‹ Un secret de familleChapitre 20 sur 33 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

CÉCILE, CATHERINE, BRIOLET.

CÉLILE, entrant au fond et les apercevant. {A part.) Du monde!., toujours et partout!..

BRIOLET , à Catherine. Si , je trouve la mère cent fois plus jolie que la fille!

CÉCILE , à part , s' arrêtant. Que dit-il ?. .

BRIOLET. Pourquoi, je vous le demande, irai-je épouser la fille, quand c'est la mère qui me plaît !

CATHERINE. Mais, mon garçon, ça n'est pas possible.

BRIOLET. Puisque c'est mon goût, à moi , il paraît que c'est possible.

CATHERINE. Allons, allons, vous cxtravaguez.

BRIOLET. Pas tant, pas tant; et si tout le monde ici avait fait coniuic moi...

CÉCILE, à part. Écoulons.

CATllERlNl-:. Qui donc ici?

BRIOLKT, cTun ton mystérieux. Eh bien!

M. Léonold!.. Croyez-vous que lui, qui est un honnne fait, qui a trente ans, n'aurait pas élé plus heureux si...

CATHERINE, lu-i fermant la bouche avec la »iai7i. Chut!.. Je m'en vais, car je n'en ieux p.^s écouter duvantagû»

BRIOLET. Et moi je vous suis, car j'en ai encore long à vous dire.

Ils sortent par le fond. Cécile, qui s'est cachée derrière un arbre, arrive en scène.

SGElSE III.

CÉCILE, sm/c.

Ah!., jusqu'auxvalets qui ont cette pensée!.. Il semble que tous les yeux les aient lues ces lettres où est écrit le malheur de ma vie!.. {Elle les tire de son sein, les regarde et les cache de nouveau.) Horrible découverte !.. J'ai donc tout vu, tout compris!.. Oh! mes souvenirs reviennent en foule aujourd'hui!.. Près de moi sa contrainte, ses regards inquiets!., près d'elle, son empressement, sa confiance!., et je ne voyais rien !.. Ah ! il ne m'a jamais aimée ! il ne m'aimera jamais... sa pitié peut-être? mais moi je n'en veux pas de sa pitié... Pourquoi m'avoir enlevée à l'amitié de mes compagnes? j'étais heureuse au milieu d'elles; je pouvais l'être long-temps encore ; je ne demandais rien , je ne désirais rien, que de ne pas souffrir... Pourquoi me jeter dans le monde comme un obstacle au bonheur de chacun? Eh bien, brisez-le donc cet obstacle... Oh, cela ne peut durer ainsi... Quel est donc ce mal cruel , inconnu , qui me torture et me déchire ; qui ne me laisse pas un moment de repos?Toujours la même idée!.. toujours!

cette femme?., c'est ma mère... elle me chérit; elle m'a tout sacrifié... Comme elle est belle...

Elle s'assied sur le banc, abîmée dans ses réflexions.

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