‹ Un spectacle dans un fauteuilChapitre 44 sur 82 · ACTE V , SCÈIVE III · texte numérisé non relu

ACTE V , SCÈIVE III

De beaux discours flatteurs bien souvent l'épétës. Je les aime, mon Dieu ! quanti c'est aous qui les dites ; Mais ce n'est pas pour moi qu'ils étaient inventés.

' rr.ANK.

Dis-moi, tu ne veux pas venir en Italie? En Espagne ? à Paris ? nous mènerions grand train. Avec un bonnet noir , tu serais si jolie !

Est-ce que vous trouvez ce bonnet-là vilain ? Vous verrez tout à l'heure , avec ma robe blanche , Mes bas à coins brodés , mon bonnet du dimanche , Et mon tablier vert, — Vous riez, vous riez?

FRANK

Dans une heure d'ici nous serons mariés.

Ce baiser que tu fuis , et que je te dérobe ,

Tu me le céderas, Mamette , de bon cœur.

Dans une heure, ô mon Dieu ! tuviendras me le rendre.

Mamette , je me meurs.

DKIDAMIA.

Ah ! moi ; je sais attendre !

Voyons, laissez-moi donc être un peu votre sœur. Une lieure, une heure encor, et je serai ta femme. Oui , je vais te le rendre , et de toute mon ame , Ton baiser dévorant, mon Frank , ton beau baiser!

116 LA COnPE ET LES LÈVRES.

Et ton tonnerre alors pourra nous écraser.

FRANK

Oh! que cette heure est longue! oh! que vous êtes belle! De quelle volupté déchirante et cruelle Vous me noyez le cœur , froide Déidamia !

DEIDAIMIA.

Regardez , regardez , la tête est toujours là. Qui donc nous guette ainsi?

Blamette, ô mon amante, Ne me détourne pas cette lèvre charmante. Non ! quand l'éternité devrait m'ensevelir !

DEIDAMIA.

Mon ami, mon amant, respectez votre femme.

FRANK

Non ! non ! quand ton baiser devrait brûler mon ame ! Non ! quand ton Dieu jaloux devrait nous en punir !

DÉIDAMIA.

Eh bien! oui, ta mai tresse, — eh bien! oui, ton amante, Ta Mamette, ton bien, ta femme et ta servante. Et la mort peut venir , et je t'aime , et je veux T' avoir là dans mes bias et dans mes longs cheveux j Sur ma robe de lin , ton haleine embaumée.

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