‹ Un séjour dans l'île de Java; le pays, les habitants, le système colonialChapitre 11 sur 34 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

GAROET. LE PAPANDAJAN.

Bien que nous soyons dans la saison sèche, j'ai quitté Bandong par une petite pluie fine, bien différente, toutefois, des effroyables averses qui assiègent journellement Buitenzorg. Le chemin de fer m'a mené en trois heures à Garoet, à travers une des plus belles régions des Préangers. Rien n'est plus aimable à voir que la partie orientale de la fertile plaine de Bandong, dominée de tous côtés par des montagnes à demi voilées par les nuages. Sur leurs pentes s'étagent d'innombrables sawas, divisés en compartiments compliqués, savamment irrigués, où des indigènes presque nus travaillent, les pieds dans l'eau, avec la patience et la ténacité des races asiatiques. Dans la plaine verdoient au soleil d'immenses prairies semées de bouquets d'arbres, où paissent ces grands buffles bruns, qui font, en quelque sorte, partie intégrante du paysage javanais : j'ai vu souvent, perché sur le dos de ces bêtes à l'allure philosophique et nonchalante, un oiseau qui est leur ami à raison des services qu'il leur rend en les débarrassant des insectes qui vivent à leurs dépens ; d'autres portent bénévolement sur le dos le gardien du troupeau, un petit moricaud de cinq ou six ans au plus, car cette race est précoce : à Java on voit des mères de douze ans !

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A Tjitjalengka on attelle au train une deuxième machine pour franchir la rampe ardue de la passe de Nagrek, une gorge si étroite, qu'il n'y a place que pour le train et une rivière torrentueuse : on m'explique que sur un parcours^ de quatre kilomètres la voie s'élève de 177 mètres. Ce che-^ min de fer de montagne est d'une telle audace que, lorsqu'il fut question de le construire, la plupart le considéraient comme impossible. Il a fallu littéralement scier la montagne pour y établir la voie, qui n'est, pour ainsi dire, qu'une longue tranchée dont les parois rocheuses atteignent en maints endroits jusqu'à vingt-cinq mètres de hauteur. Plus loin, c'est une série de viaducs jetés au-dessus de vertigineux ravins. Et sait-on quels ouvriers, ont exécuté ces gigantesques travaux? Des indigènes, sousla surveillance d'ingénieurs européens.

De l'autre côté de la passe, nouveau changement à vue. La descente dans la plaine de Lèlès est une féerie. Quand on sort d'une gorge étroite, cette plaine ensoleillée apparaît aussi enchanteresse que les bords du lac Majeur au sortir du Simplon : de riantes campagnes, d'aimables^ villages, des montagnes boisées. Mais l'ombre du tableau, ce sont les terribles volcans qui dominent de tous côtés^ cette plaine de Lèlès. A droite s'élève le plus redoutable de tous, le Goenoeng Goentoer, dont les flancs abrupts sont absolument nus, et dont le nom sinistre se traduit u Montagne du tonnerre » . Un autre volcan, le Goenoeng Haroman, qui offre l'aspect d'un pain de sucre d'une admirable régularité, est cultivé de la base à la cime, et c'est pour cette raison qu'un planteur, voulant railler les Européens qui se plaignent constamment de la paresse des indigènes, l'a spirituellement nommée Luiaardsberg y tt Montagne des paresseux » .

