‹ Un Séjour à l'île de Saint-PierreChapitre 2 sur 8 · PI. II · texte numérisé non relu

PI. II

immense circuit par le nord et l'est, la navigation à l'ouest étant interrompue par la lande sablonneuse qui relie la petite île à la grande, et l'île des Lapins, à quelques milliers de roseaux près, au village d'Erlach (Cerlier). — Enfin, nous doublâmes la plage sud-est de l'île, sur laquelle se trouve placée la baraque des bains, iPl. III. à deu.x minutes du port.

A la nuit noire, nous étions installés dans la salle à manger, devant une vaste omelette fumante et derrière deux respectables bouteilles pleines de flots couleur d'or. Nous avons réjoui et déridé la large mâchoire de notre hôte par notre appétit gargantuesque et nos saillies joyeuses. Puis, nous sommes allés dormir...

Nous voici au matin. J'ai couché pour la première fois dans l'île de Rousseau ! Charles pionce encore avec une conviction pesante, dans le fond de notre chambre. Moi, assis devant la fenêtre, je barbouille ces lignes en contemplant l'aube étaler ses splendeurs. Des nuages enflammés bornent au loin l'horizon, qui paraît, dans sa beauté lumineuse, avoir été peint par Claude Gelée. Sur la gauche, et sur la

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hauteur, le bois de chênes se détache vigoureusement en vert foncé. Devant mes yeux d'immenses vignobles s'épanouissent au lever du soleil, et, se sentant protégés de tous côtés par l'eau, semblent se moquer du phylloxéra, dont la nouvelle de l'arrivée à Neuchàtel est parvenue jusqu'ici. A ma droite, je vois le lac et la rive méridionale ; je devine des prairies au bruit que font les faucheurs. Tout parait sourire ici : Vive la journée qui commence!

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