‹ Un séjour dans l'île de Java; le pays, les habitants, le système colonialChapitre 21 sur 34 · UNE PRINCESSE JAVANAISE · texte numérisé non relu

UNE PRINCESSE JAVANAISE

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SOERÂKÂRTÂ. 175

car le prince, en sa qualité de Javanais, s'accroupit par terre pour procéder à sa toilette. Autre particularité : il y a, dans tous les coins, des armoires qui dissimulent des portes de communication. Dans notre visite, nous sommes escortés par une nombreuse valetaille, en tête de laquelle marche, portant une lampe, une favorite de sang princier : tout ce monde rampe par terre au passage du prince et de la princesse, tout comme chez Sa Hautesse.

Après les réceptions ofGcielles, nous nous délassons par le spectacle des fêtes populaires. Chaque soir nous faisons une promenade en voiture à travers Timmense champ de foire établi sur la place publique, où des milliers de Javanais et de Chinois flânent devant les warongs ou boutiques en plein vent, et circulent autour des tables chargées de tous les produits de l'industrie javanaise, parmi lesquels les boissons tiennent la place la plus considérable ; des femmes cuisent différentes sortes de kweekwee exhalant une odeur d'huile qui rivalise avec la friture espagnole. Au milieu dé cette foule rieuse et pittoresque, mais silencieuse comme toutes les foules javanaises, se promènent en calèche les femmes de la cour impériale, aussi laides les unes que les autres, mais très fières et très dignes. Leurs voitures, attelées à la Daumont, sont conduites par des cochers à chapeaux dorés. Nous aimons surtout à nous divertir dans les petits théâtres de marionnettes, qui rappellent les Guignols des Champs-Elysées. Le sujet de la pièce est d'ordinaire un assassinat suivi de la pendaison de l'assassin ; surviennent alors d'autres personnages qui cherchent à rappeler le pendu à la vie par d'énergiques frictions du plus haut comique, mais le mort récalcitrant résiste à tout essai de résurrection ; on le met alors en cercueil, et on procède à ses funérailles, suivies

ne UN SÉJOUR dans lile de java

d*uDe bataille générale entre tous les personnages. Les spectateurs de ces farces admirablement jouées se tordent ■de rire, et les femmes se pâment. Sans comprendre un mot de javanais, nous saisissons le sens de la mimique, d'un bout à l'autre.

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