GAZ, LIQUIDES ET SOLIDES
$ 20bis. Après avoir rappelé, en 1853, que l'équivalent d’un corps volatil est donné par sa densité de vapeur et que, pour les corps non volatils, on prend généralement comme équivalents
les nombres exprimant les relations les plus :
simples avec les équivalents des espèces volatiles, nous avons dit qu’il s'agissait de s'assurer s’il ne serait pas possible de trouver une relation constante et définie entre la densité de vapeur d’un corps et son poids spécifique à l’état solide. Cette relation une fois connue, on posséderait la valeur de la condensation subie par la matière en passant de l’état gazeux à l’état solide. Alors les équivalents des solides, comme ceux des gaz, pourraient être déterminés au moyen de leurs poids spécifiques. En réponse à la question posée, savoir: » Quelle est la grandeur de la condensation qui se produit quand un corps passe de l’état gazeux à l'état solide, ou bien, quel est le poids équivalent qui correspond à
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une pesanteur spécifique donnée dans un corps cristallin quelconque? » nous avons discuté les formules admises pour l’alun, le ferrocyanure de potassium et la glucose el nous avons exprimé l'opinion que » l’équivalent d’une espèce cristallisée pourrait être souvent un multiple de celui que l’on déduit des réactions chimiques qui ne se produisent, au surplus, qu’à la suite de la destruction de l'individu cristallisé. Nous avons ajouté : » Il y a des raisons pour croire que les équivalents de ces espèces, dans l’état cristallisé, correspondent à un multiple des formules chimiques généralement admises ; cette question pourrait être résolue par l'examen comparé de la cristallisation et du poids spécifique des espèces pour lesquelles on admet des poids équivalents encore plus élevés.
Plus loin, nous avons dit: » Favre et Silbermann ont été amenés à conclure, de leurs recherches sur les chaleurs de fusion et de dissolution, premièrement, que les sels cristallisés sont des polymères de ces mêmes sels à l’état dissous, c’est-à-dire qu'ils doivent être représentés par des multiples des formules déduites de l'analyse ; deuxièmement, queles sels doubles et les sels acides n'existent pas en solution, mais qu’ils se forment seulement pendant la
cristallisation; et troisièmement, que l'eau, en cristallisant, passait de la formule H?O à # H°0, n étant un nombre entier ('). Ces conclusions doivent être regardées comme s’accordant avec celles que l'on tire de l'étude de la densité des “corps et de leur volume équivalent. On conclut donc évidemment à une polymérisation dans des sels du genre du sulfate de potassium ou du cyanure de potassium quand on compare leurs poids spécifiques avec ceux de l’alun et du ferrocyanure de potassium.
$ 21. Passant ensuite aux alcools et à leurs dérivés, on fit remarquer que plusieurs de ces corps avaient, à peu de chose près, le même poids spécifique ; leur degré de condensation est, par conséquent, inverse de leur équivalent tel qu’il se déduit de la densité de leur vapeur. On ajouta que dans l'étude comparée de substances de cette nature, » on devra probablement prendre le poids spécifique à leurs points d’ébullition » et en outre que l’on peut espérer » trouver une relation simple entre les densités des corps à l’état liquide et à l’état de vapeur (4). »
(*) Recherches sur les quantités de chaleur dégagées dans les actions chimiques et moléculaires, 1847. Comptes rendus, XXIV, 1081-1090.
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$ 22. En résumant ce sujet en 1867, nous avons dit de plus : » Il existe probablement entre les vrais poids équivalents des espèces non gazeuses et leurs densités, un rapport aussi simple que celui que l'on observe entre les poids équivalents des espèces gazeuses et leurs poids spécifiques. La possibilité de découvrir cette relation fut déjà exprimée en 1853 lorsque, comme nous venons de le dire, nous avons défendu la notion du polymérisme et des poids équivalents élevés pour les corps liquides et solides. Les relations chimiques entre les corps solides, liquides et gazeux, se trouvèrent alors définies clairement pour la première fois comme il suit :
» Le gaz, ou la vapeur d'un corps volatil, est une espèce distincte du même corps dans son état liquide ou solide ; les formules chimiques de ces dernières espèces doivent être des multiples de la formule du corps gazeux ; les liquides et les solides représentent souvent (probablement toujours), deux espèces distinctes de poids équivalents différents. Dans le cas d'espèces volatiles analogues, telles que les hydrocarbures ou leurs dérivés, les poids équivalents des espèces liquides et solides s’approchent d’une quantité constante, de sorte que les densités de
ces espèces, dans le cas des substances homologues, comme les alcools, les acides, les éthers, les glycérines, etc. » ne présentent pas de semblables variations.
Ces espèces non-gazeuses sont produites par l'union chimique ou l'identification d’un certain nombre de volumes ou d’éq'ivalents d'espèces gazeuses, nombre qui est en raison inverse de la densité des espèces gazeuses.
En 1874, en revenant sur l’idée de la polymérisation dans les divers états du carbone et du phosphore, comme elle avait été défendue en 1848 ($ 5), nous avons dit : » En comparant ces corps avec des substances reconnues pour posséder un poids équivalent élevé, comme par
exemple, pour nombre de corps organiques, on pourrait être en état de fixer le degré de polymérisation de ces espèces élémentaires. On trouverait alors certainement qu'elles ont un poids équivalent très élevé témoignant d’une forte polymérisation (12). »