‹ Un scandale français [microforme]Chapitre 39 sur 45 · Mon prétendu mariage en Amérique · texte numérisé non relu

Mon prétendu mariage en Amérique

Il n'est pas vrai que j'aie vendu tous ou partie de mes immeubles ni aucune autre propriété à 1,ondres ou ailleurs. La femme Pesnel avait proposé d’acheter le bail de ma maison dans York Place, «

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J'étais disposé à le lui vendre à des conditions qui m'auraient convenu ; car elle me dit qu'elle avait 170,000 frs à sa disposition dans son coffre-fort, somme avec laquelle elle pouvait payer comptant ; mais elle n'aurait pas pu l'obtenir pour rien si elle n'avait pas d'argent.

Il n'est pas vrai, non plus, que j'aie dit à quelqu'un de mes amis, où à d’autres, ni que je devais aller me marier en Amérique, ni même simplement que je devais faire un long voyage en Amérique ou ailleurs,

D'après cette publication, cela devrait être la chose la plus facile du monde de trouver, ou de produire, où de donner le nom de ces intimes à qui M, Dayras affirme que j'ai dit une chose pareille, et je lui demande d'où vient ce témoignage, et sur quelle autorité il affirme ces choses dans son réquisitoire ?

J'ai dit à mes intimes que j'allais à Paris, et que je serais de retour dans une semaine ou deux, ca, je n'avais pas eu de longues acances durant l'été, et je ne partis pas avec l'idée de me marier, ni m’attendais-je à le faire.

Comme je l'ai dit auparavant j'allai voir les Cesbron Pesnel, sur leur invitation, (quels que soient les motifs qu'ils aient eus, cela ne modifie pas le but que j'avais en vue) avec l’idée de trouver l’occasion de rencontrer ces capitalistes dont ils m’avaient parlé, pour leur fcire voir le résultat de mes recherches sur '; conservation du lait. J'avais aussi préparé le capital nécessaire pe: m’assurer un intérôt solide dlans la formation d’une société, si je trouvais une occasion favorable et profitable de le faire, pour l’avantage de mon parent.

Je n'acceptai point l’histoire de la Pesnel comme représentant les #ntiments permanents de Mary Smith, et j'eus de graves soupçons sur la duplicité de la Pesnel, jusqu'au moment où je pris des renseignements sur eux à la mairie; mais les bonnes références que je reçus là sur leur compte, sa réitération de produire la prétendue fortune, le tout m’étant imposé sans que je l’eusse demandé, ses visites réitérées chez les consuls et ailleurs, l'impossibilité supposée de rencontrer, pour le moment, les prétendus capitalistes à Paris, parce que, disait-lle, ils demeuraient en Normandie dans le voisinage d'Alençon, me fit écouter les propositions qu’elle me faisait en attendant; car je ne voyais aucun mal à la laisser continuer son histoire êt à la laisser prouver ce qu’elle promettait continuellement de faire; mais il est probable qu’elle espérait me voir accepter sa propo-

Sition, sans attendre la vérification qu’elle prétendait me presser d’accepter.

… Selon l’état des choses, s'ils n’avaient pas tenté de m’assassiner, J'aurais tout simplement découvert pour certain la fausseté de ce

qu’elle avançait ; comme bien d'autres fausses histoires que M. Dayras a entendues durant sa vie, et je serais devenu tout aussi sage, tout aussi prudent, tout aussi peu crédule que M. Dayras lui-même croit l'être.

Il s'ensuit que la grande erreur que j'ai faite, est d’avoir reçu deux balles dans la tête. Peut-être M. Dayras aurait-il découvert d'avance l'intention de ces meurtriers, tandis que je ne l'ai pas fait; mais s’il peut si facilement découvrir les motifs et les projets des assassins, sa place devrait être près des têtes couronnées, qui sont exposées à l'assassinat.

On peut voir, par ce qui précède, et par d’autres fausses représentations, que M. Dayras écrivait un roman au lieu de rapporter exactement des faits, sur lesquels il devait baser ses allégations.

Mais je pus comprendre, mieux qu’ils ne le pensaient, l’idée qui guidait les fonctionnaires du Parquet. Je vis qu’en présence de lenrs propres bévues, ils trouvaient nécessaire de me vilipender, de se oquer de moi, de me faire paraître aussi petit et aussi insignifiant at” possible, afin de donner l'apparence d’un grand contraste avec leur propre importance majestueuse. Cela leur donnait conscience de leur supériorité immense, ce qui leur , rocurait un plaisir personnel intense, et les faisait se croire au-dessus de leurs erreurs.

Dans cet état d'esprit, ils ne voyaient pas la même nécessité de se protéger de leurs erreurs en me condamnant injustement. C'est pourquoi les plaisanteries qu'ils firent sur mes relatiens avec Mary Smith leur parurent une substitution suffisante.

La vérité est d'autant flus étrange que la fiction, que le flus brave craint de la dire de feur d'etre jugé menteur.

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