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La caution de Pesnel pour 6,000 francs insuffisante

La première erreur qu’il fit fut de relacher la femme Pesnel sous une caution de 6,000 frs, qui était la somme exacte d'une facture produite au Parquet comme ayant été payée par Lalère pour deux bagues dont il avait fait cadeau à Miss Northeliff, a réclamation entière se montant à 10,400 frs. Il n’y avait, alors, “ucune apparence de responsabilité criminelle, et ceci me fit penser que, dans l'opinion du Parquet, la somme de 6,000 frs, couvrait tout ce qu'on réclamait contre elle.

C'était la plus grande erreur de sa part de la relâcher sous une telle caution, s’il savait ou croyait que Lalère avait été escroqué de 10.400 fra comme ce dernier le prétendait, et telle était Vopirion de plusieurs fonctionnaires du Parquet à ce moment, l’un d’eux Vexcusant d’avoir été induit en erreur, par suite de la magnificence de la résidence du couple Cesbron-Pesnel.

11 manifesta, ensuite, son préjugé contre moi, en refusant toute caution pour moi, même dix fois le montant qu’il accepta pour Pesnel, en outre de la garantie offerte par le Commissaire Général du Canada en France, soutenu par l'Ambassadeur et le Consul d'Angleterre, de me présenter à sa réquisition, quand l'accusation contre moi n'était aw’affirmation de la mensongère Pesnel, sans aucune preuve.

UN SUANDALE FRANÇAIS 20. Ma détention injustifiable,

Si quelques soupçons ont pu justifier en quelque chose mon arrestation, au moment du crime de Bois-le-Roi, sur les premières hietoires de la femme Pesnel, après son arrestation, il ne pouvait ÿ avoir aucun doute de mon innocence pour un esprit impartial après quelques jours de recherches.

Les nombreuses histoires fausses et contradictoires qu'elle raconta de l’incice1. de Bois-le-Roi, la découverte, à leur résidence, à Glatigny ei à Bois-le-Roi, de préparatifs élaborés par le couple qui préméditsit de m'assassiner, telles que des cibles en carton qui avaient seit: à pratiquer le tir au révolver, des outils à couper et à enterrer, à savoir: une hache, récemment aiguisée, une scie de boucher, un grand couteau, un pic, une bêche, une grande toile cirée qu’elle prétendit, lorsqu'elle s'attendait à ce que je meure, que j'avais achetés moi-même, fausse histoire que je vécus assez longtemps pour contredire; en outre, une malle trouvée par les agents de police et considérée par eux comme étant destinée à recevoir mon cadavre; de plus, la tentative d’assassinat que le couple avait actuellement faite sur ma personne, et mes deux blessures de balles dans la tête, convainquirent M. Hamard, chef de la Sûreté de Paris, et d’autres hommes compétents, que le couple avait de propos délibéré tenté de m’assassiner, et que ce n’était pas moi qui les avais attaqués.

Outre cela, l'ouverture de mes malles, saisies par le Parquet, et la découverte de lettres de la femme Pesnel, et d’autres lettres trouvées dans son coffre-fort, qui non-seulement prouvaient, par son écriture, que j'étais innocent des accusations qu’elle inventait contre moi, mais qui exposaient aussi les plans qu’elle avait formés pour se mettre au courant de la nature de mes fonds au Crédit Lyonnais, pour pouver les retirer et s'emparer de mes biens après ma disparition.

De même, la publication dans la presse de ces preuves de mon innocence, et de l'abandon certain de toutes les accusations contre moi; tout cela, dis-je, faisait voir au public l’ahsurdité et, par coneéquent l’impossibilité de continuer une enquête sur la vague escroquerie d’une couple de bagues de Lalère, et de négliger l’accusation d'assassinat, ou de tentative d'assassinat, écrasante contre la femme Peenel,

Mangin Bocquet, alors, imagina d'informer la presse que M. Wood, dans la lettre qu’il lui adressa, avait joint mon nom à celui de la femme Pesnel, et qu’il avait été par là induit à dépenser £120.

M. Wood a nié cela, complètement, dans une lettre que j'ai citée à la page 40, de sorte qu’il y aurait eu autant de raison d'introduire

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le nom de Mangin Bocquet lui-même dans cette lettre que le mien.

On ne pourrait pas même dire en sa faveur qu'il fit une histoire dans le but d’en faire ressortir la vérité, car ce n'est pas à moi qu'il a dit ce mensonge, vu que j'étais à l'hôpital à ce imoment-là, et qu'on m'empêchait de lire les journaux.

11 le fit de propos délibéré, pour obscurcir la vérité et la cacher au publie et à la presse, afin de donner à l'affaire le côté mystérieux qu'il proclamait, et afin d'obtenir le crédit de dévoiler ce nystère, dû à sa propre fabrication, et d'obtenir l'approbation de la presse et du publie, pour continuer une enquête qui, d’un commun accord, aurait dû être transférée immédiatement à Fontainebleau.

De plus, durani l'instruction, il ne cessa de falsifier mon témoignage dans ses causeries avec la presse. En comparant mes réponses, telles qu’elles furent inscrites dans le dossier du Parquet par le greffier, avec les rapports dans les journaux tels qu’inspirés par Mangin Bocquet aux journalistes, nous verrons les distortions malveillantes, les perversions insinuantes, les mensonges délibérés employés pour me préjudicier dans l'esprit du public ct la presse afin d'atteindre eon but; et ces ruses malhonnètes sont considérées, comme sagesse administrative profonde, par plusieurs d’entre eux.

