‹ Un spectacle dans un fauteuilChapitre 43 sur 82 · ACTE V , SCt'SZ III · texte numérisé non relu

ACTE V , SCt'SZ III

Frank , mon cher petit Charle, attends qu'on nous marie;

Attends jusqu'à ce soir. — 3Ia mère va venir.

Je ne veux pas , monsieur. — Ah ! tu me fais mourir î

FRANK

Lumière du soleil , quelle admirable fille !

DEIDAMIA.

Il faudra , mon ami , nous faire une famille ;

ISous aurons nos voisins , ton père , tes parens.

Et ma mère surtout. — Nous aurons nos enfans.

Toi , tu travailleras à notre métairie ,

Moi , j'aurai soin du reste et de la laiterie ;

Et tant que nous vivrons , nous serons tous les deux ,

Tousles deux pour toujours, et nous mourronsbien vieux.

Vous riez ? Pourquoi donc !

FRANK

Oui , je ris du tonnerre.

Oui , le diable m'emporte , il peut tomber sur moi.

DEIDAMIA.

Qu'est-ce que c'est, monsieur, voulez-vous bien vous taire?

FRANK

Va toujours , mon enfant, je ne ris pas de toi.

DEIDAMIA.

Qui donc est encor là ? Je te dis qu'on nous guette. Tu ne vois pas là-bas remuer une tête?

Là — dans l'ombre du mur ?

FRANK

OÙ donc ? de quel côté ?

Vous avez des terreurs, ma chère , en vérité.

(// la prend dans ses bras.) Il me serait cruel de penser qu'une femme , 0 Mamette , moins belle et moins pure que toi , Dans des lieux étrangers , par im autre que moi , Pût être autant aimée. — Ah ! j'ai senti mon ame Qui redevenait vierge à ton doux souvenir , Comme l'onde où tu viens mirer ton beau visage Se fait vierge , ma chère , et dans ta chaste image Sous son cristal profond seml)le se recueillir ! C'est bien toi ! — je te tiens, — toujours fraîche et jolie, Toujours comme \\n oiseau , prèle à tout oublier. Voilà ton petit lit , ton rouet , ton métier , OEuvre de patience et de mélancolie.

0 toi qui tant de fois as reçu dans ton sein Mes chagrins et mes pleurs , et qui m'as en échange Rendu le doux repos d'un front toujours serein ; Comment as-tu donc fait, dis-moi, mon j>etit ange, Pour n'avoir rien gardé de mes maux, quand mon cœur A tant et si souvent gardé de ton bonheur ?

DEIDAMIA.

Ah! vous savez toujours, vous autres hypocrites ,

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