ACTE II, SCÈ^E III
FRANK
Cette fille est hideuse. . .
Mon Dieu, deux jours plus tard, c'en était fait de moi! (// va s'appuyer sur la terrasse ; un soldat passe à cheval sur la route.) LE SOLDAT , chantant.
Un soldat qui va son cbemin
Se raille du tonnerre.
Il tient son sabre d'une main.
Et de l'autre son verre.
Quand il meurt, on le porte en terre
Comme un seigneur.
Son cœur est à son amie ,
Son bras est à sa patrie ,
Et sa tête à l'empereur.
FRAXK l'appelle.
Holà , l'ami, deux mots, — Vous semblez un compère De bonne contenance, et de joyeuse humeur. Vos braves compagnons Tont-ils entrer en guerre ? Dans quelle place forte est donc votre empereur?
LE SOLDAT
A Glurens. — Dansdeuxjoursnousseronsen campagne. Je rejoins de ce pas ma corporation.
FRANK
Venez-vous de la plaine , ou bien de la montagne ?
64 LA COUPE ET lES LÈVRES.
Connaissez-vous mon père , et savez-vous mon nom ?
LE SOLDAT
Oh ! je vous connais bien. — Vous êtes du vilLifje Vis-à-vis le moulin. — Que faites-vous donc là? Venez-vous avec nous ?
FRAKK.
Oui , certe , et me voilà.
{Il descend dans le chemin.) Je ne me suis pas mis en habit de voyage ; Vous me prêterez bien un vieux sabre là-bas ?
{A Belcolore.) Adieu , ma belle enfant , je ne souperai pas.
LE SOLDAT
On vous équipera. — Montez toujours en croupe. Parbleu, compagnon Frank, vous manquiez àla troupe. Ah ! çà , dites-moi donc, tout en nous en allant, S'il est vrai qu'un beau soir...
{Ils parlent an galop.) BELCOLORE , sut' Ic balcon.
Je l'aime cependant.