A Tjibatoe, un petit embranchement se détache de la

voie principale, conlourne le versant oriental du Goentoer et mène à Garoet. Je descends dans un hôtel qui passe pour le meilleur de Java, et dont le propriétaire, M. Hork, un brave Hollandais de Maestricht, parle couramment le français. Comme j'ai Tintcntion de faire ici un petit séjour, je m'installe dans un pavillon situé au milieu d'un ravissant jardin, plein d'ombre et de fraîcheur : en sorte que j'aurai l'illusion d'habiter une villa dans un parc que je croirai être le mien; dans mon nouveau domaine je serai servi par un coulie qui viendra ponctuellement m'é veiller à quatre heures et demie du matin. A Java, le premier précepte du voyageur doit être de partir tôt, pour profiter tout à la fois de la fraîcheur matinale et de la sérénité du ciel, qui, aux premières heures du jour, est toujours d'une admirable pureté : on part à cinq heures du matin, et l'on rentre à une heure, l'heure du rijstiaJeL Garoet est un grand village très régulièrement construit, avec des rues tirées au cordeau, et situé au cœur même des Préangers, à sept cent dix mètres au-dessus du niveau de la mer, altitude identique à celle de Bandong. Le centre du village est marqué, comme toujours, par l'aloenaloen, qu'ombragent les traditionnels waringins et qu'embellissent la mosquée et la demeure du Régent. La mosquée, ou messigit, est peu intéressante, et j'aurais pu me dispenser de me déchausser pour en visiter l'intérieur, une froide salle carrée toute nue, couverte de nattes sur lesquelles les indigènes, en bons mahométans, se prosternent dans la direction du tombeau du prophète. Quant à la demeure du Régent, c'est une reproduction de celle que j'ai vue à Bandong. C'est chez ce Régent criblé de dettes que logea le csaréwitch, aujourd'hui Nicolas II, lors de ce tour du monde dont Java fut une des étapes. Il passa ici plusieurs jours, et on raconte qu'il s'y plaisait si bien,

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qu'il télégraphia à son père pour solliciter la permission d'y prolonger son séjour; sur le refus d'Alexandre III, il quitta son hôte en s'écriant : « Voir Garoet et puis mourir! »

Garoet, comme tous les villages importants, a son école indigène, située près de Taloen-aloen. J'ai eu la curiosité d'y entrer. Quelques enfants occupaient leurs bancs, assis deux à deux devant un petit pupitre en bois de teck, et un professeur indigène leur expliquait sur une carte la géographie de cet archipel de la Sonde qui constitue l'admirable empire colonial des Indes néerlandaises. Sur un tableau noir était dessinée la démonstration du carré de l'hypoténuse. Mon entrée fut un événement. La leçon fut immédiatement suspendue, et professeur et élèves m'accueillirent avec les marques d'un profond respect : on me prenait évidemment pour une autorité officielle.

Je méditais, en sortant de cette école, sur la transformation profonde que le carré de l'hypoténuse doit opérer chez ces indigènes qui autrefois ne connaissaient d'autre enseignement que les millions de coups de courbache que leur ont valu des siècles d'oppression.

Lorsqu'on jette les yeux sur une carte de Java, on y voit une région où les montagnes forment une sorte de nœud : chacune de ces montagnes est un volcan, et c'est au cœur de ce nœud qu'est placé Garoet. Si la Régence des Préangers passe pour la plus belle province de Java, Garoet est peut-être le site le plus remarquable des Préangers. Sur aucun point de la terre de Java les phénomènes volcaniques ne se montrent plus nombreux ni plus saisissants. Garoet est un nid de volcans comme je n'en ai vu nulle part, pas même en Islande. Ces volcans, qui s'élèvent à des altitudes variant de deux mille à deux mille huit cents mètres, sont comme autant de déserts autour d'une

des plaines les plus riches de Java, et c*est un indicible contraste que cette fertilité en face de la désolation. Et instinctivement Ton songe, à voir les beaux villages semés dans cette plaine si riante, qu'ils sont constamment menacés du sort d'Herculanum et de Pompéi.

Le plus terrible désastre dont la vallée de Garoet ait été témoin est Téruption du Papandajan, qui eut lieu dans la nuit du 11 au 12 août 1772. Vers minuit, d'effroyables coups de tonnerre arrachèrent au sommeil les habitants de la vallée, qui virent avec épouvante la cime du volcan s'illuminer d'une vive lueur. En quelques heures, toute la région située au nord-est de la montagne fut couverte des débris ardents que le volcan projetait dans les airs, et transformée en un vaste amoncellement de pierres et de décombres. On dit que cette éruption anéantit quarante villages et coûta la vie à trois mille habitants de la vallée.

