I.AMARQIISL, à part
Tout est perdu!
FERDINAND
Maintenant, ma mère, faites appeler M"= Céleste...
LA MARQIISE.
Y pensez-vous, mon fils!., mêler cette jeune fille à toute cette intrigue avant même de savoir...
^ FERDINAND
Il me semble cependant que pour savoir... il n'y a qu'un moyen...
GABRIEL
Colonel, mon ami. madame ta maman a raison... la présence de M"'' Céleste n'est pas positivement indispensable, je me contenterais quant à moi de la présence de ses sandales.
FERDINAND
C'est juste... * ma mère, veuillez envoyer... GABRIEL, qui vient d'apercevoir sur le guéridon les souliers laissés par le prince. Peut-être même il est inutilededéranger personne... je croisque voici là...
FERDINAND, les prenaiil. *"
En eOet... ma mère , ces souliers ne sont pas les vôtres?
Non.
FERDINAND
Ce ne sont pas non plus ceux de ma femme... Céleste seule...
GABRIEL
Ah! colonel, quelle lueur soudaine!.. Ce matin, en entrant ici. son \ncmier mot a été : « Qu'on passe cliez M'"" Deville... »
FERDINAND
Sa cordonnière 1
G.VBRIEL.
C'est la première personne qui lui est sortie de ia bouche.
FERDINAND, à pari.
Ces innocens ont un instinct de jalousie... ça n'oublie rien.
GABRIEL, montrant les souliers.
On vient de les apporter sans doute. ..nous jugerons sous les yeux de M""^ la marquise elle-même... et cela sans sortir du cercle...
LA M.AUQllSE, à part.
Je respire!.. A Gabriel qui mesure. Eh bien?
FERDINAND , de même.
Est-elle coupable?
GABRIEL . Slupéiait.
Il s'en faut d'un pouce.
FERDINAND
>raimenl?..
Vois, toi-mêaie... c'est-à-dire qu'à côté de ces souliers-là... ma semelle est celle d'un >abuchodoxosor...uu véritable pied de gendarme... un pied à dormir debout... et depuis quinze jours , je garde ça comme quelque chose de rare !.. Il jette sa semelle avec mépris. :
LA MARQUISE , d'un ton de reproche.
Eh Men. mon fils?..
FERDLNAND.
Madame . je suis confus...
LA MARQUISE. *'
Voilà de vos soupçons, messieurs!., sur une prétendue ressemblance..,
GABRIEL
C'est qu'au fait, maintenant que je me remémore de sang-froid.... Il y a ressemblance, c'est vrai... mais de ces resseml^lances comme on en voit tant. Tous les jours on trouve deux visages pareils... (tenant unsouller; mais je défie qu'on trouve deux pieds comme celui-là... c'est-à-dire si. ..on peut, on doit même en trouver deux , mais ou n'en trouvera pas trois.
• Ferdinand, laJIarquisc. Gabriel.
. *' La Marquise , Ferdinand , Gabriel.
'*• Ferdinand, la Marquise, Gabriel.
16 MUSÉE DRAMATIQLE.
FERDINAND
Sais-lu , Gabriel , que si tu n'étais pas mon ami et le futur époux de Céleste....
GABRIEL
Colonel , pardonne-moi , ça n'est pas ma faute.... quand je me mêle d'être bèto, on ne sait pas jusq'u'où ça peut aller! Mais M"" la marquise voudra-t-e!le bien oublier mes énormités, et replacer les choses dans leur situation primitive?
J'oublie tout, monsieur, je vous conserve la parole que je vous ai donnée ; mais, je vous en prie , plus de visions.
(Gabriel s'incline dans une respectueuse ivresse.) Air de Viclorine.
Adieu , messieurs , il faut que je vous quitte ; Je vous pardonne un imprudent soupçon ; Mais que du moins voire injuste conduite Pour l'avenir vous serve de leçon.
FERDINAND, à Gabriel.
J'ai, prés d'ici, quelques courses à faire. Me suivras-tu ?
GABRIEL
Non , si tu le permets.
FERDINAND
Je dois passer au bureau de la guerre.
GABRIEL
Je veux rester pour faire ici ma paix.
/ LA MARQUISE
i Adieu, messieurs, etc.
J FERDINAND et GABRIEL.
ENSEMBLE. ' Pour la frayeur , heureux d'en être quitte, i J'abjure ici mon imprudent, etc.
f Je le promets, mon , etc.
V Va désormais me servir, etc.
(La Marquise sort parla droite, Ferdinand par le fond.)