‹ Un scandale français [microforme]Chapitre 30 sur 45 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

A Londres.

Les annonces diffamatoires.

A l’époque où le faux rapport que j'avais été renvoyé au ‘i'ribu.al correctionnel fut publié dans les journaux anglais, les 16 et 17 mai 1907, je consultai mes “solicitors”, qui écrivirent aux rédacteurs de ces journaux pour les informer que le rapport n’était pas vrai, et pour leur demander de publier la lettre qui le niait. Un ou deux journaux

la publièrent, les autres n’y firent pas attention.

Après la publication de l'ordonnance de non-lieu qui me fut accordée à Versailles le 1er juin, je priai mes “solicitors” d’instituer des poursuites contre les journaux en question pour diffamation, comme le seul moyen de rétablir ma réputation.

Après plusieurs entrevues, consultations et discussions, l'affaire fut finalement réglée avant l'audience. Les journaux en question consentirent à me payer la somme de £1,000 sterling, (25.000 frs) pour dommages et intérêts, Y compris les frais et à publier une am. ple excuse.

LeMarwebone Mercury du 1er février 1908 et plusieurs jouraux de Médecine, notamment le General Practitioner du 8 février 1908, le Medical Press and Circular du 5 février 1908, le Hospital du ler février 1908, etc., publièrent une annonce de ce règlement dans leurs colonnes.

Le Daily Chronicle du 29 janvier 1908 est peut-être le seul journal quotidien qui la publia comme suit :

“Le docteur Hébert a institué des poursuites contre plusieurs “journaux anglais pour diffamations publiées contre lui, au sujet “d'une accusation à Versailles contre la femme Pesnel alias Cesbron. “Ces poursuites ont été finalement réglées avant l'audience, par le “paiement au Dr. Hébert de la somme de £1,000 sterling pour dom- “mages et frais, Par ces journaux qui s’engagèrent aussi à publier une fapologie d’une forme convenue.”

Après ce règlement, je trouvai beaucoup d’autres publications diffamatoires qui dataient de l’époque où j'étais en traitement à l’hôpital Lariboisière, et même de plus sérieuses que celles qui venaient d'être réglées. J’instituai de nouvelles poursuites contre d’autres journaux qui n’avaient pas pris part aux diffamations du 16 et du 17 mai.

Celles-ci furent aussi réglées avant l'audience, en me payant la somme de £150, ainsi que les frais, comme dommages et intérêts, et en publiant des excuses.

Suivent quelques-unes de ces excuses :

“Un paragraphe parut dans nos colonnes les 16 et 17 mai dernier, ‘‘provenant de l' ‘Exchange Telegraph Co.”, dans lequel il était annoncé ‘qu'en relation avec une accusation à Versailles, contre une femme nom- ‘“’mée Justine Cesbron (alias Pesnel), le juge d'instruction avait trouvé “qu'il y avait lieu d'agir contre le docteur Hébert, pour imputation d'es- ‘’ercquerie, et q":; le docteur était renvoyé au Tribunal Correctionnel de ‘Versailles, avec Justine Pesnel.

“Comme l'information émanait d'une agence de nouvelles bien connue ‘et responsable, nous n'avions aucune raison de douter de la bonne foi et ‘de l'exactitude de cette annonce qui, cependant, était absolument con- “‘traire aux faits. En effet, le 1er juin, le docteur bénéficia d'un non-lieu,

‘Notre attention ayant été attirée sur ces faits par les ‘“solicitors" ‘“‘du docteur Hébert, nous désirons exprimer notre regret d'avoir, à notre “insu, donné publicité à une annonce concernant le docteur Hébert, an- ‘“’nonce qui n'était fondée sur aucun fait, et lui présenter nos excuses pour “la peine et le tort que nous pourrions lui avoir causés."

“Un paragraphe parut dans nos colonnes du 23 novembre 1906, inti- ‘“‘tulé: “Exposé de l' ‘“Escroquerie au mariage". Suites de l'assassinat de “Bois-le-Roi, dans lequel nous annoncions que le docteur Hébert etait “un des membres de l'agence d'escroquerie an mariage Cesbron-Hébert, ‘‘que deux du fameux trio étaient à présent entre les mains de la justice, ‘et qu'il avait écrit un livret, “Le manuel complet du flancé", et annon- ‘‘çant que tous les trois se querellèrent au sujet du partage des profits, “et qu'on tenta, en conséquence, de l'assassiner.

“Nous avons reçu l'information que les diverses allégations contre ‘le docteur Hébert sont tout à fait contraires aux faits, et que les arcu- ‘’sations portées contre lui par la Sûreté furent déboutées, et notre atten- “tion ayant été appelée sur ce sujet par le ‘“’solicitor' du docteur Hébert, “nous désirons exprimer notre grand regret d'avoir donné publicité à ‘‘des allégations concernant le docteur Hébert, qui, nous nous en sommes ‘assurés, n'ont abso}ument aucun bien-fondé, et lui présenter nos excuses “pour toute la peine ou tout le tort qu'elles pourraient lui avoir causés."

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