A tout seigneur, tout honneur : c'est à ce redoutable volcan que j'ai voulu tout d'abord présenter mes respects. , 14 août, — Il a venté horriblement toute la nuit, avec un bruit de tempête. Je venais à peine de m'endormir, quand mon boy, par excès de zèle, est venu m'éveiller à trois heures et demie. Je l'ai envoyé se faire pendre et ne me suis levé qu'une heure plus tard. Dès quatre heures quarante-cinq, j'étais emporté par un kahar sur la route de Tjisoeroepan , village situé à treize cents mètres d'altitude. Le kahar, avec lequel j'ai déjà fait connais* sance sur la route de Bandong à Lembang, est une légère petite voiture montée sur deux roues, munie de deux sièges, l'un pour le cocher indigène, l'autre pour le voyageur, et protégé contre le soleil et la pluie par un toit fixé sur quatre tiges de fer. Comme le tarantass russe, le kahar est toujours attelé de trois chevaux, qui filent comme le vent; mais le kahar n'est pas, comme le tarantass, un

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instrument de supplice, et les routes javanaises valent infiniment mieux que les routes russes. Elles sont d'une idéale beauté, ces routes javanaises, partout admirablement entretenues, et courant presque constamment sous un tunnel de verdure. Par cette nuit noire et parfumée, cette température délicieuse, inférieure à 20 degrés, cet air vif et caressant, je n\avais qu'à fermer les yeux pour me croire au pays des rêves, et je n'aurais voulu échanger contre rien au monde la joie d'être emporté dans les ténèbres vers les horizons nouveaux qui allaient bientôt m' apparaître à la lumière du soleil.

Le jour commence à poindre à cinq heures quarante-^ cinq, salué par le chant de tous les coqs de la vallée. Il n'est si pauvre Javanais qui ne possède un coq ou deux, et chaque matin c'est à qui chantera le plus fort la gloire du jour naissant. J'écarquille les yeux pour distinguer la physionomie des villageois qui, dès cette heure matinale, se rendent au marché de Garoet. Mais qu'est-ce donc que ce bruit aigu, déchirant, indéfinissable, qui me torture depuis quelque temps le tympan, sans que je puisse en deviner la cause? J'attendais impatiemment les premièreslueurs du jour pour élucider la question. Cette monstrueuse cacophonie est produite tout simplement par de minuscules chariots en bambou dont les paysans se servent pour le transport de leurs marchandises à la ville : le véhicule, porté sur deux petites roues pleines qui tournent avec l'essieu, est mis en mouvement par le paysan qui le pousse en avant en pesant de toute sa force sur un bambou de trois ou quatre mètres de longueur. Ce mode de transport remplace le portage sur les épaules que j'ai vu ailleurs : ce n'est pas encore aussi ingénieux que la brouette inventée par les Chinois, mais c'est déjà un progrès. Les chapeaux ronds que portent les indigènes

attirent aussi T attention par leur immense variété, sur laquelle il y aurait une étude à faire, depuis le chapeau en écorce d'arbre jusqu'au chapeau en paille ou en cuir : il y en a de toutes les tailles et de toutes les couleurs ; j'en ai vu d'aussi grands qu'un parapluie, j'en ai vu de jaunes, de rouges, de verts, de roses, même de bleu d'azur. Il n'est pas un indigène qui resterait la tête couverte au passage d'un Européen : il en est beaucoup même qui descendent dans la rigole et déposent leur fardeau en signe de respect. Les villages que nous traversons ont une physionomie très originale, un peu africaine, avec leurs légères cases en bambou. Les greniers à riz, d'une construction bizarre, sont surélevés de quelques pieds audessus du sol, contre l'invasion des rats et des serpents.

