SIÈCLE
n'étais pas fort satisfait de sa conduite, et nous avions le plus souvent dispute ensemble ; mai enfin, la mortrajuste toutes choses. Elle estmorteB je la pleure : si elle était en vie, nous nous querel-l lerions. » Voilà qui mérite autre chose que la pe-f tite musique rétrospective de M. Poise. Voilà le génie qu'il faut pénétrer, et s'efforcer de traduire, voilà le Molière auquel il fautse mesurer. M. Gounod l'a fait, et non sans honneur.
Il a donné, lui aussi, dans son œuvre, une part suffisante au pastiche ingénieux, à l'imitation de LuUy, par exemple. Le premier entr'acte, la sérénade surtout, est délicieusement vieillote. Le chœur des médecins, sur les paroles mêmes de Molière, est un écho des solennelles entrées de la Cérémonie. Mais, à côté de Tesprit du temps, le compositeur a senti Tesprit de tous les temps, la puissance comique et cet admirable bon sens auquel, avec un étrange bonheur, la musique a su emprunter et même ajouter. Oui, le bon sens est dans cette musique. Il fait une réjouissante explosion dans cechœurniaisdesfagotiers qui terminele premier et le dernier acte; vraie morale de l'œuvre, protestation joviale contre les billevesées et le charlatanisme, refrains de bonnes gens à leur affaire, qui ramassent du bois en criant à tuetête :
Nous faisons tous ce que nous savons faire ; Le bon Dieu nous a faits pour faire des fagots.
Si les vers ne sont pas de Molière, le chant est digne de lui.
Dignesde lui, encore, les couplets de la bouteille, guillerets et déliés comme la langue d'un buveur bon enfant. Le trio qui suit est écrit et dialogué finement, semé de ritournelles à la Mozart et terminé surtout par la plus spirituelle (:<9<^<^, délicieuse page de musique bouffe. Mais le point culminant de la partition est le merveilleux sextuor de la consultation. Une franche rtournelle annonce l'arrivée de Sganarelle en médecin. Il interroge la jeune fille, et déjà ses premiers raisonnements mettent en gaîté la famille de l'asgrotante. L'orchestre s'anime : les notes piquées, les sonorités nasillardes soulignent les questions du médecin. Celui-ci prépare son diagnostic, et quand, après une attente solennelle, éclate le fameux : « Voilà justement ce qui fait que votre fille est muette ! » alors éclate aussi unestrette fulgurante :
La médecine Voit et devine Du premier coup Le fond de tout !
s'écrie Sganarelle en délire, et ses auditeurs émcr-