Dans le cours de l’interrogatoire du 5 janvier 1907, la femme Pesnel affirma le mensonge qui euit :

“Miss Northeliff demeurait chez lui (le docteur), lorsqu'elle “sortait du couvent et, comme je lui demandais à ce moment, s* elle . “pouvait coucher, puisqu'il n'y avait qu’un lit dans son cabinet, il m’a “fait voir une bibliothèque tournante, derrière laquelle il y avait un “lit, avec lit de plume et draps, et que c’était là que couchait Miss “Northcliff, lorsqu’elle sortait du couvent.”

Voici ma réponse textuelle copiée des minutes du dossier du Parquet :

“Cette femme est une “fabrication quotidienne” de mensonges. “Les faits se sont passés comme je l'ai déclaré, Je n'ai vu Miss North- “cliff qu'une fois, elle est venue avec Mme Guérin Cesbron, une heure “environ avant l’arrivée de M. Lalère. Miss Nertheliff était en “costume de ville...

“Jamais Miss Northcliff n'a habité chez moi, quant au lit qui “se trouvait dans ma bibliothèque, je l'ai depuis dix ans, il m'a servi “à moi-même.”

Le rapport de Mangin Bocquet de l’interrogatoire ci-dessus, dans Sa causerie avec la presse, tel qu’il parut dans “Le Petit Journat” du 6 janvier est comme snit :

“Et après maintes réticences, le docteur dut avouer qu'il avait

“dans son appartement, 14 York Square (Place), une pièce truquét “dont l'entrée était dissimulée par une bibliothèque tournant sur des “pivots.

“C’était une chambre à coucher luxueusement aménagée.

“Le docteur reconnut, de fort mauvaise grâce, d’ailleurs, qu'i “avait donné l'hospitalité pendant plusieurs jours, à plusieurs reprise: “à Miss Northcliff que, au cours de la précédente confrontation, i “prétendait n'avoir vue qu'une seule fois.”

Un faux rapport semblable parut aussi dans l’Echo de Paris et dans d’autres journauy

Pendant la même ecnfrontation, on me demanda si j'avais jamais dit à M. Lalère que j'étais le tuteur de Miss Northeliff. Voici ma réponse copiée mot à mo: des minutes du dossier du Parquet :

“Je vous affirme bien que jamais je ne lui ai dit être le tuteur “de Miss Northcliff. Jamais je n’ai dit à M. Lalère que je connaissais “la fortune de Miss Notthcliff, car je ne la connais pas et je ne sais “pas si elle en a une.”

Le rapport de œite réponse, inspiré par Mangin Bocquet à la presse, fut publié comme suit dans Le Petit Journal du 6 janvier 1907 :

I1 (le docteur) a dt aussi avouer qu'il avait presenté à M. Lalère. “Miss Northcliff en disant au jeune homme qu'elle était sa pupille” Lalère, lui-même, n’a jamais dit cela dans son témoignage.

On me demanda, encore, si je n’avais pas donné, à M. Sudre, une liste de titres composant la fortune de Mary Smith et voici ma réponse copiée mot à mot des minutes du dossier du Parquet :

“Je n'ai pas de liste de titres de Miss Mary parce que je ne les “conniis pas et je nie avoir remis un document semblable à Monsieur “Sudre,

“Toutefois, je me rappelle que Mme Guérin me demanda, un “jour, quel capital serait nécessaire pour rapporter le revenu annuel “de 40,000 francs et que je lui fis alors ce calcul sur un morceau de “papier en prenant, comme type de placement, le Consolidé Anglais “à 24% et dont le cours au jour où elle me l’a demandé était de “8Y%%. J'ai donné ce papier à Mme Guérin et non à M. Sudre et je “demande que l’on me fasse voir ce papier que je puisse discuter des- “aus.”

Ce papier ne fut jamais produit en Cour, comme je le demandai. mais voici la copie :

“Un capital de 1,400,000 francs serait nécessaire pour rapporter “un revenu annuel de 40,000 francs d’un placement en Consolidés

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“Anglais à 87%, équivalent à 640 bons de cent livres sterling valeur “nominale chaque, à savoir ;

2% : 87% :: 40,000 ou 5 : 175 :: 40,000

1,400,000 francs

Ceci fut traduit en anglais et les francs furent convertis en livres sterling approximativement.

Les savantes autorités de Versailles, qui avaient tout intérêt à ne pas produire ce document, ont persisté depuis ce jour — sur la suggestion de la Pesnel dont elles n'ont pu se dégager l'esprit — à appeler ce papier une liste des titres de la fortune de Mary Smith.

Le lendemain, l'Echo de Paris publiait, sous l'inspiration de Mangin Bocquet, ce qui suit :

“Encore, à propos de la fortune de Miss Northeliff (Mary “Smith) dont il donna la liste à M. Lalère (Sudre), le docteur a été “pris en flagrant délit de mensonge. Il avait nié avoir donné cette “liste ni aucun papier à M. Lalère (Sudre). Hier, il a prétendu qu'il “avait écrit seulement un brouillon pour établir un projet d'assurance “sur la vie au profit de Mary Smith à la prière de Mme Pesnel. Dans “ce document, il parlait, cependant, de ?,500,000 francs de Consolidés anglais.”

Nouvelles inventions d’une imagination fertile.

En présence de ces constatations, qui pourrait placer une entière confiance dans l’exactitude même du dossier ?

A ma première confrontation avec Sudre, celui-ci se rétracta et déclara ouvertement et contrairement à ce qu’il avait affirmé dans sa plainte (sans doute sous l’inspiration de la Pesnel) que c'était la Pesnel, elle-même qui lui avait remis le papier en question et non pas moi.

On me demanda aussi si c'était vrai que je possédais deux coffres-forts, dont l’un était emmuraillé.

MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANSI and ISO TEST CHART No. 2)

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