Au bout de deux heures de kahar, nous sommes à Tjisoeroepan, à onze paal de Garoet, au nord de la selle qui relie le Papandajan et le Tjikoraï. Comme tout village javanais qui se respecte, Tjisoeroepan a son aloen-aloen et sa mosquée, et aussi son pasanggrahan, où, à la rigueur, on peut trouver un abri assez misérable. Nous sommes au pied du Papandajan, à treize cents mètres d'altitude, eft il nous reste huit cents mètres à gravir à pied jusqu'au cratère. Le tjamat me procure deux coulies, et nous voilà sur le chemin herbeux qui monte tout droit vers le volcan, entre des jardins et des champs clôturés par de jolies haies de dracénas. Quelle n'est pas ma surprise d'y entendre le cri du loriot !

Mais voici bien un autre sujet d'étonnement. Dans ces hautes vallées la flore des tropiques s'associe à celle de nos climats tempérés, et parmi les fleurs, les légumes, les fruits que cultivent les indigènes, il en est qui semblent venir d'Europe en droite ligne : au milieu des plants de café, de tabac, de thé, de riz, s'égarent des pommes de

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terre, des oignons, des choux, des salades ; les pruniers et les pommiers ne semblent pas trop dépaysés à côté des bananiers et des djeroeks ; au milieu des fleurs de serre chaude s'épanouissent des roses, des fuchsias, des tournesols et des balsamines.

Nous suivons des lacets compliqués, côtoyant des ravins où Tœil s'arrête avec amour sur des orgies de fougères et de bambous. charmantes et fraîches solitudes! Çà et là une splendide échappée s'ouvre sur les montagnes, que le Tjikoraï domine de toute sa hauteur. A seize cents mètres d'altitude, nous entrons dans la forêt vierge qui s'étend jusqu'au cratère. C'est la même prodigieuse frondaison que j'ai vue sur le Prahoe; mais on ne se lasse pas d'admirer ces arbres géants, deux ou trois fois plus hauts que nos hêtres et nos chênes, et leurs puissantes ramures soutenant des enchevêtrements de lianes qui sont le charme spécial des forêts équatoriales. Je me rappelle surtout un profond ravin dans lequel bondit une cascade blanche comme la neige ; au-dessus de la cascade est jeté un gracieux pont de bambou qu'une toiture protège contre la pluie, à la façon des ponts de certaines régions de la Suisse : ravin, cascade, pont, dans le cadre d'une grandiose forêt vierge, c'est une de ces éblouissantes visions qui se gravent en lignes indélébiles dans la mémoire du voyageur.

Après deux heures de marche, nous arrivons aux tjipanas, ou sources chaudes, qui annoncent le voisinage du foyer volcanique. Ces sources sont fortement sulfureuses, et j'ai failli me trouver mal pour en avoir bu quelques gouttes. Un peu plus loin, toute végétation disparaît, et nous ne voyons plus autour de nous que des ponces et des scories d'une blancheur aveuglante, contre l'éclat desquelles il faut se protéger les yeux par des lunettes de montagne. En même temps, nous voyons surgir au loin

une énorme colonne de fumée qui s'élève du sein du cratère. Nous marchons dans la direction de cette colonne, et nous sommes bientôt dans Timmense hémicycle cratériforme dont nous apercevons depuis longtemps les hautes murailles nues. L'hémicycle est dominé d'environ cinq cents mètres par le point culminant de la montagne, dont les parois tombent à pic et s'arrondissent en demi-cercle autour du cratère. A vue d'œil, l'enceinte mesure quatre kilomètres de tour. Elle n'est pas aussi grandiose ni aussi régulière que le cratère du Tangkoeban-Praboe, mais on y est en contact plus intime avec les phénomènes volcaniques et les mystères des régions invisibles. L'aspect de ce cratère fait involontairement pefnser aux ateliers des divinités souterraines, et c'est à cette ressemblance que le Papandajan doit son nom imitatif, qui, dans la langue des Soendanais, signifie « forge ?) .

