SETE SE
“14, York Place, Londres, W., le 25 mai 1908 A Monsieur Fallières,
Président de Ja République Française, York House, St, James Palace, SW “Monsieur le Président,
ai l'honneur de vous présenter mes hommages à l'occasion de votre
‘“risite Londres, qui ne manquera pas, suis sûr, d'être bienvenue de
us les bons sujets britanniques, et qui me ro,pelle vivement le eon-
* d'une visite que j'ai faite dans votre pays, en 1906, où je fus la
“vietime d'un attentat sur ma personne, le 20 novembre, à Bois-le-Roi;
“‘lorsqu'anssitôt échappé des mains de mes assassins, mon premier soin
“fut d'informer Ja police, ee que je fis môme avant de faire panser mes “blessures, d'où le sang coulait à flots
“Apres un sejour de cinq semaines à l'hôpital, à peine remis de mes “blessures, au lieu de recevoir la protection légale à laquelle je m'atten “ais d'un pays comme la France, je fus arrôlé el détenu, sous les pré “textes les plus spécienx et les plus futiles, pendant deux mois et demi, à la prison de Versailles,
“Derant ce teinps, je fus soumis aux privations d'une ineareération “rigoureuse qui, vu la condition de déplétion et d'épuisement où je me “lrouvais en ce moment, en conséquence de mes blessures, laisseront des “tra sur ma santé pour le reste de ma vie, dont elles diminueront la “durée,
“De plus j'eus subir un inter \doire ignominieux sur “paires accusations, portées contre moi, et eoncnes bien lard, fo, d'es- “‘pionnage, aussi fausses qu'absurdes : . d'attentat sur la vie de ceux qui “m'avaient laissé pour mort aprés nravoir tiré deux coups de revolver “dans Ja tôle, sans aucune trace de vraisemblance en leur faveur “‘eroquerie, par eeux qui m'avaient eseroqué, el qui n'avaient pas la moin “dre base de faits à leur actif: mais qui n'ont pas moins réussi à ruiner “ma elientéle et à souiller mon honneur, sans compter les dépenses que “j'ai subies, bien au delà de mes moyens
“Ce ne fut que le premier juin suivant, plus de six mois après l'atten- “‘tat sur ma personne, qu'on à réconcoa imon innocence en me rendant une “ordonnance de non-lien.
faintenant, qui Suis-je, que suis-je? Je suis sujet britannique, né “au Canada, mais pratiquant la médecine Londres depuis trente 1s “aurai atteint mes 39 ans ce 25 mai, jour de votre arrivée À Londres, “et j'en suis à mon premier contact avec Ja police, Parmi les citoyens res “peelables de Londres qui me connaissent, j'ai toujours joui de la meil- “‘leure réputation.
“Or j'ai pensé que le cas malencontreux d'un homme d'une conduite “irréprochable jusqu'ici, et dont la réputation à été flétrie d'une manière “si injuste et pour ainsi dire ruinée par cet épisode, ne pourrait manquer “d'en appeler à vos sentiments de justice, d'humanité, d'honneur et de “sympathie que non seulement loute la France reconnait en vous, mais “aussi les autres nations qui vous entourent et, en particulier, l'Anglete
“J'ajonterai que personne mieux que moi, ne reconnait la grande “difficulté à surmonter pour redresser un tort de cette nature, et, mñme “avec le plus grand désir de votre part que justice me soit rendue, que “les torts faits à ma répulation, ete., soient réparés, les circonstances qu'il
aut toujours prendr: en considération dans des cas semblables, pour.
raient bien ne pas s'y prêter facilement.
“Cependant, je suis plein de confiance en vos ressources, et je “in'adresse à vous, Je viens vous prier de vous enquérir des faits qui ont “donné lieu à un résultat si désastrenux pour moi, et si équivoque pour là “réputation professionnelle de cerlaines personnes chargées de la con- “duite de cette affaire, et je serais heureux qu'il fût possible, par quelque
moyen en votre pouvoir, de m'aider à recouvrer l'estime et ls considéra- “tion ubliques dont j'ai joui jusqu'ici dans mon pays
“Je termine ma lettre en vous souhaitant, dans no aAys, Une ré
“ception des plus « liales, des plus ehaleurenses, fécon en résultats
“qui puissent amél la condition des peuples en ral, el celle de
‘l'Angleterre el de la France en particulier, Au tendront de plus en plus à
“resserrer Jes liens qui unissent nos de ux nations assurer Ja liberté
le votre ‘de tous, petits et sr ands, el aussi la liberté enue de “iodividuelle
le con- “Veuillez. MTEUS dé Président, l'assurance de
“fus la ‘fond respect.
-le-Roi; À “P: 2. 'HÉBERT."
ler SOI r mes
Ion plis pro-
Mais bien que je l’aie fait recommander en la dé éposant au bureau
mes 4 # poste, je n°v ai jamais reçu de réponse, ni n'en at-on jamais ace m'atten à usé réception.
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