examiné la partie loureuse de ma joue, déclara qw’il serait nécessaire de fair: une opération exploratoire pour voir la condition de l'os, afin de le dégager de toute source d'infection.

Naturellement, ce ne fut pas pour mon bien que ce spécialiste fut appelé, autrement, on aurait dû le faire longtemps avant le mo ment de ma mise en liberté. D'ailleurs, à ce moment-là, j'avais déjà commencé à prendre du mieux: les temps froids étaient passés; je n'avais pas eu d'accès d’évanouissement depuis environ quinze jours, et la perspective de ma mise en liberté me ravivait; mais le Cocteur de la prison était intrigué à mon sujet ; il ne pouvait pas comprendre, disait-il, l’état de la langue; mais il ne s'est jamais donné la peine de prendre ma température, qui Ini aurait donné la clef de la situation.

Le fait est que ce n'était pas ma condition qui le préoccupait, mais les ennuis qui pourraient survenir si je mourais, ou si je portais quelque plainte plus tard, et les précautions qu’il prit étaient pour se garantir contre toute difficulté possible.

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Toutefois, le 11 mars 1907. après avoir rempli toutes les formalités, je fus mis en liberté sous caution, moyennant la somme de quinæ mille francs.

La presse française contient quelquefois des traits d'humour” tout-à-fait amusants. Mes lecteurs comprendront, après ce qui à paru dans les journaux français à mon sujet, l'ironie de la remarque suivante, placée dans ra bouche par le “Petit Journal” du 12 mars 190°, à l’occasion d: ma mise en liberté

“Le Lrain arrivait à la Gare Saint-Lazare, Le doc teur, toujours aceom-

né de Me Salmon, son di fenseur, nous à quitté en nous disant qu'il “remerelait la presse française de n'avoir accepté que sous réserve les “bluffs" de Mme Cent-Kilos

“Sous réserve”, s’il vous plait.

Tout naturellement, on SUPPOSait, sans réflexion, que j'étais au fait de tout ce qui avait paru dans les journaux jusqu'à ce moment, tandis qu’on avait scrupuleusement pris soin d'empêcher tout journal de me parvenir.

CHA'ITRE IX.

Libre encore une fois.

Me Salmo, s'était rendu à Versailles, de bonne heure, le matin de ma mise en liberté. Nous retournâmes à Paris ensemble et i! m'ixvita à déjeuner chez lui, ce qui me fit un grand plaisir.

Je lui renouvelai ma demande de me donner un compte-rendu par écrit de son entrevue avec l'employé du Crédit Lyonnais, et, après nous être entendus sur toutes les questions, parmi lesquelles celle de Me Allain, il consentit à répondre à ma question, par écrit, si je lui écrivais de Londres à cet effet.

Aussitôt mon retour, je lui écrivis comme suit :

“Londres, le 13 mars 1907.

‘A Me Salmon, Docteur en Droit.

“Mon cher Maitre,

‘Auriez-vous la bonté de me dire dans quelles circonstances un em- ‘“’ployé du Crédit Lyonnais vous aurait confirmé que mon dépôt à cet éta- ‘’blissement de crédit éiait inférieur au chèque de huit mille francs que “J'avais fait présenter par mon mandataire, M. L. Moutihers, huissier à “Versailles? Je désirerais savoir comment cette erreur a pu se produire

“Agréez, mon cher Maître, mes salutations empressées,

“(Signé) P. Z. HEBERT."

“Tél. 589-79.

“Monsieur Hébert,

‘‘J'ai eu en effet l'occasion de passer, pour affaires personnelles, au ‘Crédit Lyonnais, où j'ai un compte, le lendemain du tour où M. Mou- ‘‘thiers, huissier, votre mandataire, s'était vu refuser, pour faute de pro- “vision suffisante, le paiement d'un chèque pat vous signé.

“Comme cet incident m'intriguait, — et à juste titre, car il jetait sur ‘vous, une impression défavorable, dont vous avez, du reste, senti tout “l'effet, — j'ai questionné l'employé chargé du service compétent et je lui ‘ai demandé si votre dépôt était vraiment inférieu à la somme portée sur

votre chèque, c'est-à-dire à huit mille francs, “L'employé, de qui je suis sans doute connu, eut l'amabilité de con-

“Rue Théodule Ribot, Paris, 15/3/.

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