J'explore la brûlante enceinte avec un de mes coulies, dont je me fais prudemment précéder, et je m'arrête à chaque pas devant de bizarres phénomènes : ici, un soupirail d'où sort, avec un bruit inquiétant de soufflet de forge, un intermittent jet de vapeur sulfureuse ; là, un ruisseau qui roule une eau trouble d'un blanc laiteux ; ailleurs, une fissure d'où s'échappe, avec une violence inouïe, une colonne gazeuse à jet oblique dont le sifflement sonore rappelle à s'y méprendre celui d'une cheminée de locomotive ; plus loin, une solfatare d'où jaillit un souffle d'une telle puissance, qu'il expulse avec furie les amas de soufre que j'y projette avec mon bâton ; plus loin encore, une curieuse marmite dont l'orifice parfaitement circulaire mesure environ dix mètres de diamètre, et dont toute la surface est constituée de fragiles cristaux de soufre plus délicatement ouvrés que les plus merveilleuses pièces d'orfèvrerie ; cette marmite est en communication avec un sou-

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pîrail d'où sortent des sons rauques et caverneux; les branches d'arbre qu'on y expose pendant quelque temps se calcinent et s'effritent en petits morceaux; les gaz qui enveloppent cette solfatare ont failli nous suffoquer, et il était temps de nous éloigner, car mon guide et moi nous étions en proie à une inextinguible quinte de toux.

Un autre curieux phénomène, ce sont les salses ou volcans de boue dont ce cratère est littéralement criblé : ce sont de petits cônes d'une grande régularité de structure, de deux ou trois pieds de hauteur, au sommet desquels s'ouvre un orifice circulaire, de teinte grisâtre, d'où s'échappe, par intermittence, en sursautant avec de sourds grondements, une eau chaude, épaisse, de teinte terreuse. Ces salses finiraient par s'élever à une grande hauteur, par suite de la solidification des boues, si de temps à autre une secousse soudaine ne faisait crouler l'édifice. Ces secousses imprévues rendent l'accès des salses fort dangereux. Il n'y a pas longtemps qu'un haut fonctionnaire du gouvernement, en explorant de trop près une de ces salses, y trouva une fin lamentable. Ses compagnons ne purent l'en retirer qu'à demi bouilli, et il expira après quelques heures d'une atroce agonie ; lorsqu'on lui ôta ses bottes, les chairs tombèrent d'elles-mêmes en laissant les os à nu.

En mille endroits le sol sur lequel on marche est si brûlant, que l'on ne peut rester sur place. Toutes les fumerolles que dégagent les solfatares convergent en un immense panache blanc que le vent emporte au plus haut des airs. Les oiseaux fuient cette enceinte déserte et empoisonnée, où l'on n'entend que la respiration sinistre des monstres souterrains. Une rivière s'élance dans le cratère, issue des épaisses forêts qui croissent au-dessus des murailles stériles : ses eaux, d'abord limpides et transparentes, se troublent dès qu'elles atteignent le fond

du cratère : là, au contact des vapeurs qui jaillissent âur les bords et dans le sein de la rivière, elles prennent une teinte laiteuse qui fait songer aux eaux du Styx ou de TAchéron.

Le Papandajan est un de ces volcans perfides qui sommeillent pour se réveiller un jour : depuis qu'il engloutit tant de villages au siècle dernier, il n'a plus eu d'éruption nouvelle; mais sa carrière n'est pas finie, et qui sait ce qu'il prépare dans sa mystérieuse « forge » !

Au moment de me remettre en marche, à dix heures du matin, j'ai constaté que la température du cratère, à plus de deux mille mètres d'altitude, n'était que de 16 degrés, tandis qu'à midi, à Tjiisoeroepan, elle s'élevait à 25 degrés. Là, j'ai retrouvé mon kahar, qui m'a ramené à l'hôtel Hork aune heure et demie, juste au moment où sonnait la cloche du rijstta/el.

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