CHOEUR DE SOLDATS
Telles par rouragan les neiges flagellées Bondissent en sifflant des glaciers aux vallées, Tels se sont élancés, au signal du combat, Les enfans du Tyrol et du l'alatinat.
Maintenant l'empereur a terminé la guerre. Les cantons sur leur porte ont plié leur bannière. Ecoutez, écoutez : c'est l'adieu des clairons ; C'est la vieille Allemagne appelant ses barons.
68 LA COUPE ET r,ES LÈVRES.
Remonte maintenant , chasseur du cerf timide ! Remonte, fils du Rhin , compagnon intrépide; Tes enfans sur ton cœur vont venir se presser. Sors de ta lourde armure , et va les embrasser. Soldats , arrêtons-nous. — C'est ici la demeure Du capitaine Frank, du plus grand des soldats. Notre vieil empereur l'a serré dans ses bras. Couronné par le peuple , il viendra tout à l'heure Souper dans ce palais avec ses compagnons. Jamais preux chevalier n'a mieux conquis sa gloire. Il a seul, près d'Inspruck, emporté l'aigle noire, Du cœur de la mêlée aux bouches des canons. Vingt fois ses cuirassiers l'ont cru , dans la bataille , Coupé par les boulets, brisé par la mitraille. Il avançait toujours , — toujours en éclaireur ; On le voyait du feu sortir comme un plongeur. Trois balles l'ont frappé ; — sa trace était suivie 5 Mais le dieu des hasards n'a vovdu de sa vie Que ce qu'il en fallait pour gagner ses chevrons , Et pouvoir de son sang dorer ses épei'ons. Mais que nous veut ici cette fille italienne , Les cheveux en désordre , et marchant à grands pas? Où courez-vous si fort, femme? On ne passe pas. {Entre Belcolore.)
BELCOLORE.
Est-ce ici la maison de votre capitaine?